États-Unis, Suisse, Belgique, France, Royaume-Uni… et maintenant Allemagne ! Et encore, ce ne sont que des exemples dont nous entendons parler tous les jours. Mais que nous arrive-t-il donc ? Pourquoi faisons-nous entrer dans nos parlements, quand ce n’est pas à la Maison Banche, les partis (ou les hommes) les plus populistes, les plus approximatifs, ceux qui promettent tout et n’importe quoi, mais qui ne mettront rien en œuvre, pour la simple raison que c’est totalement impossible à concrétiser. Ils le savent pertinemment et nous mentent droit dans les yeux sur les plateaux télé pendant les campagnes électorales ! Mais pourquoi adoptons-nous ce comportement assez stupide, au lieu de tenter de monter au créneau et de prendre le relais de ceux que nous pensons incapables ?

Après chaque élection ces dernières années, le constat est partout le même et toujours effaré : « l’extrême droite est entrée au Parlement » … « les populistes ont encore marqué des points » … « Un parti xénophobe obtient des députés » ! Cette répétition sans fin interpelle, ainsi que la passivité totale qui suit en général. Ni population ni média ne se révoltent et, l’une comme les autres, tout le monde se contente de constater que « c’est triste » et les politiques se lamentent, ne proposant rien et rejetant la responsabilité dans l’espace intersidéral. Clic Infos a décidé de réfléchir et tenter de comprendre.

Dernier séisme politique : l’Allemagne et l’AfD qui entre au Bundestag.

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Ça ne date que d’hier soir, mais ce qu’on n’aurait jamais imaginé il y a encore quelques années est arrivé, le dernier mur de vertu est tombé : l’extrême droite fait une entrée fracassante au parlement Fédéral (Bundestag) ! Pourtant, une grande majorité du peuple allemand s’est réveillé sous le choc, sans doute plus sincèrement que nul autre. Depuis 1945, la population tente réellement de « racheter la faute » des deux guerres mondiales, ouvre les bras au monde, demandant ainsi « pardon » … elle ne nie rien des horreurs passées, en prend sa part de responsabilité et, étant allemand de naissance, j’ai de nombreux souvenirs familiaux de cet esprit de « résilience ». Pourtant ma famille était résistante, pas militaire et ma grand-mère m’a toujours appris que jamais plus l’Allemagne ne retomberait dans le piège. Et piège il y eut car, rappelons-le… Hitler est arrivé au pouvoir de manière totalement démocratique et on comprend donc la peur de très nombreux allemands ! Car voilà qu’Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne) fait son entrée au Parlement Fédéral et si presque 13% des électeurs ont voté pour ce parti, il n’en reste pas moins qu’il fait frémir une très grande majorité du peuple allemand. Rappelons que 1% d’électeurs n’équivaut pas à 1% de la population et que des enfants d’aujourd’hui prendront un jour la relève. Du reste, quand on examine son électorat d’un peu plus près, on y trouve bien sûr les fascistes, racistes et homophobes violents de tous poils, très actifs et extrêmes… mais aussi une population nettement plus âgée, aisée et non touchée par la pauvreté, que la politique d’intégration de plus d’un million de migrants mise en place par Angela Merkel inquiète, par simple méconnaissance et grâce aux porte-voix utilisés par les responsables de l’AfD, dont le Président est âgé de plus de 70 ans. On ne peut donc pas dire que ce résultat soit le reflet de l’opinion générale en Allemagne, ce qu’assène le parti depuis hier soir, afin de donner plus d’écho à sa victoire, indéniable malgré tout. En Allemagne, le populisme anti musulman, anti gay, anti migrants, anti Merkel et « anti tout » a fonctionné mais, comme d’habitude, il n’y a aucune proposition politique alternative concrète, aucun programme crédible. C’est une constante… La haine, la colère, la méconnaissance sont ici encore les racines du mal populiste.

Promettre en mentant sans vergogne… ça donne le Brexit.

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On n’arrête pas de nous répéter que les citoyens anglais ont voté pour quitter l’Union Européenne, qu’ils sont béats de bonheur, que la Livre Sterling va atteindre le firmament, que c’est excellent pour les britanniques et qu’ils sont ravis de redevenir une île, dans tous les sens d’isolement du terme. Mais, quand on écoute les anglais interrogés avec un minimum de précision et d’honnêteté intellectuelle, les choses sont différentes ! Dans le cadre du référendum sur le Brexit, c’est encore le populisme le grand gagnant. En effet, on n’a jamais vu (ou en tout cas pas moi) une campagne à ce point basée sur des mensonges éhontés, des promesses totalement irréalistes et des appels répétés au repli sur soi… alors que Londres par exemple, mais aussi tout le Royaume-Uni en fin de compte, sont parmi les plus flagrants exemples de multiculturalité, pour des raisons historiques évidentes. Nigel Farage, leader du UKIP (parti anti européen et xénophobe) a expliqué qu’il avait accompli sa mission (faire voter le Brexit) et pouvait donc retourner à son ancienne vie. Il a aussi clairement reconnu avoir menti tout au long de la campagne, fait une multitude de promesses totalement impossibles à tenir et n’a pas caché qu’il avait menti comme un arracheur de dents au peuple Britannique… en gros, que la fin justifiait les moyens. Après avoir obtenu ce qui restera sans doute une des pires décisions politiques et économiques pour le pays, laissant en plus la responsabilité de celle-ci sur les épaules du peuple ayant un fait un choix « démocratique », il a donc laissé un parti en pleine débâcle, mais aussi un pays plongé dans l’inconnu. Jamais un politicien n’avait reconnu avoir à ce point menti et utilisé toutes les méthodes de conviction jusqu’aux pires, pour ensuite prendre la fuite ! Pour en revenir aux citoyens anglais moyens qu’on interroge à présent, une majorité d’entre eux reconnaissent que leur vote serait différent… maintenant qu’ils « savent » et constatent surtout les premiers effets pervers du divorce avec l’Union Européenne. Si le referendum avait lieu demain, ce serait une vague de « non » ! Et je ne parle pas du pire : l’éventuelle adhésion d’une Irlande indépendante qui pourrait être acceptée au sein de l’Union après s’être séparée du Royaume-Uni, en le laissant avec presque 30% de territoire et de richesses en moins. Et ce n’est tout de même pas rien… Voilà comment, une fois de plus, les mensonges populistes, l’absence de programme réaliste, le tout allié à un homme politique sans vergogne et menteur éhonté, ont fait prendre à la perfide Albion ce qui restera sans doute comme l’une des pires décisions de son histoire moderne. En tout cas, les citoyens eux sont bien perdus et inquiets face à l’avenir dont, en fin de compte, ils ne savent strictement rien.

La France est en pleine vague populiste et c’est peu dire.

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Les français ont élu un Président tout beau, tout neuf… jeune et entreprenant, voici à peine cinq mois. Je n’ai évidemment pas l’intention de prendre position sur la politique d’Emmanuel Macron et encore moins sur son éventuel succès ou échec futur. Mais il y a tout de même quelque chose qui saute aux yeux, si on veut être un tantinet honnête avec les faits : dès le lendemain de son élection, tout le monde a commencé à le fusiller (presse comme politiciens), le conspuer, le critiquer, analyser le moindre de ses gestes, interpréter le moindre de ses mots… avec un manque d’objectivité si flagrant que c’est rapidement devenu ridicule. Les médias ont fabriqué Macron… et pourtant, dès son élection ils ont pris un malin plaisir à le critiquer à la moindre occasion : sur ses chaussures, sa femme, son arrivée à la pyramide du Louvres lors de son discours de victoire… À part sur le plan international, sans doute parce que la France retrouvait enfin un peu de prestige, on n’a cessé de se moquer de lui et de lui faire dire ce qu’en fait il ne disait pas… et les exemples seraient légions ! J’ai entendu un nombre fou d’analystes politiques habituellement crédibles, se perdre en conjecture et « analyses » ou « décryptages » tellement idiots, que je me suis demandé cent fois quelle mouche avait bien pu les piquer, pour leur faire perdre à ce point toute objectivité. C’est un peu comme s’il était interdit au chef de l’État de mettre en œuvre le programme sur lequel il a été élu, d’avoir un parti devenu puissant alors qu’il vient de nulle part ou de se faire une certaine idée de sa fonction. On lui reproche d’être jeune, d’avoir une belle gueule, d’avoir épousé une femme plus âgée que lui, d’être jupitérien, d’être cultivé ou d’aimer pratiquer la langue française ! Tout est bon pour faire croire qu’il insulte, qu’il méprise… alors que, si on écoute vraiment ce qu’il dit, il manque parfois de tact mais ne peut en aucun cas être accusé d’avoir insulté le peuple français. Le meilleur exemple de manipulation de ses mots est le fameux épisode des « fainéants » ! Tout le monde a voulu faire croire qu’il parlait des français, des chômeurs… alors qu’il évoquait (maladroitement, c’est vrai) les politiciens, qui selon lui seraient resté immobiles depuis de décennies. Et il n’en était pas à son coup d’essai, puisqu’il avait déjà clairement utilisé ces mots précis dans une interview datant de cinq ans… CQFD. Presse comme adversaires, personne n’a relevé ceci et c’est pourtant indiscutable. Et puis, personne ne souligne non plus qu’il est cette semaine en hausse de 5 points dans les sondages… Dans mon travail, je ne suis « pro » personne et « anti » personne non plus, je voulais juste relever des choses flagrantes. Car c’est bien là que débute en réalité le populisme… et les politiques n’en sont pas toujours les seuls responsables. Les médias, ou en tout cas ceux qui veulent ratisser large, semblent pris d’une frénésie anti macroniste depuis que le Président a décidé d’avoir la parole rare… ce qui a l’air d’avoir rendu très dure la dent de la presse ! Et ce ne sont pas Monsieur Mélenchon ni Madame Le Pen qui rétabliront l’équilibre en la matière. Eux proposent les choses les plus incroyables, les plus irréalisables et ingérables qui soient, juste pour rallier à leur « cause » que personne ne connaît vraiment, un maximum de colères diverses et variées ! Parfois, qu’ils le veuillent ou non… dans les faits et rien que les faits, médias de masse et politiciens deviennent alliés objectifs… mais sans la moindre objectivité !

Donal Trump : le populisme le plus dangereux.

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Mais, si Jean-Luc Mélenchon est un homme extrêmement populiste, il est néanmoins sympathique. De l’autre côté de l’Atlantique, c’est autre chose… Ils ont Donald Trump ! Et là, on est dans le populisme poids lourd et extrêmement dangereux. Tout le monde est à présent convaincu que la campagne présidentielle américaine a été manipulée de différentes manières, même si les résultats de toutes les enquêtes ne sont pas encore connus. Le prestigieux New-York Times prépare un très gros dossier et il n’a pas l’habitude de lever des lièvres inexistants… En tout état de cause, le Président américain a basé sa campagne sur un populisme sans limite. En plus des promesses inconcrétisables, allant jusqu’à promettre aux américains que le Mexique payerait pour dresser un mur à sa frontière… il a poussé l’art de l’injure et de la diffamation à un point jamais encore atteint dans une campagne présidentielle US. Et pourtant, on sait qu’elles sont généralement violentes. Avec Trump, on a atteint des sommets ! Non seulement il passe presque plus de temps sur les terrains de golfs de ses prestigieuses propriétés partout dans le pays, mais on sait par une interview à Reuters qu’il s’ennuie de son ancienne vie, qui lui manque beaucoup… On dirait donc qu’après avoir gagné son pari de gosse gâté et être parvenu à la Maison Blanche, il s’est rendu compte que la politique est bien plus compliquée qu’il ne le croyait. Alors, il passe sa vie sur Twitter et règle ses comptes avec le monde par petit messages assassins, insultants et haineux, qu’il distille sur le réseau social devenu le plus célèbre du monde. Il menace un pays (dont le dirigeant n’est pas un ange, c’est vrai) de destruction totale, traite les joueurs de foot qui protestent contre le racisme de « fils de putes » … et continue à tenir des meetings à travers les États-Unis, comme s’il était encore en campagne. Comme toujours, il lance des promesses qu’il ne tiendra jamais, juste pour plaire à ceux à qui il s’adresse, quitte à se dédire le lendemain devant un nouvel auditoire. Le Trumpisme est devenu une sorte d’école du populisme poussé à son paroxysme et il inquiète désormais le monde entier.

On pourrait multiplier à l’envi les exemples de populistes arrivés au pouvoir depuis quelques mois ou années, grâce à des promesses folles et malgré un manque total de vision ou de programme politique destiné à combler les manquements affirmés de leurs adversaires. Sommes-nous devenus à ce point sourds et aveugles, incapables de réfléchir par nous-même ou de filtrer ce qui nous semble réaliste ou non, que nous poussons dans les parlements ou à la tête de nos États, des gens qui passent leur vie à nous manipuler et à accuser les autres de le faire ? Il faut espérer qu’une nouvelle génération se prépare, qu’elle portera de vraies valeurs et une réelle passion pour ses concitoyens et surtout… qu’elle ne tardera pas à grandir et à se présenter à des élections, afin que le réalisme et le sens du bien commun prennent la relève du populisme. Enfin, n’oublions pas que ce populisme attise la colère, que la colère provoque la haine et que la haine engendre les violences…

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Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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