Ce samedi soir, le premier ministre belge Charles Michel a acté la départ de la NVA du gouvernement. Le parti de Bart de Wever quitte donc la "suédoise" sur le Pacte de l'ONU pour une immigration responsable et fait chuter le gouvernement en place depuis quatre ans. Charles Michel ira à Marrakech signer le pacte au nom de la Belgique et d'une "alliance responsable orange-bleue" a déclaré le Premier dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des Ministres restreint de samedi soir. Il mènera des consultations politiques à son retour du Maroc.

Les Armes de Bruxelles remettent le feu à l’Îlot Sacré !

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Cela fera bientôt un siècle (dans un peu plus de deux ans), que les Armes de Bruxelles représentent le meilleur des grandes brasseries bruxelloises de luxe. Comme tous les amoureux de cette maison de légende créée par la famille Veulemans, nous allons nous empresser d’oublier les quelques années passées entre les mains d’une fratrie qui a réussi à mettre en faillite douze des plus prestigieuses tables de la capitale, pour nous concentrer sur le bonheur de voir leurs portes à nouveau ouvertes aux amateurs de gastronomie bruxelloise et de plats dits de brasserie, mais de qualité. C’est Rudy Vanlancker, à la tête de la famille qui possède et dirige depuis 125 ans la célèbre maison Chez Léon 1893 (située juste en face d’ailleurs), qui a repris les Armes… et il y a mis du cœur ! Soutenu dès la présentation de son projet par les syndicats (c’est du jamais vu), il a lancé des travaux titanesques pour rendre tout son lustre à cette légende de l’Îlot Sacré. C’est fort simple : tout a été refait de la cuisine aux toilettes ! Vous ne risquez pas de constater de grands changements par rapport à la belle époque, puisque tout a été reproduit à l’identique : peintures, escaliers, boiseries, marbres… tout, je vous dis. Nous vous avions fait visiter le chantier cet été en exclusivité, puis vous avions fait partager la grande soirée de réouverture officielle le 11 octobre. Cette fois, nous vous invitons à table et allons vous faire partager tout notre plaisir. Enfin, plus exactement nos plaisirs car ici il faut regarder, écouter, savourer et profiter d’un voyage multi-sensoriel dans le temps. Un vrai bonheur…

Vestes blanches et galons dorés, argenterie, lambris, brouhaha… Retour à la Belle Époque !

Dès qu’on entre aux Armes de Bruxelles, on a l’impression d’effectuer un vrai voyage dans le passé, à une agréable époque que nous n’avons pas connue, mais dont nous pouvons presque percevoir les échos en écoutant les murs et la salle nous murmurer leur histoire au creux de l’oreille. On imagine les fines calèches dans les petites rues étroites de l’Îlot Sacré, les sabots des chevaux battant le pavé millénaire, les cornes de brumes hésitantes des rarissimes automobiles, les dames en crinoline et les messieurs en Gibus… Ils viennent dîner avant d’aller à l’opéra de la Monnaie ou sont déjà touristes dans la ville et ont découvert la Grand-Place en venant, identique à ce qu’elle est toujours aujourd’hui, c’est-à-dire splendide. On peut presque sentir les volutes de fumée des cigares de ces messieurs et le parfum capiteux des dames en belles toilettes… Un siècle, ce n’est pas grand-chose et c’est beaucoup à la fois. Eh bien, en poussant en 2018 le vénérable tourniquet de l’entrée, on a réellement la sensation de retourner y faire un tour, tout en élégance et en confort… Les verres sont gravés au sigle de la maison et les assiettes en sont frappées, les nappes et les serviettes sont épaisses, l’argenterie lourde, les lambris chaleureux, les lustres scintillants, les effluves de cuisine enivrants et les vestes blanches du personnel impeccables autant que leurs épaulettes dorées. Pas de doute, nous sommes bien dans une brasserie de luxe et chargée d’histoire… La grande gentillesse du personnel est à souligner et cela commence par l’accueil de Monsieur Luis, attentif à chaque détail. À table Naji a veillé de son côté à ce que la soirée soit la plus agréable possible depuis l’apéritif jusqu’au dessert, sans se départir un seul instant de son chaleureux sourire.

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Des entrées typiquement bruxelloises redécouvertes : croquettes de volaille et langues tièdes d’agneau…

Croquettes de volaille sauce Madère © clicinfos.com 2018

Miguel m’accompagne une fois encore et il a opté en entrée pour les Croquettes de volaille, sauce Madère (14,75 €). La présentation est simple, efficace et très appétissante. Deux superbes boules dorées ressemblant à d’énormes truffes trônent sur l’assiette frappée aux Armes de Bruxelles, à côté d’un petit poêlon en cuivre. Dans celui-ci, une savoureuse sauce au Madère. Pas trop du spiritueux cependant, pour ne pas tuer le parfum corsé du jus de volaille qui est manifestement la base de cette sauce onctueuse. Elle est lisse et brillante, ce qui donne envie d’y plonger une bouchée de croquette. Respectant son appellation, ça « croque » à souhait et la croûte, assez épaisse pour assurer une mâche agréable,  se brise dans un joli bruit… l’appareil est parfait. La volaille est réduite en très fins morceaux et il y en a ! On est loin des farces « parfumées à… » et ça fait bien plaisir. Tous les produits sont frais et cuisinés dans la maison. Le goût de la volaille reste subtil et la croûte ne le « tue » pas, malgré sa belle couleur. Ça croustille d’abord et fond ensuite dans la bouche, la sauce apportant la douceur qu’on en attend. Une belle réussite… Pour accompagner tous les plats signatures que nous avons choisis, soigneusement concoctés par le Chef Cédric Callenaere, nous décidons d’accompagner l’ensemble du repas d’un beau Pouilly-Fuissé 2016 de la Maison Joseph Drouhin (60 €).

Salade tiède de langues d’agneau, vinaigrette à l’échalote © clicinfos.com 2018

Pour ma part, je ne pouvais en aucun cas rater le plat que Kevin Vanlancker en personne m’avait conseillé et j’ai donc goûté la fameuse Salade tiède de langues d’agneau et vinaigrette à l’échalote, encore un plat signature de la carte (15,50 €). Le fils de la maison avait bien raison : c’est une tuerie et j’aurais sincèrement regretté de ne pas y plonger la fourchette ! Une fois de plus, le dressage est simple, mais élégant. Les langues finement émincées se font discrètes sous une épaisse et très crémeuse vinaigrette à l’échalote et à la ciboulette fraîche… Attention, l’assiette est vraiment généreuse. Le vinaigre n’agresse pas la bouche, mais on le sent clairement sur les papilles et il donne à cette entrée un côté très frais malgré l’agréable tiédeur de l’ensemble. La cuisson des petites langues est parfaite et elles sont tendres à souhait. Un peu de salade accompagne tout cela et l’équilibre des saveurs est impeccable. C’est encore un bel exemple de recette de brasserie, qui plus est typiquement bruxellois !

Nous avons misé sur les poissons : turbot superbe et sole aventureuse…

Turbot grillé sur l’arête, beurre Maître d’hôtel © clicinfos.com 2018

Pour une fois, Miguel a boudé les viandes rouges dont il est pourtant friand et porté son choix sur un superbe Turbot grillé sur l’arête, beurre Maître d’hôtel (48,50 €). Je me répète, mais pour les amateurs de belles brasseries il est important de ne pas voir sur la table des dressages trop compliqués et « tarabiscotés »… C’est à nouveau simple, efficace, coloré et l’assiette donne envie dès qu’elle arrive sous vos yeux La pièce de turbot est de fort belle taille, comme l’ensemble d’ailleurs. Verdure et tomate apportent la petite touche de couleur qui font qu’un plat est agréable à l’œil, tout comme le joli marquage de la grillade sur la peau du poisson. La saveur grillée est puissante, mais ne supplante pas celle du poisson dont la cuisson est évidemment impeccablement réussie. Le Chef Cédric Callenaere sait y faire ! La chair nacrée se détache rien qu’au regard et fond littéralement en bouche. Le beurre Maître d’hôtel est frais et fait maison évidemment, très équilibré entre l’ail et les fines herbes. Le beurre est frais, savoureux et son délicat goût fermier persiste au-delà de l’assaisonnement pourtant corsé. C’est tout ce qu’on attend.

Sole de la mer du Nord Bonne Femme, version inédite © clicinfos.com 2018

Fidèle à mon amour pour les soles, j’avais bien entendu jeté mon dévolu sur un autre plat signature des Armes de Bruxelles : les filets de Sole de la mer du Nord maison, mais une étrange confusion de commande m’a amené une Sole de la mer du Nord Bonne Femme (38,50 €)… dans une version que même le chef ne connaissait pas ! Je vous narre la mésaventure car je n’ai pas l’habitude de vous raconter des bobards et qu’elle est assez drôle. Et puis, j’ai aujourd’hui-même parlé avec le chef et nous en avons plutôt ri. Ceci étant dit, je n’ai pas eu beaucoup de regrets, mis à part celui de l’absence des fruits de mer et du homard dans la garniture. Le poisson était servi entier et recouvert d’une (très voire trop) généreuse couche de fromage fondu et gratiné, accompagné de petits champignons, d’une sauce au vin blanc savoureuse et veloutée pour ce que j’ai pu récupérer et qui n’avait pas été absorbé par le fromage, le tout parsemé de fines herbes… L’ensemble était un peu trop consistant pour mon petit appétit, mais les goûts étaient au rendez-vous, tout comme une cuisson parfaite de la sole, dont la chair se détachait avec une facilité déconcertante de l’arête centrale. Ma surprise était toutefois grande et j’ai signalé à Naji qu’il faudrait conseiller au Chef d’annoncer le fromage dans l’intitulé de la carte… parce tout de même fort présent dans l’assiette qui m’avait été servie.

Sole de la mer du Nord Bonne Femme, version originale © clicinfos.com 2018

Le mystère demeurera cependant entier quant à savoir comment et pourquoi une épaisse couche de fromage gratiné s’est retrouvée sur mon poisson, mais je vous mets tout de même ici (à gauche) en illustration la vraie version, telle que vous la dégusterez si vous commandez la Sole Bonne femme. Légèreté assurée sans le gratin… Je devrai donc essayer mes filets lors d’un prochain passage car je suis plus que jamais décidé à vous présenter cette recette emblématique des Armes de Bruxelles. Je veux absolument vous la faire découvrir ainsi que son accompagnement qui font saliver rien qu’à la lecture de la carte ! Comme celui de Miguel, mon plat était bien sûr accompagné de superbes frites fraîches, incontournables, croustillantes, dorées, fondantes et délicieuses… Comment imaginer d’ailleurs qu’elles soient absentes de la table d’une grande brasserie bruxelloise, qui plus est quasi centenaire ?

Des desserts belgo-belges… et un feu d’artifices de souvenirs d’enfance !

Crème brûlée aux cuberdons © clicinfos.com 2018

Pas de doute, on est bien à Bruxelles ! D’ailleurs, nulle part ailleurs au monde on ne trouverait à la carte une Crème Brûlée aux Cuberdons (9,50 €)… Pour ceux qui ne connaissent pas cette merveille de douceur bien de chez nous, le cuberdon est une friandise en forme de cône, dont le nom vient de « cul de bourdon ». L’extérieur est fait de gomme arabique violette quasi solide et l’intérieur d’une gélatine à base de framboise. Aujourd’hui on en trouve de toutes les saveurs et couleurs, mais le violet est le seul traditionnel et original. La crème brûlée arrive encore en flammes sur la table et dégage des effluves de cuberdons qui replongeraient n’importe quel belge en enfance ! C’est notre équivalent de la Madeleine de Proust… La croûte du dessert est craquante et il faut un sec coup de cuiller pour la briser. La texture de l’appareil est un peu plus liquide que celle d’une crème brûlée classique, mais c’est la saveur du cuberdon qui en fait toute la magie !

Crêpes Comédie Française flambées à la Mandarine Napoléon © clicinfos.com 2018

Et enfin, nous n’avons pas résisté à l’envie de goûter à la célèbre Crêpe Comédie Française flambée en salle, Mandarine Napoléon, glace vanille (12,25 €). À elle toute seule elle est un spectacle, puisqu’elle est préparée devant tous les clients. Je vous assure que le « oh » et les « ah » fusent de tous côtés au moment où s’élèvent des flammes de près de deux mètres de haut, qui lèchent le plafond. Ce soir-là Dimitri était au flambage et il a eu un sacré succès ! Les saveurs de la crêpe maison, de la liqueur parfumée à l’orange qu’on retrouve aussi en zestes sur ce beau dessert, sont une explosion de saveurs sucrées, tandis que l’alcool perd beaucoup de son goût prononcé au flambage et ne laisse qu’un agréable parfum d’orange… Une belle clôture pour ce dîner qui m’aura permis de retrouver les Armes dans leurs plus beaux atours et à nouveau parées aussi de tous ses… atouts !

Pour conclure et comme à mon habitude, j’ai fini par un expresso parfait et  serré, ainsi qu’un Irish Coffee très bien réalisé, qui a ponctué cet excellent dîner. Les Armes de Bruxelles ont rouvert leurs portes depuis à peine deux semaines et il est déjà impératif de réserver au moins un jour à l’avance ! C’est entièrement mérité et les Vanlancker semblent sur la voie royale pour rendre définitivement ses lettres de noblesse à cette vénérable institution située juste en face de Chez Léon, ce qui facilite sûrement leurs déplacements. Après une triste période, voilà une maison prestigieuse qui retrouve tout le brouhaha d’une clientèle bavarde et joyeuse, les bruits de vaisselle et du service, la chaleur d’une ambiance toute bruxelloise et le plaisir manifeste d’un personnel heureux de reprendre le travail. Allez y faire un tour, vous ne le regretterez pas… Soit vous la découvrirez, soit vous la retrouverez plus flamboyante que jamais !

Notation Clic Infos : 4 Clics
(1 Clic = moyen – 2 Clics = correct – 3 Clics = Table de qualité – 4 Clics = table de grande qualité – 5 Clics = Table d’exception).

Site Internet : www.auxarmesdebruxelles.com
Page Facebook ici…
Téléphone : +32 (0)2 511 55 40

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About Author

Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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