On en parlait depuis longtemps, de cet énorme chantier… et voilà son résultat bel et bien là, installé dans Paris et qui compte devenir l’un des hauts lieux culturels de la capitale française. Outre son architecture, il a une grande particularité identitaire, puisque c’est la première fois qu’un tel projet est le fruit d’un partenariat public – privé. Ca n’a l’air de rien, mais cela représente une sorte de révolution culturelle en soi. Reste à savoir quel « petit nom » les parisiens donneront bientôt à ce nouveau lieu… La Seine Musicale est son identité officielle, mais d’autres appellations ont déjà la préférence populaire. Cela commence par « l’île Seguin » puisqu’il s’y situe et côtoie quelques souvenirs de Renault, il y a aussi « le paquebot », du fait de la forme générale du bâtiment et de sa situation sur la Seine… ou encore « l’œuf », du fait de la forme de son énorme bulbe à croisillons. Ceci étant dit, si les riverains lui donnent un nom affectueux, cela signifiera qu’il est réellement adopté et pas seulement par les amateurs de toutes les musiques. Personnellement, je trouve que l’ensemble « a de la gueule »

Partenariat public – privé, la première « première » de la Seine Musicale.

Coming Chic - Seine Musicale

Coming Chic – Seine Musicale

Si nous ne parlons pas de politique sur Clic Infos, nous avons tout de même la correction de signaler la paternité des fondateurs de beaux lieux, sans pour autant citer le parti auquel ils appartiennent, quand ils sont politiques. Dans le cas de ce projet, auquel tout le monde semble souhaiter un avenir rayonnant au-delà de la Seine et des frontières de l’Hexagone, c’est le député Patrick Devedjian qui en est à l’origine et qui voulait donner à son département (les Hauts-de-Seine) un coup de jeune culturel et, surtout ce fameux rayonnement. Il faut dire qu’on retrouve plus souvent les H.D.S en Une de la presse pour des événements tristes ou violents, et c’est tout de même là une plus belle image. Il reste à espérer que ce magnifique lieu et ses incroyables installations serviront aussi à la population départementale. Mais j’en reste là, pour ce qui concerne les leçons de morale… Le chantier était quelque peu pharaonique et la construction a coûté la bagatelle de 170 millions d’euros ! La Seine Musicale est donc la première (d’autres suivront peut-être) institution culturelle à devenir le fier résultat d’un partenariat public – privé (PPP). Le Département a financé à hauteur de 210 millions et le reste a été « porté au pot » par des partenaires privés. Impossible de connaître cependant les futurs coûts de fonctionnement de cet énorme complexe qui, au bout de trente ans, reviendra définitivement au Département. Patrick Devedjian dit le contrat complexe et affirme qu’il est beaucoup trop difficile d’en donner « pour l’heure » le détail… « Les chiffres seront publiés plus tard »… Voilà qui redevient un langage politique… contentons-nous donc du culturel.

La Fête de la Musique toute l’année ?

Coming Chic - Seine Musicale

Coming Chic – Seine Musicale

Il faut savoir que Jean-Luc Choplin, qui a été placé à la tête de ce navire culturel, est issu d’une entreprise du Groupe TF1, qui fait partie des gros actionnaires comme la Sodexo, par exemple. Tout l’équipage s’enthousiasme comme un seul homme et affirme que « la Seine Musicale, c’est avant tout un esprit de fête, une aventure, un lieu où toutes les musiques sonnent et dissonent »… Sur papier c’est plutôt prometteur et cela pourrait créer un lieu « décloisonné » et « multi identitaire » musicalement parlant, ce qui à mon sens signifie aussi « riche ». Jean-Luc Choplin est un peu l’amiral, le Pacha qui a tous les pouvoirs et nous verrons ce qu’il fera de ce bâtiment musical de première classe, doté de deux salles. L’une est très grande et sa capacité peut varier de 4.000 places assises à 6.000 debout. L’autre, plus petite, est un auditorium de 1.150 places qui accueillera entre autres des résidences, dont celle de Laurence Equilbey et de son Insula Orchestra, un ensemble d’instruments d’époque créé en 2012, avec le soutien du Département. Gageons que de nombreux artistes tenteront de pouvoir aussi y tenir résidence, ce sera à suivre du coin de l’œil… ou de l’oreille. Certains ensembles sont déjà désignés d’ailleurs, comme la Maîtrise des Hauts-de-Seine, un chœur d’enfants fondé en 1985 et dirigé par Gaël Darchen.

Une programmation éclectique et accessible à tous est annoncée.

Coming Chic - Seine Musicale

Coming Chic – Seine Musicale

Aux côtés du co-président, c’est Laurence Equilbey qui aura la responsabilité de programmer une quarantaine de concerts par an. Schhhhht, les mauvaises langues… c’est vrai qu’elle est en résidence dans les murs, mais il ne faut pas y voir malice, ce sont des pratiques courantes. Elle a déjà annoncé des formats assez inédits : des concerts « flash » ou au contraire « fleuves »… des sets d’une heure, assortis d’« avant-concerts » et d’« after », spécialement à destination des 17 – 26 ans. L’idée semble bonne en tout cas. Seront à l’affiche Schubert (des lieder avec orchestre), Haydn (La Création, mise en scène par les catalans de La Fura dels Baus), un « Festival Mozart maximum » est aussi au programme. Sur le paquebot de l’île Seguin, le contre-ténor Jourrousky viendra animer sa propre académie musicale, qu’il considère comme un projet à caractère pédagogique (ben, heureusement) et social (ah, ouf). Il espère ainsi pouvoir aider une cinquantaine de chanteurs et de musiciens issus des conservatoires à se faire une place dans le monde de la musique classique, et ça c’est une bonne idée (crois-je modestement). Espérons qu’elle ne sera pas dénaturée par la force des choses et des pressions, donc rêvons juste que tout ira bien ! Rendre la musique accessible au plus grand nombre (ils disent à tous) est le vrai crédo de la Seine Musicale et il semble que de gros efforts soient consentis dans ce sens. L’auditorium accueillera du jazz, de la world music, des musiques électroniques, des opéras de chambre, des collectifs d’artistes et des spectacles de création, qui mélangeront musique et vidéo. On annonce Haendel et Hendrix pour l’Ensemble Matheus, Rossini et les dessins animés de Tex Avery, des « battles » d’orchestres (parfois même à distance), des feuilletons musicaux (un peu comme des séries télé) et des concerts promenades… On parle aussi de musique de jeux vidéo, de musique des îles« Rien ne sera interdit et tout le monde sera traité à égalité » a expliqué l’Amiral Choplin.

Beaucoup de coopérations internationales, en connexion avec les hauts lieux culturels mondiaux de la scène.

Si je plaisante un peu sur la fonction d’amiral, c’est parce que Jean-Luc Choplin semble vraiment avoir tous pouvoirs, puisqu’il est seul à la direction du « Big Concert Hall ». Il prévoit deux ou trois gros spectacles par an : théâtre musical, comédies musicales (un des piliers de la programmation), mais aussi du rock, de la variété française (la vraie de vraie avec Michel Sardou). Sont également annoncés un festival sud-africain avec l’Opéra de Cape Town, la compagnie de danse d’Alvin Ailey en juillet et le fameux West Side Story de Bernstein à l’automne. Un programme riche et varié il faut le reconnaître, et cela met l’eau à la bouche. La première création « maison » sera une comédie musicale tirée du film Mon nom est Tsotsi (Gavin Hood), mais il y a aussi des projets avec l’Afrique de l’Ouest, Bollywood, le Brésil… parmi d’autres sûrement, que Jean-Luc Choplin garde encore secrets, pour ne pas dévoiler tous ses atouts. Il insiste d’ailleurs sur la vocation internationale de ce nouveau lieu, qui est aussi ultra connecté avec les nouveaux « performing arts centers » à travers le monde. Il pense aux lieux de spectacles multicartes, comme le Culture Shed de New York, qui ouvrira en 2019, mais aussi aux grands festivals, événements musicaux et chorégraphiques à travers les autres continents. Clairement, la Seine Musicale veut aussi accueillir les musiques migratoires, être en dialogue constant avec la scène culturelle et elle a également pour vocation de soutenir la pratique des amateurs de tous horizons, musicaux ou de la danse. Elle bénéficie de nombreux studios de répétitions et d’enregistrements, une rue couverte de 230 mètres la parcourt, avec ses boutiques et restaurants. Elle propose aussi des installations de plasticiens et des expositions. Finalement, ce nouveau lieu veut prouver qu’un modèle culturel basé sur le lien public – privé peut être à la pointe de la dynamique artistique et de service public à la fois. Avec 200 « levers de rideaux », la Seine Musicale espère clairement attirer un large public, faire de l’endroit une réelle destination et pas seulement un simple lieu de concerts. C’est ambitieux, mais cela doit mettre bien des parisiens en appétit… Allez, place à l’apéro dès le 22 avril avec THE AVENER + THE SHOES DJ SET à 21H30 !

Site officiel, billetterie : www.laseinemusicale.com

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