Bon… à l’heure où le véganisme rejoint le végétarisme au hit-parade des modes (ou tendances, pour ne vexer personne) alimentaires, on en oublierait presque que les bonnes tables spécialisées en viandes de qualité, ne sont pas légions. Du coup quand on en trouve une, on a forcément du plaisir à vous la présenter. Et s’il y en a deux sous la même casquette, c’est encore mieux ! Depuis plus de dix ans, vous connaissez peut-être l’enseigne Meet Meat, grâce au premier restaurant que Patricia et Philippe Wiener ont ouvert en plein cœur du quartier européen (rond-point Shuman). Alors que sa clientèle est très business et européenne (toutes les instances sont à deux pas), le couple de restaurateurs a décidé d’ouvrir une seconde maison à Uccle cette fois, plus familiale et où l’on peut prendre le temps de… prendre son temps. Leur but est que votre déjeuner ou dîner se déroule dans la plus grande détente et pour le garantir (le soir), il y a même un voiturier ! Bye-bye le stress du parking et c’est une idée royale… pour entamer idéalement une soirée en amoureux ou entre amis.

Le nom indique assez bien qu’ici (nous avons choisi le restaurant d’Uccle), on vient pour déguster de la viande, de la bidoche, bref de la barbaque et de la bonne ! OK, ça c’est pour le mot Meat (viande – NDLR) … Mais alors, pourquoi « Meet » (rencontre – NDLR) ? Ben, d’abord parce qu’on rencontre des voisins de tables ouverts et sympas et qu’ensuite on y trouve aussi Patricia (en tout cas lors de notre visite). Non seulement la maîtresse des lieux est belle comme un soleil, mais en plus elle sourit… tout le temps ! Quand elle parle avec amour de ses viandes, des poids que vous pouvez commander (200g, 250g, 350g, 500g, 750 grammes et plus, si ça vous chante) … en présentant sa superbe cave à vins, entièrement vitrée et devant laquelle les amateurs peuvent saliver… ou encore lorsqu’elle parle de la qualité artisanale du pain qu’elle sert… Patricia ne se défait jamais de son sourire et c’est le premier plaisir qu’on ressent au Meet Meat. Ensuite, place à la table ! Mais si l’envie vous prend de jeter un coup d’œil en cuisine, rien ne l’interdit puisqu’elle est visible depuis la salle… et ça met toujours en confiance le nouveau venu. Côté vins, j’ai opté pour un Sancerre 2015 Le Chêne Marchand (Maison Thierry Merlin Cherrier) à 39 € (7,50 € au verre 150 ml) et Murielle pour un vin rouge organique argentin Malbec 2015, Domaine Bousquet Réserve (35 €) (7 € au verre).

La carte n’est pas que carnassière, il y a aussi une bien agréable cuisine du monde.

Tartare de thon à la japonaise 14 €

Murielle et moi avons choisi de prendre la même entrée. Sans doute que nous avions envie de fraîcheur par ce joli premier jour vraiment printanier dans la capitale… le Tartare de saumon à la japonaise (14 €) nous a tout de suite fait de l’œil et nous avons craqué. Moi, quand vous prononcez le mot « japonais » dans un restaurant, mes papilles entendent dans l’instant « algues », « wasabi » et autres saveurs bien identifiables. Du coup j’en ai eu réellement envie, tout en me demandant comment mettre un tartare de saumon à « la sauce » japonaise… Et je n’ai pas été déçu. Finalement, en voyant arriver l’assiette d’un beau dégradé de turquoise et de bleu océan, j’ai eu l’impression instantanée qu’on me servait un énorme sushi ! Quand je dis « énorme », je peux en tout cas vous garantir qu’il faut un solide appétit pour en venir à bout, sachant qu’une grosse (voire très grosse) pièce suivra… Le poisson est super frais, ça se ressent à la mâche et se voit à la belle couleur vive de sa chair, impeccablement découpée au couteau. Ni trop fin ni trop épais, le saumon a une saveur franche et est légèrement parfumé au sésame… c’est très rafraîchissant et les lamelles d’algues, ainsi que le wasabi (excellent par ailleurs) donnent en les réunissant en une bouchée, la réelle impression de déguster un sushi. Un petit morceau de gingembre frais finit de m’envoyer à Tokyo pour un court instant. Personnellement j’ai essayé une ou deux bouchées avec un peu de jus de citron vert et j’ai préféré sans… mais c’est ma fidélité à l’esprit nippon, sans doute. Une entrée intéressante et qui met de bonne humeur mon appétit… Murielle affiche un sourire qui me fait comprendre que ses papilles et les miennes chantent la même mélodie.

Viande argentine cuite sur grill argentin… Tango, tango !

Filet pur argentin – 200 gr – 25,50 €

Euh, oui mais… non, enfin… dis, c’est quoi un grill argentin ? Ça danse le tango ? Mais non, cabessa de patata, ça cuit la viande tout en délicatesse, caramba ! Ah, OK Pepito… Déjà pendant que je jetais un œil pas très discret en cuisine, Tiago le chef de salle armé lui aussi d’un grand sourire, me parle recta du grill argentin et m’en explique en quelques mots le principe. J’enregistre bien dans ma petite tête et quelques instants plus tard, Patricia me parle… du grill argentin. En fin de compte, c’est effectivement une technique de cuisson nettement moins agressive que le grill ou le barbecue à grille traditionnelle. Ces dernières sont en général fabriquées en métal rond, d’un diamètre raisonnable pour affronter le feu sans virer au rouge en quelques minutes… et le contact de la viande avec les flammes peut agresser la chair de votre magnifique filet pur et le transformer en morceau de charbon, si vous avez ne fut-ce qu’une minute d’inattention ! Tandis que le grill argentin est composé de « lames » parallèles en métal aussi, mais dont le profil forme un « V » ouvert sur le haut… La viande évite ainsi tout contact direct avec la flamme et j’imagine que la goulotte formée par le profil récupère aussi une bonne partie des sucs qui du coup, ne flambent pas et évitent à la viande la rencontre directe du feu. Bref une cuisson presque lente et qui, bien maîtrisée, prenait pour Murielle la forme d’un beau Filet Pur de 200 grammes (25,50 €), cuit pile-poil comme elle l’avait demandé : saignant plus (un tout petit peu plus cuit que saignant). Ici, vous pouvez demander 8 cuissons différentes… de quoi satisfaire tous les palais. Tiago m’a même raconté avoir eu un jour une demande pour une pièce de bœuf… cru ! Si, si… mais une seule fois. Ça prouve en tout cas qu’il fera tout pour vous servir exactement ce que vous attendez. Directement venu d’Argentine, le filet pur était fondant et savoureux, même si ce n’est pas mon genre de cuisson. La sauce choron (3 €) maison a beaucoup plu à Murielle, les frites aussi et la salade d’accompagnement était ma foi copieuse.

Entrecôte argentine – 250 gr – 22,50 €

Pour moi, ce sera une Entrecôte (22,50 €), argentine of course… j’apprécie tout particulièrement ce morceau pour son persillage, qui le rend plus savoureux et moelleux que d’autres, légèrement gras. La qualité était au rendez-vous, mais je n’en doutais plus un instant… Là aussi, j’aurais pu choisir des poids différents selon mon appétit : 300, 500, 750 grammes et plus. Pour moi, 250 grammes étaient juste ce qu’il fallait après mon entrée copieuse. Par gourmandise, j’avais choisi une sauce Archiduc maison (3 €) … fraîche, onctueuse, impeccable et un peu corsée, grâce à un fond très réussi. Un vrai plaisir et j’en prends rarement ! Les frites n’étaient pas grasses et croustillantes, moelleuses à cœur… rien à dire. Mais Patricia m’avait réservé une petite surprise et m’a apporté une portion de Chimichurri à l’ail. C’est une sauce argentine que j’avais déjà goûtée au Nueva Buenos Aires et celle-ci valait la première. Je précise qu’au Meet Meat on ne revendique pas une fausse identité argentine, contrairement à la belle maison chaussée de Waterloo, où les adorables propriétaires sont bel et bien argentins, du cœur au bout des doigts. Par contre, vous trouverez à la carte quelques clins d’œil et la viande servie ici ne vient quasi que d’Argentine et est travaillée selon un vrai savoir-faire qui « vient de là-bas ». Nous en reparlerons… Mon déjeuner se terminait en tout cas par du pur plaisir carnivore ! Et vous savez combien j’aime les poissons…

En conclusion, j’ai découvert une maison où le sourire est roi et la viande reine absolue. Comme nous y avons déjeuné (j’ai quand même clôturé mon repas sur un parfait Irish Coffee – 8,50 €), j’avais très envie de revenir pour vous présenter l’endroit paré de ses lumières de soirée… Je ne tarderai donc pas à y retourner et cette fois, nous aurons une approche beaucoup plus « technique ». En effet, le Meet Meat propose des techniques de découpe spéciales et très particulières, des viandes aux identités gustatives différentes et dont le choix est varié. Les vins se coordonnent parfaitement avec vos choix d’assiette, toujours sur les conseils plus qu’avisés de Patricia, si vous préférez vous référer à sa large culture dans le domaine. Voilà pourquoi nous avons intitulé ce premier article « épisode 1 – le déjeuner ». Très prochainement, nous vous ramènerons donc à Uccle, pour y dîner cette fois et rencontrer la maîtresse des lieux ainsi que son mari Philippe… et parler avec eux « viandes » sous toutes leurs coutures, j’allais dire « de l’entrée au dessert » et c’est presque ça… En tout cas si vous êtes carnivore, cet endroit est fait pour vous et vous y rencontrerez certainement tous les plaisirs que vous en attendez ! Nos 4 clics sont mérités, étant donné la spécificité des produits, leur qualité et leur variété. Rendez-vous très bientôt, pour l’épisode 2.

Site officiel : www.meetmeat.be

Notation Clic Infos : 4 Clics
(1 Clic = moyen – 2 Clics = correct – 3 Clics = Table de qualité – 4 Clics = table de grande qualité – 5 Clics = Table d’exception).

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About Author

Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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