Ce samedi soir, le premier ministre belge Charles Michel a acté la départ de la NVA du gouvernement. Le parti de Bart de Wever quitte donc la "suédoise" sur le Pacte de l'ONU pour une immigration responsable et fait chuter le gouvernement en place depuis quatre ans. Charles Michel ira à Marrakech signer le pacte au nom de la Belgique et d'une "alliance responsable orange-bleue" a déclaré le Premier dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des Ministres restreint de samedi soir. Il mènera des consultations politiques à son retour du Maroc.

L’HoReCa (hôtellerie, restauration, cafés) … un monde souvent mystérieux, parfois considéré comme une industrie un peu maffieuse ou à tout le moins dirigée par quelques familles ou grands propriétaires, financiers plutôt qu’issus des professions originelles. Bruxelles est durement frappée par un nouveau scandale qui voit 11 maisons emblématiques (des restaurants et de grandes brasseries) déclarées en faillite et 160 emplois directs menacés. Au cœur de cette nouvelle « affaire » les frères Beyaz, qui entraînent dans leur chute financière quelques-unes des plus belles et célèbres enseignes de la capitale. Certains « sages » de la profession semblent prêts à monter au créneau pour tenter de sauver les équipages du naufrage, dont le célèbre mais discret Rudy Vanlancker, propriétaire de Chez Léon, dont nous vous proposons l’interview exclusive !

Voici une interview Exclusive Clic Infos de Rudy Vanlancker. Le propriétaire du célèbre restaurant Chez Léon répond à nos questions, suite à la déclaration de faillite de 11 des plus belles maisons bruxelloises. Modeste et peu donneur de leçons, son avis nous semblait cependant important, tout comme son expérience. (Mr Vanlancker tenant son téléphone en main, l’image n’est pas toujours stable – NDLR).

Onze maisons… closes pour le Tribunal.

Les « Brasseries Georges », « La Maison du Cygne », « La Brasserie de l’Ommegang », le « Manhattan », le « Paon Royal », le « Café de l’Opéra », le « North Express », « La Pergola », « La Brasserie de Bruxelles », « La Chaloupe d’Or » et le « Frederiksborg » … ont été ce mardi déclarées en faillite. Dans cette liste, quelques maisons parmi les plus prestigieuses, les plus connues ou populaires de la capitale de l’Europe ! Certaines font partie de mes souvenirs de jeune adulte, comme la Chaloupe d’Or et plus tard la prestigieuse et gastronomique Maison du Cygne, chacune sur la Grand-Place. Et il faut noter que toutes sont, de près ou de loin, concernées par les deux frères Beyaz. Notre but n’est pas ici de juger leur travail d’hommes d’affaires, ce n’est pas notre rôle et la Justice est là pour ça… Mais, des requêtes en réorganisation judiciaire avaient été déposées assez récemment concernant les enseignes en difficulté, toutes dépendant d’une façon ou d’une autre de leur gestion, faisant partie de ce que d’aucuns appellent l’Empire Beyaz. Les administrateurs provisoires nommés par le Tribunal du Commerce Francophone de Bruxelles, ont bien vite été forcés de constater que la situation des entreprises qu’on leur demandait de diagnostiquer était bel et bien celle de la faillite. Les frères Beyaz quant à eux, ne se seraient pas présentés au cours de la procédure, ce qui a évidemment suscité de nombreuses interrogations. Pas vraiment parmi les professionnels, puisque j’entendais très récemment certains d’entre eux parler de la situation et ils ne semblaient rien ignorer de la structure financière passant par une holding basée au Grand-Duché de Luxembourg, de la situation interne ou du non-paiement des salaires depuis trois mois au moins… Bref, comme dans tous les « milieux », les choses se savent rapidement !

Une situation catastrophique en interne.

Et en effet, d’après des sources contactées par nos soins et confirmées par le journal l’Écho, ce ne sont pas moins de 160 employés qui ne sont plus payés depuis le mois de décembre dernier et on imagine la terrible situation d’autant de familles, plongées dans un total désarroi. Pour l’ensemble des établissements concernés par ces faillites, rien que la dette auprès de l’ONSS (Office National de Sécurité Sociale) représenterait la colossale somme de 3,5 millions d’euros. Pour la seule et très prestigieuse Maison du Cygne, cela représenterait pas moins de 800.000 €. Autrement dit, la Sécurité Sociale n’était plus payée depuis environ quatre ans, ce qui n’est certes pas un exemple de saine gestion, surtout quand on sait qu’elle fera partie des créanciers prioritaires, passant donc bien avant les salaires… Les administrateurs nommés par la Justice se sont aussi rendus compte que dans la plupart des cas, les assurances incendies n’avaient plus été réglées depuis quelques temps non plus, ainsi que d’autres charges de base. On imagine donc que le passif global doit être énorme et la question de la reprise sera très vite sur la table, si on veut sauver tout ou partie des emplois qui sont bel et bien menacés, pour ne pas dire condamnés si rien ne change dans les prochains jours… Une catastrophe encore jamais vue pour l’HoReCa bruxellois ! Question image, ce n’est pas top non plus… Des maisons connues internationalement comme les Brasseries Georges, la Maison du Cygne ou la Chaloupe d’Or, pour ne citer que les plus célèbres, vont immanquablement souffrir de cette situation et leur image risque bien d’être durablement ternie. La presse financière ne fait en effet pas partie des plus romantiques et les chiffres y sont souvent considérés comme plus importants que les vies qui se cachent derrière…

Mais, qui pour reprendre le flambeau ?

Quand on évoque plus de dix enseignes, ça ne rigole plus… on parle vraiment d’un énorme package ! Mais qui pourra (ou voudra) donc reprendre tout ça ? Quand on pense aux dettes, plus les salaires, charges, investissements ou encore fournitures… on entrevoit des montants astronomiques. Deux noms semblent pourtant tenir la corde pour l’instant, mais il faudra voir ce qu’ils sont prêts à reprendre et à quelles conditions. Albert Michiels (Restauration Nouvelle) et Thierry Van Damme (Ambiance Brasserie) sont assez régulièrement cités. On a aussi parlé de Serge Litvine (qui possède quelques enseignes très connues, dont la Villa Lorraine), mais il n’a pas l’air aussi intéressé qu’on voulait le croire et considère que, même s’ils sont bien situés, ces établissements « n’ont pas été très bien gérés ». D’autre part, seuls certains lieux dirait-on, auraient pu l’intéresser. On en revient donc aux précités, déjà rois de la brasserie puisqu’ils comptent à eux deux pas moins de 26 restaurants et emploient 430 personnes. Certains experts du secteur semblent penser qu’ils devraient forcément être intéressés par ces enseignes, dont plusieurs sont aussi connues des habitants que des touristes et… en avoir les moyens. Mais, la question qui brûle sans doute bien des lèvres est surtout les nôtres, est celle-ci : « y a-t-il vraiment en Belgique, quelqu’un qui aie les reins financiers assez solides pour tout reprendre en bloc » ? Et donc, « les emplois seront-ils tous sauvés et ces maisons resteront-elles sous bannière noir-jaune-rouge… ou bien, un groupe étranger en profitera-t-il pour s’imposer dans le jeu, mettant un pactole sur la table et une partie du personnel dehors » ? Du coup, on peut aussi penser au groupe français Bertrand (qui ne possède pas moins que 240 établissements) et a déjà repris la célèbre Brasserie Flo, à côté de la Grand-Place. À notre avis, de nombreux opérateurs asiatiques pourraient aussi s’intéresser à ce trésor bruxellois (rappelons-nous de l’exemple Delvaux) … au risque de lui faire perdre son identité. C’est sûrement la crainte qui tenaille en ce moment les employés autant que les autorités communales, tout de même concernées. Personne pourtant n’ose envisager la mort de toutes ces maisons, qui ont laissé tant des souvenirs à des générations de bruxellois et donc, beaucoup espèrent encore qu’elles seront sauvées !

Et si on se tournait vers un « sage » ?

Souvent dans un domaine professionnel, il y a un « sage », celui vers qui on se tourne pour avoir un avis raisonné et raisonnable et pourquoi pas, une ébauche de solution ou à tout le moins un conseil, que chacun ferait bien d’écouter. Et dans celui de la brasserie, qui d’autre que Rudy Vanlancker, propriétaire du célèbre « Chez Léon » ? Il dirige le plus gros restaurant du pays (pas moins d’une centaine d’employés dans une seule maison) de main de maître, mais toujours avec un réel respect de son personnel comme de ses clients, nous l’évoquions il y a quelques mois dans ce qui est devenu l’article le plus lu depuis le lancement de Clic Infos… Nous avons donc pensé qu’il fallait lui donner la parole, face à la catastrophe qui secoue un monde qui est aussi le sien, en tant que restaurateur de cinquième génération et ambassadeur de la gastronomie bruxelloise, connu sur toute la planète grâce à ses moules – frites. Modeste et passionné, nous lui avons demandé son avis face à cette situation. Il ne veut en aucun cas se poser pas en donneur de leçons, mais nous éclaire de son expérience. Nous notons quand même qu’il serait peut-être intéressé par la reprise de l’un ou l’autre des établissements concernés, sans préciser… Il est probable qu’il s’agisse des célèbres Brasseries Georges, qui s’approchent de son activité de toujours. Nous le remercions d’avoir accordé cette screenterview exclusive à Clic Infos.

En conclusion et comme le dit Rudy Vanlancker dans son interview, il y a fort à parier que dans deux ou trois mois, plus grand monde ne parlera de cette vraie catastrophe pour la restauration bruxelloise et que la plupart des maisons concernées seront reprises, mais peut-être pas toutes. Nous pensons bien sûr à ceux et celles qui risquent de perdre leur emploi, mais le patron emblématique de Chez Léon répondra sûrement « présent » pour les conseiller, si nécessaire. Il est, comme dans d’autres domaines « artisanaux », toujours regrettable que la finance prenne le pas sur la passion… mais il en va malheureusement ainsi du monde globalisé.

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About Author

Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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