Ce samedi soir, le premier ministre belge Charles Michel a acté la départ de la NVA du gouvernement. Le parti de Bart de Wever quitte donc la "suédoise" sur le Pacte de l'ONU pour une immigration responsable et fait chuter le gouvernement en place depuis quatre ans. Charles Michel ira à Marrakech signer le pacte au nom de la Belgique et d'une "alliance responsable orange-bleue" a déclaré le Premier dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des Ministres restreint de samedi soir. Il mènera des consultations politiques à son retour du Maroc.

Pour quoi faire ? Pour manger… Avec qui ? Alexandre et Betsy ! Bon, je vous le concède, c’est une intro un peu fantaisiste, mais passer une soirée au Pottok Restaurant, c’est être assuré d’en ressortir non seulement après avoir vraiment bien mangé, mais aussi s’être amusé, avoir été touché et conquis par les lieux autant que par leurs propriétaires. Alexandre et Betsy Pottok sont un couple et on le ressent profondément dans la maison, dans l’agencement qui a été créé en famille (un beau-frère menuisier a même réalisé les belles boiseries du bar et de l’un ou l’autre mur), dans leur complicité très complémentaire, dans la salle autant que dans la cuisine, à table, à travers la carte des vins… ils conçoivent absolument tout à deux et c’est un des piliers de l’identité du Pottok. Un vent de fraîcheur souffle sur la rue du Bailli (Ixelles) et c’est très rafraîchissant, dans un quartier qui s’était un peu perdu… Il semble qu’il ait envie de revivre et le Pottok Restaurant apporte la petite touche d’élégance et de convivialité qu’on attend d’une rue qui vit pleinement.

Lorsqu’un couple travaille ensemble, on lui pose toujours la question : « ce n’est pas trop difficile » ? Autant Betsy qu’Alexandre, n’ont pas besoin de répondre car leur sourire instantané exprime mieux que des mots ce qu’ils ressentent. Ils sont jeunes trentenaires, entrepreneurs enthousiastes, positifs, ils ont confiance en l’avenir… c’est tout ce dont une capitale internationale comme Bruxelles a besoin pour rester dynamique, créative et afin de constamment assurer son évolution. De plus, la ville est très riche en matière de gastronomie… il est donc agréable de voir s’ouvrir de nouvelles enseignes qui tentent de sortir des sentiers battus, de ne pas reproduire ce qui est déjà trop vu et d’apporter du sang neuf. Quand c’est un couple où la mixité règne (on peut même dire la diversité, en l’occurrence) qui ouvre une nouvelle maison, cela assure une cuisine à l’esprit « fusion », mot qui correspond parfaitement aux propriétaires du Pottok ! Ici, vous avez un peu la sensation d’être chez vous… mais en mieux. La cuisine d’Alexandre est raffinée, moderne et sur des bases classiques, il arrive à changer la musique. Le service de Betsy est impeccable. On la voit parfois filer vers les cuisines, juste histoire de vérifier que son homme va bien et le Chef lui, glisse le bout du nez plusieurs fois en salle dans la soirée. Il aime venir à la chasse aux infos… en fait, savoir tout simplement si vous vous sentez bien, si vous appréciez le moment et l’assiette. L’un comme l’autre affichent un sourire lumineux et on sent que rien n’est feint : la gentillesse, le plaisir d’accueillir, les milles et unes petites attentions dont ils vous comblent en toute discrétion, la joie qu’on lit sur leurs visages lorsqu’on lâche un « waow » ému après avoir goûté un création d’Alex, leur satisfaction quand on fait un compliment sur la décoration chaleureuse et élégante… En conclusion, ils sont pleinement heureux d’être là et de vous servir ! C’est sans doute ce qui assurera le succès de cette tout jeune maison, ouverte depuis moins de deux mois et qui commence à se remplir d’une clientèle assez jeune, variée et cosmopolite. Il faudra rapidement penser à réserver… Il faisait fort chaud le soir où nous sommes allés découvrir le Pottok Restaurant, mais nous avons décidé de bouder la petite terrasse par crainte (non fondée, en tout cas en soirée) des bruits de circulation et des gaz d’échappements. Corinne et moi avions donc réellement envie de fraîcheur. Accueillis par le sourire de Betsy, nous somme placés juste à la fenêtre et cela nous donne tout loisirs de voir la vie dans la rue du Bailli, c’est agréable. Alexandre, qui propose une cuisine « française » teintée d’ailleurs et particulièrement de touches asiatiques inspirées, vient se présenter et il nous est apparu évident que ces deux-là étaient en totale connexion et pour cause…

En entrées : v’ là l’ printemps ! Y a d’ la fraîcheur dans l’air…

Face à la gentillesse et au sourire du jeune chef, nous décidons de nous laisser embarquer dans le voyage gustatif qu’il a prévu pour nous faire découvrir sa carte. Elle n’est pas longue comme un roman, on va à l’essentiel ! Après l’élégant amuse-bouche (qu’Alexandre change presque chaque jour) nous attaquons les entrées. Il y en a quatre proposées et ce n’est pas l’attirant Tartare de saumon Label Rouge, avocat et Granny Smith (12,00 €) ni le bien séduisant Carpaccio de melon et chiffonnade de Pata Negra Iberico de Cebo (maturée 36 mois) à 14,00 €, qu’Alexandre a choisi de nous faire déguster… Pour Corinne ce sera en effet la Burratina et déclinaison de tomate, cœurs d’artichauts et coriandre (10,00 €). Une assiette colorée et ensoleillée, qui inspire le sud. La Burratina est une petite sœur de la mozzarella. Pas bien grande, elle est originaire des Pouilles (Italie). C’est un mets assez rare, constitué d’une pâte filée en forme de poche et qui contient un cœur très onctueux, à la saveur lactée. Elle trône fièrement sur une couche de gelée de tomate d’une fraîcheur et d’une légèreté incroyables ! Quelques herbes et demi mini-tomates vertes, le tour est joué. Ça claque en bouche comme une petit coup de vent frais, la gelée fond sur la langue et la douceur lactée ainsi que les herbes, font de chaque bouchée une mini explosion parfumée. Une tomate-mozza revisitée et joliment rajeunie quoi !

Pour moi, Alex a prévu sans le savoir une entrée qui va me ravir et m’épater aussi, par sa simplicité et ses saveurs fines et subtiles : le Tataki de filet pur de bœuf argentin mariné et asperges vertes (13,00 €)… Exceptionnellement, la bête est uruguayenne (le cuisinier l’utilise régulièrement quand son approvisionnement argentin n’a pu être assuré), mais on n’y perd vraiment rien au change. Cela semble d’un basique pétrifiant, mais tout le talent du chef est dans la marinade ! Nous n’en connaîtrons pas le secret, mais elle a accompli sa mission astringente et donne à cette superbe viande rouge et fondante comme du beurre frais, un caractère savoureux, corsé et en même temps extrêmement doux. L’asperge verte, encore croquante, amène la pointe d’amertume équilibrant parfaitement cette assiette, très fraîche. Je me rends compte après deux bouchées, que ce superbe bœuf peut facilement devenir addictif… comme lorsqu’on goûte une simple viande maturée pour la toute première fois. On ressent l’irrésistible envie d’y revenir.

Des plats pour les carnivores autant que pour les végétariens.

En plats, Alexandre a décidé de nous emmener Corinne et moi sur deux chemins très opposés. Pour accompagner ce dîner, Betsy nous aura fait goûter les vins maison, qui sont loin des piquettes souvent cachées derrière cette appellation. Ici, vous pouvez suivre les avis de la maîtresse des lieux, qui marie parfaitement chaque mets sortant de la cuisine de son époux avec le vin qui lui conviendra le mieux. Si vous ne voulez pas commander une bouteille entière (elles oscillent entre 25 et 45,00 € en moyenne), vous compterez au verre 5 à 6 €. Si vous ne buvez rien d’alcoolisé, vous porterez sans doute votre choix vers la limonade, l’orangeade ou encore l’ice tea, tous trois faits dans la maison. Ils sont pleins de saveurs, très rafraîchissants et ce n’est pas courant. Mais, revenons à l’assiette : pour Corinne, ce seront donc les Tagliatelles fraîches, crème et asperges entières, pleurotes, noisettes torréfiées et parmesan (15 €), le choix idéal pour les végétariens… Si vous avez des réserves ou allergies, il suffit d’en faire part à Betsy, qui en tiendra compte pour vous éviter le moindre désagrément. Les pâtes sont fraîches bien sûr, la cuisson est al dente et la crème discrète mais bien présente vient velouter le tout. Pourtant, le caractère qui se révèle dans cette assiette s’échappe principalement des pleurotes savoureuses, du parmesan qui n’est pas trop piquant et des jolies asperges entières… Tout cela est équilibré et les goûts sont francs. On n’a pas besoin de se casser la tête pour comprendre le plat, il est parfaitement lisible. Je ne me suis pas privé de piocher dans l’assiette de mon amie d’enfance. Elle me le rendra bien… La petite « touche Pottok » est selon moi l’excellente idée de parsemer l’ensemble d’éclats de noisettes, torréfiés très justement par Alexandre. Ils apportent le croquant qu’on attend dans un plat généreux et ça complète bien les sensations de bouche. La torréfaction n’est pas trop puissante, ce qui aurait gâché la préparation. Elle est néanmoins présente et apporte une dernière touche savoureuse à ce beau plat. De plus, il dégage de très agréables effluves. Une belle réussite !

Pour moi, Alexandre a décidé de faire à son plat signature et croyez-moi, Corinne l’a autant apprécié que moi. Je ne suis pas grand amateur de viande de porc ni de moutarde traditionnelle… et patatra, voilà que le jeune chef me présente le Filet pur de porc mariné, jus réduit au sirop d’érable et moutarde à l’ancienne, accompagné d’une salade tiède de pommes de terre (20,00 €) ! Je lui fais part de ma petite réserve et il se contente de… sourire, genre : on verra bien quand tu auras goûté. Et j’ai vu dès la première bouchée ! La viande est fondante à souhait, pas du tout sèche comme souvent les morceaux de porc trop cuits et ça me rassure instantanément. Dans une petite saucière, le jus réduit est devenu une sauce où le sirop d’érable montre clairement son identité (ça me rappelle de délicieux souvenirs de cabanes à sucre, dans la région de Montréal) et les grains de moutarde à l’ancienne titillent les papilles presque avec humour. Le mélange est étonnant, aigre-doux et parfumé. Sur les pommes de terre en effet tièdes, la moutarde reprend son rôle d’origine avec autorité, mais sans aucune agressivité au palais, tandis que les haricots verts et ce que je soupçonne être des épluchures de carotte (à cause de leur discrète sucrosité) plongées quelques secondes dans une friteuse, accompagnent cette musique gustative avec douceur. Les portions sont très généreuses et cela a permis à Corinne de largement goûter aux subtiles et franches saveurs de cet excellent plat ! Me voilà donc réconcilié avec le porc pour le moment… et je ne suis pas au bout de mes surprises. À la carte il y a sept plats proposés, dont un beau Pottok Burger à 16,00 € (viande de bœuf, cheddar, coriandre, œuf au plat, tomate, cornichon, ketchup au pili-pili) ou encore un intriguant Onglet à l’échalote déstructuré à 19,00 € et qui est déjà mon choix pour la prochaine fois !

Fromages et senteurs épicées pour finir…

Corinne a choisi une surprenante Crème brûlée aux cinq épices (7,50 €), exotique et classique à la fois, généreuse et bourrée de saveurs voire même de souvenirs des marchés aux épices d’Asie ou d’Afrique du nord. Mais j’ai plutôt choisi de vous montrer combien un simple plateau de fromages, s’ils sont de haute qualité et bien choisis, peut avantageusement remplacer un dessert. Et puis, toutes les maisons ne se fournissent pas chez Julien Hazard dont Alexandre propose ici une très jolie sélection de cinq produits (9,50 €) ! Cela vaut donc la peine de rendre hommage au plus doué des fromagers bruxellois qui, non seulement se fournit en produits au lait cru artisanaux ou fermiers directement au marché de Rungis, mais qui surtout les affine lui-même dans ses propres caves ! Allez donc jeter un œil sur son site www.julienhazard.be… Vous en aurez l’eau à la bouche et j’espère bientôt vous le présenter beaucoup mieux. En tout cas pour moi, voilà une bien belle manière de clôturer un dîner tout en saveurs, modernité et simplicité. Alexandre Pottok a ce talent inné de pouvoir se baser sur de solides piliers et d’être capable en même temps d’apporter à sa cuisine une bonne claque… un regard neuf !

Pour conclure, je dois ajouter quelques petites infos et vous en saurez presque autant que moi sur cette belle découverte… sauf que vous devrez encore y aller, ce que je vous conseille vivement. Enfin, si vous désirez faire la connaissance d’une très jolie maison et d’un jeune chef qui sait où il va, prêt à vous y emmener au fil du temps (car je suis certain que le succès sera au rendez-vous) ! J’ai craqué sur une superbe jupe vietnamienne qui a été étendue sur un cadre, œuvre tout droit sortie de l’esprit inventif de la jolie et souriante Betsy… La salle est climatisée, vous ne trouverez ici que des produits frais et réalisés par Alexandre (à l’exception d’un petit toast à l’amuse-bouche, mais je suis sûr que cette mini entorse au pain maison est déjà réparée). Le restaurant sera ouvert durant tout l’été et je ne saurais trop vous inviter à en profiter pour découvrir le couple de restaurateurs le plus attachant d’Ixelles. Ah oui… dernier détail, pour être fidèle à mes habitudes : l’Irish Coffee est top !

Vous savez que de temps à autre, je demande l’avis de « la table d’à côté »… Voici donc les (deux fois) 3 mots des jeunes convives sympas de la table en terrasse et correspondant parfaitement à la convivialité de l’endroit : délicieux, délicat et surprenant pour Emily et Tanguy… Étonnant, savoureux et fin, pour Julia et Léo. Merci à eux pour leur sourires et leur grande disponibilité… vous rencontrer était vraiment agréable !

Site officiel : www.pottok.be
POTTOK Restaurant
90 rue du Bailli
1050 Bruxelles (Ixelles)
+32 2 325 95 94

Notation Clic Infos : 4 Clics
(1 Clic = moyen – 2 Clics = correct – 3 Clics = Table de qualité – 4 Clics = table de grande qualité – 5 Clics = Table d’exception).

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About Author

Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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