Hier à Paris, le passionnant Salon du Dessin ouvrait ses portes au public, dans le somptueux Palais Brongniart. Le dessin est vieux comme l’humanité et pourtant il n’a jamais été aussi actuel. Il s‘expose, se vend, a son propre réseau de galeries, ses salons et on lui décerne aussi des prix. « Le dessin correspond à la sensibilité d’aujourd’hui, où l’image est fondamentale » affirme Bertrand Gautier, l’un des membres organisateurs. Au Salon du Dessin, de feuille en feuille, on voyage au cœur de l’histoire de l’art, de la renaissance au vingtième siècle, on découvre les différentes techniques : sanguine, pastel, encre, mine de plomb… à travers une infinité de sujets. On peut aussi se faire plaisir quel que soit son budget car les prix s’échelonnent de quelques centaines ou milliers jusqu’à… plusieurs millions d’euros. Passion ou investissement…

2018 : une édition chic et glamour…

le Salon du Dessin est solidement ancré dans le paysage, non seulement parisien mais aussi mondial, puisqu’il est la référence internationale en la matière. Une réussite qui se mesure au nombre d’évènements périphériques qui fleurissent tant sur le marché que dans les institutions, ainsi qu’à la présence de marchands étrangers occupant cette année plus de la moitié des stands. Cinq nouveaux marchands font leur entrée sur une totalité de 39, deux reviennent après une absence de quelques éditions, mais aucun n’est français. Véritable catalyseur d’évènements autour des arts graphiques, la 27ème édition du Salon du Dessin inaugurera un nouveau cycle de conférences sur le thème des Arts du spectacle. Il exposera aussi une partie de la prestigieuse collection de dessins du Musée d’arts de Nantes (tout juste rouvert) et consacrera une exposition aux dessins de la Maison Chaumet, centrés autour du diadème. Le but est de montrer à quel point le dessin d’artiste est un acte fondateur chez ce grand joaillier, parmi les plus connus au monde. Autres temps forts du salon : la conférence d’Olivier Meslay sur les dessins du Clark Art Institute, célèbre institution américaine qu’il dirige depuis 2016, mais aussi la remise du Prix du Dessin Contemporain de la Fondation Daniel et Florence Guerlain. C’est désormais un rituel depuis 18 ans, pendant la Semaine du Dessin. Près de trente musées et fondations ouvrent exceptionnellement au public leurs cabinets d’arts graphiques. Cette année, sept institutions, dont deux régionales, font leur entrée dans le cercle des participants à ce parcours hors-les-murs. Les organisateurs du Salon du Dessin ont su créer une atmosphère unique de convivialité, grâce à un lieu historique tout à fait adapté : le prestigieux Palais Brongniart. Même son mode de fonctionnement est original : tirage au sort des stands, vetting indépendant, partenariats avec les grandes institutions…

Les dessin… reflet direct du regard humain.

Le dessin ne ment pas, c’est une façon de voir, d’assimiler, de comprendre, de penser. Avec seulement 39 marchands triés sur le volet, dont plus de la moitié sont étrangers, le Salon du Dessin est un écrin intimiste qui n’a pas d’équivalent. Les marchands y présentent leurs plus belles découvertes, ils savent que c’est l’endroit où l’on trouve la plus grande densité de collectionneurs, d’amateurs et de conservateurs de musées. La galerie de Bayser présentera un très rare dessin préparatoire de Cesare da Sesto (1477-1523), un des élèves les plus connus de Léonard de Vinci. Ce dessin a été réalisé pour le tableau Salomé, peint autour de 1520 et aujourd’hui dans les collections du Kunsthistorisches Museum de vienne. Très peu de dessins préparatoires sont connus. l’un représentant la main tenant la chevelure de la tête de saint Jean-Baptiste, conservé à Windsor Castle, l’autre représentant le bras de Salomé conservé à l’Académie de Venise. Un troisième dessin lui étant attribué, représentant le pied de Salomé, est conservé à Berlin. Celui-ci est une découverte exceptionnelle. Le Salon est un très important rendez-vous et même les plus grands spécialistes y font des trouvailles et ne manqueraient ce rendez-vous pour rien au monde. « Cessons de dire que c’était mieux avant, c’est aussi très bien maintenant. Il reste encore beaucoup d’artistes à mettre en avant notamment aux XIXe et XXe siècles, dont la production phénoménale était couplée à une éducation technique exceptionnelle » explique Olivier Meslay. Il faut se laisser surprendre et regarder sans préjugé. on adore être surpris par des sujets que l’on n’attend pas chez un artiste, à l’instar de ce dessin de Devambez, totalement symboliste, destiné à illustrer un poème de Baudelaire présenté par la Galerie Talabardon & Gautier. On aime également découvrir chez Martin Moeller, les œuvres de Richard Müller, qui fut le professeur de George Grosz et Otto Dix. la galerie allemande présentera 20 œuvres de cet artiste étrange et surréaliste, et éditera un catalogue à cette occasion.

Le Salon est une grande fête du dessin, avec ses événements périphériques.

« Le Salon du Dessin est avant tout une grande fête ! C’est l’endroit où l’on trouve la plus grande densité de collectionneurs, d’amateurs et de conservateurs de musées. Aucun salon au monde ne marie aussi bien les liens amicaux, la passion du beau et l’excitation intellectuelle que suscitent le dessin, les beaux dessins » explique encore Olivier Meslay. on pourra suivre ses conseils avisés lors d’une conférence le 21 mars à 19h mais également assister, les 21 et 22 mars, aux Rencontres Internationales du Salon du Dessin, en présence des plus grands spécialistes qui aborderont le thème des arts du spectacle. La maison Chaumet, célèbre joaillier parisien depuis 1780, exposera exceptionnellement quelques dessins de son cabinet d’arts graphiques pour le Salon. se plonger dans les archives de Chaumet, c’est découvrir près de 80 000 dessins couvrant plus de deux siècles d’histoire et de création joaillière. L’art du dessin chez Chaumet : Imaginer – créer, est une sélection autour des diadèmes, emblème de la maison, démontrant l’excellence de sa création à travers les siècles. ces 38 dessins, pour certains montrés pour la première fois au public, témoignent de l’extraordinaire richesse du patrimoine d’’une des plus anciennes et belles maisons de joaillerie parisienne. La Semaine du Dessin permet au néophyte comme à l’amateur, de participer à des visites privées inédites dans les cabinets d’art graphique des grands musées partenaires. Le CNAM, le Musée d’Arts de Nantes, l’Académie des Beaux-arts, la Fondation Nationale des Arts Graphiques installée récemment à l’hôtel Salomon de Rothschild, le Musée de Port-Royal des Champs, le Musée de Soissons et les Pêcheries de Fécamp participeront pour la première fois à ce parcours hors-les-mur,s qui rassemble plus de 25 musées et institutions. La Fondation Custodia et le Musée Cognacq-Jay dévoileront aussi leurs dernières acquisitions, le Centre Pompidou sélectionnera parmi les 25.000 œuvres sur papier qu’il conserve, des dessins sur l’art du spectacle de Léon Bakst, Mikhaïl Larionov et Natalia Gontcharova ou encore Georges Braque. Le Musée Hermès proposera aussi deux visites de ses collections, habituellement non accessibles au grand public. Voilà donc plein d’occasion de faire des visites rares et surtout enrichissantes, autour de Salon !

Infos pratiques : www.salondudessin.com jusqu’au 26 mars 2018.

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Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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