Ce samedi soir, le premier ministre belge Charles Michel a acté la départ de la NVA du gouvernement. Le parti de Bart de Wever quitte donc la "suédoise" sur le Pacte de l'ONU pour une immigration responsable et fait chuter le gouvernement en place depuis quatre ans. Charles Michel ira à Marrakech signer le pacte au nom de la Belgique et d'une "alliance responsable orange-bleue" a déclaré le Premier dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des Ministres restreint de samedi soir. Il mènera des consultations politiques à son retour du Maroc.

Il y a 24 heures que le vent ne souffle plus sur Saint-Martin et Saint Barthélemy et quelles que soient les images venant de là-bas, c’est l’apocalypse ! Les destructions sont énormes, beaucoup ont tout perdu et pas seulement leur maison. Nous avons publié vendredi dernier, alors que tout le monde tentait de rester politiquement correct et « respectueux », un article qui prédisait (il ne fallait pas être un génie pour cela) que de violents débats se feraient jour dans les semaines à venir… eh bien, tous les records sont battus et d’Eric Ciotti (LR) à Jean-Luc Mélanchon (FI) en passant par Marine Le Pen (FN), il n’a pas fallu des semaines et on exige tous azimuts une enquête parlementaire, alors que les secours sont encore sur place, en train de faire de leur mieux pour venir en aide aux populations. Est-ce bien moral, comme on aime ces derniers temps le demander ? On se focalise beaucoup sur la violence qui a régné à Saint-Martin, oubliant systématiquement de rappeler qu’à Saint Barthélemy les choses se passent très différemment. Et on a beau éplucher les programmes des critiqueurs d’aujourd’hui (candidats d’hier) … il n’y a rien sur l’anticipation des ouragans aux Antilles. Voilà donc des polémiques qui n’aident personne et pourraient en ridiculiser certains, qui feraient bien de se concentrer sur la réflexion et les idées concrètes à mettre en œuvre pour l’avenir !

Ceux qui ont tout perdu…

La population, même si elle sait qu’elle vit dans une région cyclonique, a été terriblement frappée par Irma alors que José a heureusement épargné les deux îles des Antilles Françaises. Les habitants sont livrés à eux-mêmes et les destructions sont terribles. Beaucoup ont en effet tout perdu, mais il ne s’agit pas que de leur maison. En effet, les deux îles vivant principalement du tourisme (de masse pour l’une et plutôt sélectif pour l’autre), étant très fortement détruites et de nombreux bâtiments d’entreprises, magasins, hôtels, maisons d’hôtes, villas locatives aussi… c’est leur travail, qu’ont aussi perdu de très nombreux Saint Barth et Saint-Martinois. Et c’est là un nœud gordien effrayant, car cette réalité met en péril très concret l’avenir de ces populations, voire même la possibilité pour elles de rester sur place. Il faut aussi penser à la scolarité des enfants, totalement à l’arrêt sans qu’on sache pour combien de temps, la plupart des écoles étant détruites. C’est donc un vrai drame social et même sociétal, qui se joue et la situation des deux îles antillaises n’est pas égale non plus sur ce plan. À Saint-Martin, plus de cent nationalités sont représentées et de nombreux habitants sont des réfugiés, dont une grande majorité n’est sans doute pas en règle, ce qui ne va pas simplifier la situation et surtout sa gestion. À Saint Barth par contre, il y a de nombreux habitants originaires de Métropole, qui ont fait de ce petit bout de France une destination de prestige, à force d’investissements. Certains diront qu’ils sont privilégiés par rapport à leurs voisins, mais ce sont bel et bien leurs efforts qui ont fait de l’île ce qu’elle est aujourd’hui. C’est sans doute cela qui fait que le comportement de la population de Saint Barth est beaucoup plus calme, solidaire, coopératif… on a l’impression qu’ils protègent « leur pain » et sont prêts à se retrousser les manches pour reconstruire au plus vite. Très peu de médias ont mis cette réalité en avant, considérant peut-être que ce n’est pas très politiquement correct, une fois encore. Pourtant, il nous semble important de le souligner. Cela étant dit, les populations sont à bout et la colère gronde, sans doute parce qu’il est évident que les sentiments d’attente et d’abandon fâchent. Mais ne parlons pas ici des décisions politiques que cela sous-entend, les forces de l’ordre, volontaires, secouristes… faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour apporter une aide concrète et immédiate sur le terrain. Le principal reproche fait au gouvernement par les habitants est le retard ressenti, ou disons le délai qu’il a fallu pour que ces renforts humains et matériels leur arrivent. Il y a pourtant fort à parier que la distance n’y est pas étrangère et que si la même catastrophe était arrivée sur la côte d’azur ou en Normandie, tout aurait été plus rapide. Mais on sait que le sentiment d’être coupé du monde est un terrible stress et qu’il attise donc la colère… Surtout que là-bas, la population compare le grand nombre de forces de l’ordre et de moyens mis en place rapidement du côté hollandais de l’île Saint-Martin, à leur triste situation. C’est oublier que France et Pays-Bas ont des mentalités fort différentes et que cela justifie en partie cette variation de gestion. N’oublions pas non plus que la Hollande est un pays très menacé par la mer, depuis toujours… elle a donc une bien plus grande expérience en la matière.

Ceux qui perdent la tête…

Et puis, au milieu de la désolation, des destructions, des immeubles effondrés et malgré les victimes déplorées (une dizaine pour Saint-Martin, ainsi que quelques disparus, rien de semble définitif), il y a ceux qui perdent totalement l’esprit et le sens des valeurs. Là encore, il faut bien séparer les deux îles et c’est sans doute désolant d’y être obligés, car cela signifie aussi qu’il y a de profondes différences entre ces deux petits bouts de France, perdus dans l’Atlantique. En effet, seule Saint-Martin est concernée par les violences et on n’a relevé ni pillages ni bagarres du côté de Saint Barth, il est vrai un petit peu moins détruite. À Saint-Martin, la population s’est retrouvée très rapidement en situation de panique et les images qui se sont déversées sur Internet avaient de quoi faire peur. Qu’on vole de la nourriture quand on crève de faim et qu’on sait que dans la maison inoccupée d’à côté, il y a des tonnes de réserves de denrées alimentaires… cela peut se concevoir (pas le vol du super congélateur ou d’une télé) et on dirait alors de bonne foi, que c’est de la survie. Ce n’est sans doute pas condamnable moralement et j’ignore ce que dirait la Justice. Mais… briser des vitrines encore intactes, envahir des magasins à moitié écroulés, éventrés par l’ouragan, pour y piller tout ce qui est possible : vêtements de luxe, lave-linges, télévisions à grand écran et autre électroménager qu’on charge sans vergogne sur une camionnette pour croiser ensuite (en riant) des policiers, qui privilégient le secours à la délinquance, c’est… purement de la crapulerie, du vol scandaleux et totalement immoral ! C’est voler le peu de choses qu’il restait à des gens qui ont travaillé pour monter et faire vivre leur commerce, c’est profiter de la détresse générale pour se livrer à ses plus bas instincts et c’est aussi provoquer un terrible sentiment de danger à la population qui ne participe pas à ces exactions. Pour le coup, les autorités ont réagi vite puisque, suite à cette insécurité galopante, elles ont mis en place l’évacuation des femmes et des enfants. Mais en arriver là est terrible et donne au monde une image de république bananière. De manière un peu étonnante, les médias du monde entier n’ont eu de cesse de lier les deux îles de Saint Barth et Saint-Martin dans leurs titres. Encore une fois, c’est oublier qu’il y a eu une grande différence de comportement entre les populations et il ne semblait peut-être pas de bon aloi de le souligner. Nous pensons au contraire que c’est important, de manière à ce que l’image d’une communauté qui a réagi avec calme, détermination, solidarité et partage, ne soit pas injustement écornée. Nous voulions ici relever ce détail, qui n’en est pas vraiment un… Il faut parfois prendre le risque de ne pas se faire aimer de certains, pour se sentir « droit dans ses bottes », comme on dit.

Et ceux qui ne perdent pas le nord ne sont pas les plus glorieux…

Impossible de savoir s’ils en sont fiers (ni même convaincus), mais en tout cas ils ont sauté à pied joints sur l’occasion de foncer dans le tas et de critiquer violemment le gouvernement d’Édouard Philippe ou le Président Macron, qui faisaient face ces derniers jours à leur première crise majeure depuis leur arrivée aux affaires. Bien sûr, comme dans toute situation d’urgence, tout n’a certainement pas été parfait, mais il faut rappeler les milliers de kilomètres qui séparent le siège des décisions (l’Élysée ou Matignon) et les Antilles. Mais dès hier et alors même que la poussière des ruines n’avait pas encore eu le temps de se tasser, quelques aigrefins du paysage politique français ont rué dans les brancards. De l’extrême de gauche à celle de droite en passant par Les Républicains… Éric Ciotti, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélanchon ont exigé la mise en place d’une Commission d’Enquête Parlementaire, rien que ça. Le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, a d’ailleurs accepté d’emblée ce projet, persuadé de démontrer que si tout n’as pas été parfait, tout a au moins été fait le « mieux possible » et au « plus vite ». On verra… En tout cas, on peut légitimement se demander si ce monde politique, fait d’oppositions diverses et variées (même si elles partagent un certain nombre de points de vue, ce qui rend la situation souvent ubuesque), donne une image positive, alors que les décombres sont encore fumants ? Cela ne ressemble pas vraiment à l’union sacrée qui est de mise aux Pays-Bas, où les politiciens veulent seulement tirer des leçons de ce qui s’est passé, afin d’être encore plus efficaces si une situation de cette ampleur devait se représenter… On a tout de même l’impression, un peu amère, que pour quelques-uns l’occasion fait le larron. S’opposer pour s’opposer c’est peut-être un peu vain, surtout quand aucun des programmes de ceux qui se plaignent, ne comportait le moindre chapitre consacré à la prévention des ouragans dans les Dom Tom. Car cela va venir sur la table aussi, soyez-en certains… Il y a de quoi se demander si les habitants de Saint-Martin et de Saint Barth ne vont pas estimer qu’on les utilise comme prétextes à des bisbilles politicardes, alors qu’ils crèvent de soif, de faim et ne savent plus vraiment de quoi leur futur sera fait ! Demain, le Président de la République sera sur place et il y entendra sans doute de nombreuses doléances, sans ménagement. Espérons qu’il saura y répondre, sans doute sans langue de bois comme on le lui reproche souvent, mais au moins en se penchant avec empathie sur les problèmes qui semblent nombreux. On verra ensuite de quoi sera réellement capable le monde politique français, quand sera venu le temps d’agir et de décider de l’avenir d’une partie de sa population qui, rappelons-le sans ambages, véhicule dans le monde une image particulièrement positive… jusqu’ici.

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Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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