(Belgique - Mondial Russie 2018) - Un groupe de neuf Diables Rouges est monté sur le terrain d'entraînement du centre national de Tubize, au deuxième jour de préparation à la Coupe du Monde de football en Russie (14 juin-15 juillet). La tempête de la non sélection de Radja Nainggolan semble se calmer un peu, même si des supporters des Diables menacent de faire dix minutes de silence lors du match amical Belgique - Portugal à Bruxelles, le 2 juin... à suivre. Clic Infos y sera sans doute.

Bon… cela fait maintenant quelques mois qu’on nous a servi les images de la « très souriante » sœur du dictateur nord-Coréen Kim Jong-un, serrant la pince aux plus hauts responsables du sud à l’occasion des jeux olympiques d’hiver. Il y a quelques semaines, le monde était tout baba en lisant l’annonce officielle d’un sommet entre les présidents Donald Trump et Kim, mais dès la nouvelle connue, nous faisions état d’un certain scepticisme : avec ces deux cocos-là, il est évident que tout peut changer jusqu’à la dernière minute. Nous avions sans doute au moins en partie raison, puisque la Corée du Nord menace désormais d’annuler le sommet, face au désir évident des USA d’exiger des engagements unilatéraux et sans contrepartie… Même s’il semble que les deux chefs d’états soient aussi caractériels l’un que l’autre, tentons de voir un peu plus clair dans la situation. Une chose est sûre, après s’être traités de tous les noms d’oiseaux, avoir comparé la grosseur de leur bouton atomique et s’être l’un et l’autre menacés de se détruire mutuellement, on n’est pas encore au jour du fameux rendez-vous et tout est possible… le meilleur comme le pire. Si une annulation devait survenir, ce serait évidemment un énorme échec pour Trump. La raison des tensions actuelles : les manœuvres militaires communes entre les armées américaine et sud-coréenne… mais, pas que.

Les sourires deviennent de plus en plus crispés. 

Malgré les bons sentiments affiché ces temps-ci par le nord-coréen Kim Jong-un, la dénucléarisation de son pays pourrait bien être plus compliquée que certains voulaient le croire ces dernières semaines. Le sommet historique entre Kim et Trump est prévu le 12 juin. Et pourtant, la tension semble à nouveau de mise… Pyongyang a menacé ce mercredi de l’annuler, si Washington maintenait des exigences jugées injustes et surtout très déséquilibrées. Si la Maison-Blanche veut mettre la Corée du Nord au pied du mur et exiger unilatéralement qu’elle renonce à l’arme nucléaire, Kim Jong-un affirme que les discussions n’auraient plus aucun intérêt et qu’il devrait revoir sa position et examiner la très concrète éventualité d’une annulation du sommet. C’est en tout cas ce qu’a déclaré assez froidement le ministre adjoint des Affaires étrangères Kim Kye Gwan, cité par l’agence officielle KCNA. Lors d’un sommet déjà historique le mois dernier, Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in avaient réaffirmé dans la Zone démilitarisée (DMZ) séparant leurs deux pays, leur ferme intention d’engager un processus actif en vue d’une « dénucléarisation totale » de la péninsule coréenne. Pourtant, il semble que Pyongyang et Washington n’aient pas vraiment la même définition de la formule. D’un côté, Donald Trump exige en effet « une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord », tandis que de l’autre il paraît vraiment peu probable que le jeune dictateur renonce entièrement à un arsenal qui garantit, selon des idées qu’il nourrit depuis longtemps, la sécurité (et surtout la pérennité) de son régime. Aujourd’hui d’ailleurs, les concessions concrètes auxquelles il est prêt n’ont toujours pas été communiquées.

Des manœuvres militaires qui irritent au plus haut point…

Mais, il y a un autre sérieux caillou dans la chaussure qui devrait mener au fameux sommet, puisque Pyongyang pose comme « conditions préalables à la dénucléarisation » que les États-Unis « mettent un terme à leur politique hostile envers la Corée du Nord et à leurs menaces nucléaires ». C’est en tout cas ce qu’a déclaré un très haut responsable du régime, faisant se gratter la tête à tous les experts, fort perplexes. Kim Jong-un avait déjà tenu ce langage lors de sa très spectaculaire et secrète rencontre récente en Chine avec le président Xi Jinping. Par le passé, La Corée du Nord avait notamment déjà exigé le retrait des troupes américaines déployées en Corée du Sud (environ 30.000 soldats), ainsi que la fin du « parapluie nucléaire » américain déployé sur son allié. Il semble pourtant bien difficile d’imaginer que les États-Unis puissent faire marche arrière… Très sérieusement mis en rogne par le maintien des exercices militaires annuels qui sont menés au Sud par les USA et la Corée du Sud, Pyongyang a déjà annulé une rencontre de haut niveau avec Séoul, qui était prévue mercredi. « Il y a une limite à la bonne volonté dont nous pouvons faire preuve», a prévenu l’agence KCNA, dénonçant une « provocation ». Les manœuvres militaires aériennes baptisées Max Thunder, ont débuté le 11 mai. Elles dureront deux semaines et impliquent une centaine d’appareils des deux pays, dont plusieurs avions de chasse furtifs américains F-22 « Raptor », très redoutés par le régime du nord.

Combat de coqs et incertitudes…

Le ministre adjoint nord-coréen a aussi fait état de sa « colère » concernant le conseiller de Donald Trump à la Sécurité nationale, John Bolton. En effet, celui-ci a très imprudemment (et sans doute sans tourner d’abord sept fois sa langue dans sa bouche) évoqué le « modèle libyen » pour la dénucléarisation de la Corée du nord. Il s’agit d’une « tentative hautement sinistre de faire subir à notre pays le sort de la Libye et de l’Irak », a prévenu le haut-responsable du nord. Après avoir renoncé à son programme nucléaire, le leader libyen Mouammar Khadafi avait été tué à l’occasion d’un soulèvement soutenu par des bombardements de l’aviation de l’OTAN. Il est fort probable que Kim Jong-un ne désire pas du tout connaître le même sort… De son côté, Washington, affirme ne pas avoir été prévenue d’un quelconque changement de programme et a assuré continuer la préparation du sommet entre le dictateur nord-coréen et le très fantasque et imprévisible président américain. La Maison-Blanche a défendu les manœuvres militaires conjointes et les a qualifiées « d’exercices légaux, planifiés longtemps à l’avance et qui ne représentent absolument pas une provocation ». On verra si Kim décidera de se rallier à cet avis, mais rien n’est moins sûr. En tout état de cause, on sait que ce que nous appellerons l’instabilité psychologique (à tout le moins) des deux présidents qui sont sensés se rencontrer le 12 juin prochain à Singapour n’augure en tout cas pas d’une préparation forcément très sereine. On imagine la quantité d’aspirine qu’avaleront leurs conseillers diplomatiques d’ici à la fameuse rencontre… Gageons que la première poignée de main entre ces deux drôles de présidents sera scrutée par le monde entier. On sait combien Donald aime avoir le dessus sur son vis-à-vis et on n’a pas encore vu Kim dans l’exercice face à un adversaire de poids… Aujourd’hui la grande question reste : « est-ce que cette poignée de main aura vraiment lieu » ? À suivre…

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Notre co-fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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