FRANCE - Dans le sud-ouest (Millas), le bilan de la collision entre un train et un bus scolaire s'est alourdi ce vendredi matin. Il est passé à cinq morts, tous âgés de maximum 14 ans. Plusieurs blessés sont encore en état d'urgence absolue... ce bilan pourrait donc encore s'alourdir.

Il y a des patrons de brasseries qui aimeraient appeler leur établissement « restaurant »… Ne dites surtout pas cela à Thierry Groeteclaes, car il risque de virer au rouge rubis, comme certains de ses magnifiques vins en biodynamie ! Lui, il revendique clairement son identité profonde de brasserie à tous niveaux, tant côté cuisine que décoration. Il faut dire qu’ici en poussant la porte, vous avez l’impression de vous retrouver dans la même maison, mais au dix-neuvième siècle, quand elle était encore un relais de poste. Une période bourgeoise et riche, où la bonne chère était aussi le reflet de votre position… mais ici, de toutes manières, elle sera excellente !

Clic Infos - Le Relais Saint Job

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Pour la petite histoire, j’ai eu le privilège de faire le tour du propriétaire, des cuisines à la terrasse en passant par la chambre froide, les offices et la superbe boutique traiteur (oui je sais, vous allez dire que c’est parce que…eh bien non). On sent, dès sa poignée de main franche, que Thierry est fier de son établissement et il a bien raison. Tout ce que j’ai vu (et c’était en plein service), ce sont des cuisines impeccables, une brigade coupant des carottes fraîches en brunoise, un office ressemblant à un sou neuf, une boutique traiteur où les plats mettent l’eau à la bouche autant que les vins exposés dans la superbe cave vitrée, et… probablement la plus magnifique chambre froide qu’il m’ait été donné de voir de toute ma vie de gastronome amoureux ! Elle ne m’a donné qu’une envie : enfiler une doudoune et m’y laisser enfermer pour les prochaines trois semaines. Jamais je n’aurais fait un tel banquet c’est certain, pourvu qu’on m’aie laissé quelques belles bouteilles que j’avais aperçues juste auparavant !

Brasserie oui, mais la table étonne tout de même, dès qu’on sort des sentiers battus.

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Bon… j’aurais pu prendre un Os à Moelle dans son bouillon « Sel de Guérande », suivi d’un traditionnel Vol au Vent ou d’un beau plat végétarien, si c’était mon plaisir. Mais non… je veux sortir des codes, pour voir si l’herbe y est plus verte. Je ne vais pas être déçu de voyage et Sebastien Gaillat, qui m’accompagne ce jour-là, non plus. Sous la très sympathique attention de Mickaël, responsable de salle aux petits oignons, nous nous laissons donc guider. Pour moi ce seront des Ravioles d’Écrevisses à la brunoise de légumes (15,50 €). La pâte maison très réussie, a de la mâche et la farce est riche en écrevisses, petits légumes croquants juste ce qu’il faut et quelques morceaux de tomates séchées. Le beurre blanc à la ciboulette est léger, crémeux et parfaitement équilibré… l’ensemble entonne un chant païen sur mes papilles ! J’ai choisi un Chablis William Fèvre de 2015 (39 €), jeune et guilleret à souhait. Il accompagnera très bien tout le repas, même une viande, et mon invité adore.

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Sébastien justement, a jeté son dévolu sur les Scampis aux Tomates Fraîches (15 €). Là encore, la générosité est de mise et les bébêtes, jamais congelées, sont fermes sous la dent, impeccables. La belle compotée de tomates est légèrement acide (nous sommes en hiver) et le basilic frais courageux, mais il manque un peu de peps pour la même raison… le chef ne peut rien y faire, mais il faut bien trouver un tout petit truc à redire. Cependant c’est excellent, tout simplement.

Pour le plat principal, nous revenons à la brasserie classique de haut vol… et nage aussi !

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Sébastien s’est laissé séduire par la Noix d’Entrecôte « Cuberoll », une belle viande irlandaise d’environ 300 grammes (25 €). La sauce au poivre noir concassé (3,50 €) est lisse, brillante et corsée, mais j’en connais un qui aurait pu supporter plus de poivre encore. C’est l’occasion de vous dire que c’est la première fois que je vois une brasserie (même de luxe comme celle-ci) où toutes les sauces sont faites maison chaque matin, y compris les roux et ça mérite largement d’être souligné. Les frites fraiches sont dorées et crousti-moelleuses à souhait, on n’est pas à Bruxelles pour rien… La cuisson demandée saignante est parfaite et la viande semble vivre sous la fourchette. Attention, la noix d’entrecôte comprend un trait de graisse en forme de « Y », qui ne peut être réellement cuite, et donc facile à couper, qu’à partir d’une cuisson à point. Si vous aimez le bœuf bleu ou saignant, ne le confondez donc pas avec un nerf. Et puis, c’est le persillage qui fait tout le moelleux de ce morceau.

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Alors, lui… je l’attends au tournant, car c’est un des plats signatures les plus célèbres de la maison et puis, j’adore ça. J’ai choisi le Homard Rôti à l’ail et au basilic, accompagné de riz blanc (28,50 €). Un peu coupable quand même, je renonce à lui serrer la pince lorsque Mickaël le sort du vivier et je le laisse filer directement en cuisine. Au retour, notre spirituel responsable de salle me dit en souriant « Albert est passé à la casserole… mais moi je n’y passerai pas ». Petite seconde de silence, sourires… j’ai trouvé ça si drôle, que je lui demandé si je pouvais raconter son lapsus et comme il est charmant, il a dit oui… je tiens donc ma promesse. A son image, l’ensemble du personnel est aux petits soins, souriant, discret et efficace, c’est un vrai plaisir et d’un regard ils comprennent tout. Voilà donc mon Albert (puisque Mickaël baptise chaque homard qu’il sort du vivier) qui se présente devant moi et je m’envole instantanément au paradis des crustacés ! Ce n’est pas un bébé et non seulement je vais me régaler, mais je n’aurai sûrement plus faim après. Sa chair est ferme et nacrée, elle se détache au premier petit coup de fourchette et je lui fais son affaire, jusqu’à la dernière plus petite de ses petites pinces. Le beurre fondu aux herbes est léger, l’ail pas trop présent mais affirmé… je vis un moment d’excellence et la réputation des cousins d’Albert dans cette maison n’est clairement pas usurpée. Notez que le pain est vraiment bon, au point que je me suis passé du riz (parfaitement cuit au demeurant) et que j’ai juste saucé… un plaisir simple et tellement gourmand !

En conclusion j’ajouterais encore, que dans cet ancien relais de poste mené de main de maître par le passionné Thierry Groeteclaes, vous pouvez organiser des banquets jusqu’à 64 personnes et qu’à partir de mars, la terrasse suspendue et chauffée vous tend les bras, un petit plus bien agréable. Repus et bienheureux, nous n’avons pas pris de dessert, mais un Cointreau (8 €) et un Irish Coffee (8,50 €) parfaitement exécuté. Nous espérons que les gagnants de notre grand concours de Saint Valentin qui seront invités ici, passeront un aussi beau moment que nous l’avons fait. Bonne chance encore et si vous ne gagnez pas, ne manquez tout de même pas d’inviter votre moitié au Relais !

Notation Clic Infos : 4 Clics
(1 Clic = moyen – 2 Clics = correct – 3 Clics = Table de qualité – 4 Clics = table de grande qualité – 5 Clics = Table d’exception).

Site officiel (pour infos, horaires et carte complète): http://www.relaisstjob.be

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About Author

Notre co-fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. Le 20 mars 2017, il a été élu Administrateur de l'AJPBE (Association des Journalistes Périodiques Belges et Étrangers). C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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