On parle beaucoup de lui depuis quelques semaines, on le craint et il inquiète bien des mères de familles, qui se demandent comment le combattre, l’éviter et surtout le reconnaître. Nous essayons donc de faire le point sur la situation. Nos craintes de le voir débarquer en Belgique sont-elles fondées ? Que faire si vous êtes piqué ? Est-il aussi dangereux qu’on le dit ? Comment éviter qu’il ne s’installe sur votre balcon, votre terrasse ou encore dans votre jardin ? Bref… voici quelques infos claires et pratiques, qui devraient vous permettre de limiter les désagréments que pourraient provoquer cette sale bestiole durant les prochains mois d’été, qu’on espère beaux et sans piqûre. Allez, pfffft… dégage moustique !

Il s’est installé dans une bonne partie de l’Europe et sera peut-être un jour chez nous.

« Moustique tigre », voilà un nom amusant et presque sympathique, pour un insecte qui est loin de l’être. Sa présence massive dans de nombreuses régions de France est connue et son arrivée chez nous inquiète beaucoup de belges. Non seulement il est particulièrement agressif, mais de surcroît il distribue à gogo des sales piqures très douloureuses. Plus inquiétant : il est le principal vecteur de transmission de certaines maladies tropicales connues, telles que la dengue, le chikungunya et plus récemment le Zika. Ce n’est franchement pas la plus sympathique des bébêtes de l’été ! Autrefois cantonnés aux régions des Tropiques, les moustiques tigres, qui se sont facilement adaptés à nos climats tempérés, colonisent actuellement l’Europe et risquent fort de s’installer aussi à l’intérieur de nos frontières. Découvert pour la toute première fois en Albanie à la fin des années 70, il a atteint l’Italie vingt ans plus tard, avant d’arriver en France en 2004. Depuis, il s’est établi sur la côte méditerranéenne et continue son invasion vers le nord, à la faveur du réchauffement climatique, ce que certains nient encore aveuglément et farouchement. Des larves ont récemment été découvertes en région parisienne et même dans les environs de Strasbourg. En Belgique, depuis quelques années, des larves et des moustiques sont ponctuellement retrouvés dans les chargements qui entrent dans le pays via les ports ou les aéroports.

Le moustique tigre est un vecteur d’affections…

Pour l’instant, les maladies tropicales telles que le chikungunya ou le Zika ne sont pas implantées de manière vraiment permanente sur le territoire européen. Pourtant, des épidémies bien localisées peuvent naître lorsqu’un voyageur, contaminé lors d’un séjour dans une zone tropicale, importe un virus en rentrant. La transmission devient autochtone lorsque, de retour de son voyage, la personne infectée se fait piquer par un moustique tigre, qui contamine alors à son tour d’autres personnes. En 2007, le chikungunya, maladie qui provoque une forte fièvre et des douleurs articulaires aigües , avait fait une centaine de victimes dans le nord-est de l’Italie. Est-ce qu’un tel risque existe vraiment en Belgique ? Les spécialistes expliquent que pour l’instant, il n’y a pas de risque réel d’épidémie. Le moustique tigre ne s’est en effet pas encore établi de manière clairement prouvée dans notre pays. Ces insectes doivent toujours être considérés pour l’instant comme méditerranéens car il fait plutôt trop froid pour eux en Belgique. Les services du Professeur Bottieau, infectiologue et chef de l’Unité des maladies tropicales à l’Institut de Médecine Tropicale à Anvers, travaillent avec beaucoup d’attention et de volonté sur l’évolution des migrations de cet insecte inquiétant. Il a d’ailleurs déclaré que « dans un futur lointain, ce n’est pas impossible qu’il s’établisse en Belgique, surtout si les hivers deviennent plus doux. Le risque de voir apparaître des épidémies localisées de maladies tropicales sera alors présent ». Il semble donc qu’on ne doive pas être trop inquiet quant à la généralisation de la présence du moustique tigre chez nous, mais ne dit-on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir ?

Que faut-il faire en cas de piqure ?

Étant donné que nous sommes vraiment de plus en plus nombreux à voyager et que beaucoup de belges visiteront la France en été, le risque de ramener cette bestiole dans leurs bagages n’est pas totalement nul. On s’inquiète évidemment de savoir que faire en cas de piqure… Eh bien, en réalité il n’y a pas grand-chose à faire ! Si vous êtes piqué, ne paniquez surtout pas car c’est généralement inoffensif. Si vous avez réussi à capturer le moustique, comparez-le à des photos, pour être certain qu’il s’agit bien d’un « tigre ». Celui-ci est aisément reconnaissable à de nettes rayures blanches et noires sur tout son corps. Il vole et pique surtout la journée, est petit (moins d’un centimètre) et plutôt balourd et maladroit. Sachez aussi que tous les moustiques rayés ne sont pas des « tigres ». Si jamais vous développiez une fièvre après avoir été piqué, il vaudrait mieux consulter un médecin, mais c’est peu probable. De plus, pour vous transmettre l’un des maladies tropicales dont nous parlions plus haut, il faudrait que votre moustique ait piqué auparavant quelqu’un qui a déjà été contaminé. C’est donc assez peu probable dans les circonstances actuelles. Vous ressentirez peut-être la sensation d’un brin de paille qui vous pique lorsque l’insecte s’attaquera à votre peau, mais ce n’est même pas évident. Sa piqure n’est pas pire que celle d’un moustique normal et il démange de la même manière. Chez certaines personnes allergiques au venin, elle pourrait provoquer un bouton nettement plus gros et plus rouge, et les démangeaisons pourraient être plus fortes. Si vous avez un doute, votre pharmacien pourra vous rassurer et vous proposer quelque chose pour soulager la sensation désagréable. Chez les allergiques, une crème à base de cortisone peut aider à ce soulagement et en pharmacie il existe pour les autres des produits qui apaisent un peu. En tout cas, normalement rien de grave ne peut vous arriver. On dit que le vinaigre blanc, généreusement appliqué sur le bouton de la piqure peut en diminuer les sensations désagréables très rapidement. C’est à vérifier pour chacun…

Quelques astuces pour éviter les moustiques tigres chez vous.

Évidemment, plutôt que de devoir affronter le monstre, il vaudrait bien mieux faire en sorte qu’il ne trouve pas sur votre balcon, votre terrasse ou dans votre jardin, de quoi se la couler douce… Si vous respectez quelques règles élémentaires de prudence, il n’aura aucune raison de préférer s’installer chez vous plutôt que chez votre voisin d’en face.

1. Éliminer régulièrement toutes les eaux stagnantes.
2. Installez un ou deux pièges à proximité de vos zones de vie.
3. Faites brûler une spirale anti-moustique le soir.

Le moustique tigre pond à proximité des habitations car il a besoin de piquer pour survivre. Il ne le fait que près des eaux stagnantes, dans des réceptacles naturels ou artificiels (étangs, soucoupes sous les pots de fleurs ou jardinières…). Au contact de l’eau les œufs éclosent et donnent naissance à des larves, qui se transformeront en autant de moustiques au bout de 5 ou 6 jours (en moyenne 200 par ponte). Évitez donc de laisser des eaux stagner après avoir arrosé vos plantes et assurez-vous de bien vider ensuite les soucoupes ou pots qui pourraient stocker l’eau. Le moustique tigre aime particulièrement la végétation dense (haies, massifs, arbustes, bambous) pour s’abriter de la chaleur durant la journée. Il se pose principalement entre 0 et 3 mètres de hauteur, au-dessous des feuilles. On le retrouve également dans les zones d’ombre, les endroits frais et humides, à l’abri du vent. Surveillez particulièrement ce genre de zones autour de chez vous et gardez les parfaitement au sec. Cela ne vous empêche pas de donner à boire à vos plantes, bien évidemment. Mais, rappelez-vous que chaque réceptacle laissé intact pourra donner naissance à plusieurs centaines de moustiques 48 heures plus tard ! Une petite astuce efficace, si vous avez des sous-pots qui retiennent l’eau : remplissez-les de sable à ras bord. Il n’y aura alors plus d’eau stagnante, mais seulement du sable mouillé. Il existe aussi de nombreux pièges sur le marché, plus ou moins efficaces et plus ou moins onéreux. À vous de faire le tri… mais un des plus efficaces produits demeure la bonne vieille spirale à brûler. Elle est vertes et à base de citronnelle… nous la connaissons tous. À part ça, une bonne tapette à mouche peut s’avérer bien utile aussi. Ce qui marche assez bien également est la lampe électrique bleue à grillage, mais il faut savoir que quand un insecte y explose, ça provoque des bruits fort peu agréables (et forts). Enfin bref, nous entrons là dans le domaine de la crédulité ou non, des bons produits ou des mauvais, des choses efficaces ou tout-à-fait inutiles et là… c’est à votre intuition de fonctionner.

Bon été !

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