On connaît peu les auteurs nippons et nous n’abordons souvent le Japon de l’édition que sous l’angle des mangas. Le pays du Soleil Levant a pourtant une littérature moderne riche, faite des mêmes grandes catégories que celle de l’occident : anticipation, thrillers, romans tragiques, fresques historiques ou histoires à l’eau de rose… Keigo Higashino est un vrai maître du roman policier et Les doigts rouges est parfait pour aborder une première fois son travail. Non seulement l’intrigue est solidement ficelée, mais son style est ciselé, fin, fait de mille et un détails qu’on ne relèverait pas dans la littérature occidentale. C’est terriblement descriptif, on peut presque dire contemplatif. Et pourtant, ne vous y surtout trompez pas, on ne s’ennuie pas une seconde et le lecteur est en haleine jusqu’au dernier mot. Les personnages sont psychologiquement riches, parfois un peu effrayants, tant ils pourraient être banals à « mourir ». Sauf que…

Les doigts rouges

Si vous êtes fan de thrillers, des romans policiers, celui-ci risque bien de vous emballer. L’auteur japonais Keigo Higashino est un Maître incontesté de ce genre littéraire. Les doigts rouges racontent La vie d’un homme « ordinaire », vivant à Tokyo et dont l’existence va basculer, alors que rien ne le laissait présager. Cet employé qui vit avec une femme froide, un fils ingrat et une mère sénile, voit tout son univers basculer quand son épouse l’appelle à son bureau, chose tout-à-fait incongrue car dans la vie de cette famille tout est réglé comme sur du papier à musique. Tout y est habituel et chaque jour c’est le même rituel. Une vie comme celle que mènent la majorité des gens, sauf que dans cette famille… le fils Naomi, un ado de 14 ans, vient de tuer une petite fille dont le cadavre se trouve dans le jardin de la maison familiale. De là, tout s’enchaîne : le père prend les choses en main et accepte de poser des gestes graves, face aux suppliques de son épouse qui veut à tout prix protéger leur fils, dont lui ne se sent pas vraiment proche. Lorsque la police trouve le corps de l’enfant dans les toilettes d’un parc, l’inspecteur en charge de l’enquête « sentira » assez vite que cette famille est liée au crime, d’une manière ou d’une autre. Acculé, le père n’aura plus qu’une solution pour sauver sa famille des ennuis et préserver par la même occasion l’honneur de son fils et des siens. À votre avis, que fera-t-il ? Que peut-il inventer pour se sortir d’affaire ? Vous le découvrirez en lisant ce très bon roman, qui vous tiendra en haleine de la première à la dernière ligne. L’auteur décrit tout, explique tout et emmène le lecteur dans une atmosphère qui lui est personnelle. Son écriture est sensible, intimiste et descriptive… Au début on est un peu dérouté par cette manière toute asiatique de narrer les choses, de les décortiquer. On découvre le Japon moderne des familles de classe moyenne et ceux qui connaissent Tokyo y retrouveront une ambiance, des sensations qui les auront marqués là-bas. L’univers d’Higashino est construit comme une dentelle, les personnages sont attachants et un peu agaçants à la fois. C’est vraiment un genre qui accrochera les amateurs d’enquêtes minutieuses et rigoureuses, faites de moult petites choses qu’on a des difficultés à expliquer. Il faut vraiment se plonger dans le roman et découvrir cet auteur ! Mais attention, vous risquez bien de chercher rapidement ses autres ouvrages…

Les doigts rouges
Auteur : Keigo Higashino
Éditions Actes Sud – collection actes noirs : www.actes-sud.fr
Format : 13,5 x 21,5 cm
Pages : 240
Prix : 21,80 €
Version numérique : 14,99 €
Notation de Serge : 3 clics

La notation de Serge Fige pour les livres :
1 clic = Aucun intérêt
2 clics = Accessible à tous
3 clics = Très intéressant
4 clics = À lire absolument
5 clics = Chef-d’oeuvre

Share.

About Author

Il a déjà une longue expérience dans le domaine de la presse Internet, mais il a aussi passé trois années dans le presse hebdomadaire écrite. C'est un spécialiste du bien-être et de ses nombreuses techniques. Ce maître Reiki apporte à l'équipe sa sérénité et son humour, qu'on retrouve dans sa manière de raconter ce qu'il vit, tente, expérimente et partage.

Comments are closed.