Ce samedi soir, le premier ministre belge Charles Michel a acté la départ de la NVA du gouvernement. Le parti de Bart de Wever quitte donc la "suédoise" sur le Pacte de l'ONU pour une immigration responsable et fait chuter le gouvernement en place depuis quatre ans. Charles Michel ira à Marrakech signer le pacte au nom de la Belgique et d'une "alliance responsable orange-bleue" a déclaré le Premier dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des Ministres restreint de samedi soir. Il mènera des consultations politiques à son retour du Maroc.

Nous ne ferons pas de grandes analyses scientifiques, ne parlerons pas de chiffres qui sont de toute manière effrayants… Non, nous rappellerons simplement que le SIDA, le HIV, les lettres AIDS, clignotent toujours de façon absolument dramatique dans le paysage humain. En ce premier décembre, journée internationale de lutte contre le SIDA, on a l’impression que les voix s’élèvent beaucoup moins qu’il y a quelques années, à part celles des associations et encore… Je ne suis pas certains qu’elles crient aussi fort qu’avant : « alerte… le HIV frappe encore et tue ». Peut-être parce qu’à présent on arrive à « vivre avec » mieux qu’il y a encore dix ans, grâce aux médicaments. Et c’est là le vrai danger : qu’on accepte cette vie « avec » !

Douce nostalgie d’une période bénie sans capote… interdite désormais.

Pour ceux qui comme moi, ont atteint aujourd’hui la bonne cinquantaine… qu’il est bon de se souvenir des années 70 et de notre bonheur d’avoir pu découvrir le sexe, les premiers émois, pour certains l’amour et pour beaucoup le sexe, sans peur ! En effet, on n’avait peur de rien et on avait raison : le monstre SIDA n’avait pas encore envahi nos vies, nos sous-vêtements, nos relations sexuelles. Je me souviens de ces soirées entre jeunes, les uns chez les autres, qui se terminaient pour quelques-uns dans le jardin, derrière un arbre, en embrassades, gestes maladroits et relations sexuelles furtives, souvent pour la première fois. Nous avions 16 ou 17 ans, tout nous semblait naturel… se draguer, se découvrir, se toucher, puis « le faire » ! C’était le scénario normal entre jeunes, qui faisaient semblant d’être expérimentés, mais qui étaient plus puceaux que les anges du paradis. On se mentait, mais c’était le jeu et puis c’était surtout rassurant. Garçons, filles, hétéros, gays… tout le monde vivait sa découverte du sexe sans angoisse, sans peur et donc en profitant au maximum de cette merveilleuse découverte, comme c’était le cas depuis de millénaires… Cette découverte de la sensualité et de la sexualité n’avait pour frein que des parents qui nous mettaient en garde contre les « maladies », mais on ne parlait pas de choses graves… justes gênantes et qui attireraient sur nous les plaisanteries du plus mauvais goût. Et tout cela avait une saveur particulière : celle de l’interdit, de la transgression, du bonheur d’avoir osé, de celui d’avoir réussi, de l’excitation et de l’envie de recommencer, avec le/la même… ou pas. Nous étions libres de découvrir ce monde du plaisir, sans peur et sans reproches. Mais c’était la fin d’une époque et les prémices d’une période d’enfer !

La période noire, le « cancer gay » … la peur !

Puis arrivèrent les années 80 et aux États-Unis les premiers malades moururent d’une affection étrange, qui tuait rapidement et dans des circonstances atroces. Assez vite, les sociologues ont tenté de comprendre les origines de l’épidémie et d’isoler les groupes les plus touchés, se rendant compte que c’était dans la communauté gay qu’on trouvait le plus de victimes. La peur envahit le monde en à peine deux ans, par rapport aux premiers patients dont nous n’avions pas vraiment entendu parler en Europe. Les images font paniquer la planète entière et on voit des « sidaïques », qu’on appellera plus tard « sidéens » par souci de ne pas les diaboliser, effrayants, maigres comme s’ils sortaient d’Auschwitz, le entièrement recouvert de taches noires (le syndrome de Kapozi). Ils n’ont plus que la peau sur les os… cela fait paniquer le monde scientifique autant que la population. Les rumeurs commencent à courir : ce serait un virus échappé d’un laboratoire américain, il viendrait d’Afrique et des singes, il ne toucherait qu’une catégorie de la population, comme si on voulait s’en débarrasser ! Les plus incroyables théories de complots fleurissent de tous côtés : on veut exterminer les homosexuels, les noirs… les plus extrêmes affirment que c’est une arme de destruction massive, militaire ou divine. C’est évidemment ce qui s’avèrera vrai, mais pas provoquée par l’homme. Les scientifiques sont face à un ennemi totalement inconnu et même son portrait est effrayant, car il est recouvert d’épines, impitoyable. Syndrome Immuno – Déficitaire Acquis… son nom est SIDA et il pétrifie tout le monde ! Dans de nombreux pays débute alors une période noire et terrible, une chasse aux homosexuels qui sont accusés de le diffuser, d’en être à l’origine et on veut donc les punir. Heureusement, la Belgique reste d’une sérénité exemplaire et je peux témoigner qu’on n’a pas assisté à des chasses aux sorcières violentes à l’intérieur de nos frontières. Par contre, dans de nombreux autre pays dont chez nos amis français, il ne faisait vraiment pas bon montrer sa « gayïtude ». Les bars et discothèques de la communauté LGBT ne sont fréquentés qu’en catimini et chaque weekend on entend parler d’expéditions punitives qui ont « cassé du PD » ! Les personnels médicaux ne savent exactement comment réagir, n’osant même pas toucher les patients sans gants… le rejet des malades est total et inhumain. Des stars se sont insurgées, engagées et on se souvient particulièrement De Clémentine Célarié embrassant à pleine bouche un malade sur un plateau télé ou encore de la Princesse Diana rendant visite à des malades sans gants, les tenant par la main en leur parlant… ACT UP se battra dans les rues, dans les hôpitaux, à coups de sittings, d’invasions de plateaux télévisés, d’actions coups de poing… Le monde entrait en guerre contre une maladie qui tuait de plus en plus et dont on mourrait immanquablement. Si on vous annonçait que vous étiez séropositif… cela signifiait la condamnation à mort…

Le temps passe, la peur aussi… mais attention, le Diable n’est pas mort !

Mais attention… je le disais en introduction, on parle de moins en moins du SIDA, on voit de moins en moins de campagnes de sensibilisation… Mais on parle beaucoup des médicaments qui existent aujourd’hui et permettent de vivre presque normalement au quotidien avec la maladie. Cela rassure et même si c’est vrai qu’on peut survivre désormais, la maladie n’est pas éradiquée et les contaminations sont toujours en augmentation dans le monde entier. Ne pointons pas du doigt un continent ou un autre, la stigmatisation n’a jamais rien apporté. Mais rappelons inlassablement que le HIV est toujours là et qu’il tue et tue encore ! Car tout le monde n’a pas accès aux thérapies très chères, qui permettent en effet de vivre « avec » la maladie… Mais il vaut mieux l’éviter plutôt que de devoir apprendre à cohabiter avec elle, car elle demeure terrible et la colocation peut se terminer sans préavis et sur rupture unilatérale du contrat… Alors, il faudrait qu’on reprenne activement les campagnes d’informations, de prévention, surtout auprès des jeunes et même des très jeunes… Je ne parle pas d’enfants de six ans, évidemment. Mais à partir de dix ou onze ans, les jeunes sont confrontés à la pornographie, qui les sollicite sans cesse et un peu partout. Dès lors, ils ont envie de découvrir, de transgresser… et c’est à ce moment qu’il faut imprimer dans leur cerveau l’impératif préservatif, qui doit sortir de leur poche à chaque fois qu’ils voudront faire sortir le petit oiseau de leur pantalon ! Seule la protection par préservatif est un moyen efficace de lutter contre la prolifération du virus et il faut recommencer à le crier haut et fort, partout, tout le temps et sans faiblir !

Ne faisons pas croire aux jeunes que c’est facile de vivre en portant en soi le virus HIV… ne leur mentons pas en leur disant qu’une vie normale est possible avec lui. Le SIDA reste une maladie mortelle qu’il faut éviter à tout prix, par respect de soi et des autres. La capote, le condom, le caoutchouc, le latex, le petit chapeau, le préservatif… reste le seul moyen de garder le virus loin de soi et d’éviter de subir le drame terrible d’une vie de séropositif, avec tout ce que cela sous-entend de souffrances, d’inquiétude, d’emprisonnement dans une vie de soins avec à chaque instant de survie une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Criez-le partout… le SIDA tue encore et toujours ! Il ne faut pas le dire uniquement le premier décembre, il faut le répéter inlassablement.

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Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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