Beaucoup de grincheux avaient enterré les Diables Rouges avant même la fin des phases de poules du Mondial russe… Eh bien, ils en sont pour leurs frais, puisque nous joueurs se sont non seulement qualifiés pour les huitièmes de finale après deux matches (grâce à la victoire de l’Angleterre sur le Panama), mais encore… ils l’ont fait avec la manière et c’est unanimement salué par la presse de toute la planète foot ! Bien entendu, personne ne prétendra que la première victoire des Diables a été acquise avec panache contre le petit Poucet Panaméen, mais elle a eu le mérite de nous offrir trois buts. À ce petit jeu, seuls les hôtes Russes ont fait mieux. Et puis, il y eut un certain « Belgique – Tunisie », où les Diables ont décidé d’enfin se montrer sous leur jour le plus… diabolique et en 90 minutes, les voilà repassés d’un timide statut d’outsiders à celui de « parmi les favoris ». Un honneur que refuse net le coach Martinez et qui n’intéresse pas nos joueurs, concentrés sur leur prochaine rencontre face aux sujets de Sa gracieuse Majesté… dont un certain Harry Kane.

La Belgique en tête des équipes buteuses, avec la Russie et l’Angleterre.

On en a entendu, des chroniqueurs sportifs et pseudos « observateurs avertis » grincheux, se plaindre du manque de flamboyance des Diables Rouges ou encore des problèmes de défense ! Ils disaient surtout que les Diables ne constituaient pas une véritable équipe, avec un état d’esprit conquérant et solidaire. On lisait aussi partout que cette génération dorée ne serait finalement jamais aux plus grands rendez-vous, qu’en clubs nous avions des stars mondiales, mais qu’elles n’étaient pas capables d’évoluer ensemble en sélection… et on vous en passe. Au lendemain de la victoire contre le Panama, les mêmes empêcheurs de célébrer en rond ont eu une réaction pincée. On eut dit qu’ils se bouchaient les narines, comme si les trois buts, signés Romelu Lukaku (doublé) et Dries Mertens (un des plus beaux de la compétition jusqu’ici) ne sentaient pas bon la victoire. Ils se sont donc plaints : adversaire de pauvre qualité, manque d’enthousiasme, de réalisme et d’automatismes… Bref, les journalistes ne parlaient quasi pas du score, mais seulement de ce qu’ils n’avaient pas été convaincus par la prestation belge. C’était franchement à pleurer ! Au lieu de soutenir l’équipe nationale, de la féliciter pour avoir planté trois jolis buts en Coupe du Monde, de souligner la fulgurance du geste technique de Mertens ou la puissance de Lukaku… il fallait qu’ils se plaignent encore. Mais, les joueurs n’ont pas tenu compte de ce peu d’enthousiasme et sont montés sur le terrain pour y affronter la Tunisie, gonflés à bloc. Oh, on a encore dit que ce n’était pas l’adversaire de référence… et certes, ce n’est pas le Brésil. Mais les Diables Rouges se sont montrés conquérants, les tunisiens futés et agressifs… ce qui n’a pas empêché les belges de marquer cinq beaux buts. Deux doublés de Hazard et Lukaku (encore lui), mais aussi une belle reprise signée Michy Batshuayi ! Romelu rejoignait alors Ronaldo en tête du classement des buteurs (quatre réalisations chacun, mais dépassés depuis par Kane et ses 5 buts). La Belgique quant à elle, prenait la tête des équipes buteuses aux côtés de l’hôte russe ! Les grincheux se sont tus, les fans étaient aux anges et la presse internationale s’est emballée pour cette belle équipe de Belgique. Les titres étaient dithyrambiques et tout le monde s’est alors souvenu que les Diables Rouges méritaient une place parmi les favoris. Rien n’est gagné, mais notre équipe a retrouvé son rang légitime et c’est sans doute son réel départ dans ce Mondial russe. Il lui reste donc à prouver à tous, à commencer par ses supporters, qu’ils sont dignes de la passion noire, jaune et rouge qu’ils ont enfin déclenchée dans tout le pays. Il est temps aussi de tous nous unir derrière eux car notre devise nationale le dit clairement : l’union fait la force !

Le vrai test est pour jeudi et pourtant tout le monde spécule : la Belgique doit-elle laisser la première place du groupe à l’Angleterre ?

Maintenant que la Belgique est enfin sur les rails de sa Coupe du Monde, les grincheux ont bien arrêté de se plaindre, mais c’est pour commencer à spéculer. En effet, jeudi les Diables Rouges seront à nouveau sur la pelouse et cette fois, personne ne pourra dire que l’adversaire n’est pas de taille. L’Angleterre et son terrible buteur Harry Kane, seront en face et tout le monde se le dit : « voilà enfin le match de référence tant attendu »… Ce sont nos Diables qui sont attendus au tournant ! Dans la presse du monde entier, la rencontre est présentée comme une tête d’affiche et tous craignent les belges. Même dans le presse anglaise, les titres sont à la fois méfiants et admirateurs de cette équipe qui a enfin marqué les esprits. Outre-Manche, on connaît bien les Hazard, De Bruyne, Kompany… On sait aussi à quel point ils ont du talent et on s’est rendu compte que les Diables sont bien à présent une équipe. Ils se sont enfin montrés solidaires, très solides mentalement, volontaires et surtout… on a vu qu’ils ont réellement pris du plaisir sur le terrain face à la Tunisie. Si nos joueurs sont libérés, il est évident qu’ils peuvent se confronter à n’importe quelle équipe et marquer beaucoup de buts ! Bien sûr, nous avons encore des faiblesses en défense, mais si nos attaquants restent dans cette belle dynamique et continuent à marquer, nous pourrons nous permettre d’encaisser l’un ou l’autre but en passant. Et puis, on oublie très souvent à quel point Roberto Martinez est fin stratège. S’il a laissé Kompany au repos tout en le reprenant dans les 23, ce n’est sans doute pas pour rien et notre ancien capitaine (toujours leader moral dans le vestiaire) pourrait venir rétablir ses fins réglages défensifs. L’équipe bénéficie de l’un des plus beaux bancs du monde et il faut compter avec lui et les talents qui le composent. Le coach l’a déjà annoncé : il y aura d’importants changements dans le onze de base pour la rencontre contre l’Angleterre. C’est aussi l’occasion de montrer à tous nos concurrents que nous avons le luxe de laisser Hazard, De Bruyne et même Lukaku sur le banc pour un match, sans craindre la correction. Si le stratège espagnol réussit son pari, il reviendra en héros ! Alors, si on lui faisait confiance ? Depuis qu’il a pris la tête de l’équipe nationale (août 2016) il compte en 21 matches 15 victoires, 5 nuls et une seule défaite. Des statistiques qu’il est tout de même difficile de critiquer… On sait aussi que son coaching est souvent gagnant en seconde mi-temps et il est fort probable que jeudi il fasse encore appel à sa science. Si les Diables sortent vainqueurs de la confrontation, on dira clairement qu’ils sont parmi les favoris. Mais, le match a déjà commencé dans les colonnes de nombre de nos confrères et une grande question semble se poser : les belges doivent-ils « laisser » la première place du groupe (autrement dit perdre), afin de s’assurer de ne pas rencontrer au tour suivant le Brésil ou l’Allemagne ? Si ces spéculations permettent aux éternels chroniqueurs et spécialistes désignés d’exciter leurs neurones, on peut croire que nos Diables sont loin de ce genre de considérations stratégiques (et fort peu sportives) ! Il serait vraiment étonnant de les voir monter sur le terrain en mettant le pied sur le frein… Comme l’a déclaré Axel Witsel, cela pourrait tout simplement briser la dynamique positive dans laquelle ils sont entrés. On les voit aussi très mal renoncer à une victoire en Coupe du Monde, juste pour éviter un adversaire. C’est au contraire l’occasion de montrer au monde entier qu’ils n’ont peur de personne et que justement, ils n’auront pas eu le pied léger alors que certains les croyaient capables de jouer la stratégie. Le sport est ce pour quoi ils vivent, ils veulent nous faire rêver et vibrer, nous offrir des émotions et nous devons leur monter que nous sommes tous là pour les porter le plus loin possible dans ce tournoi. Plus ils y avanceront et plus la Belgique s’enflammera. Tous ceux qui ont vécu la belle épopée de 1986 comprendront ce que je veux dire…

Alors, soyons prêts jeudi à respecter notre adversaire, à l’affronter avec toute la force des Diables Rouges et à fêter une superbe victoire, quel qu’en soit le score, du moment qu’il y a trois points à la clé. En Coupe du Monde, seul le résultat compte… et les deux nations sont en tête du groupe G. Chacune a marqué 8 buts, en a encaissé 2 et a donc un goal-average positif de +6, ainsi que… 6 points ! On peut difficilement imaginer égalité plus parfaite… En cas d’ex-aequo encore après la rencontre, la première place du groupe se jouera au fair-play et on comptera les cartons. Pour l’instant, à ce petit jeu c’est l’Angleterre qui finirait première. Et, si le match les ramenait aussi à égalité, la tête du « H » se jouerait alors sur… un tirage au sort, effectué par la FIFA ! Espérons que ce ne soit pas le cas et qu’un beau score conclura ce match, dont on attend beaucoup. Que le meilleur gagne… et espérons que la Brabançonne résonne plus fort que God Save the Queen.

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Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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