La France a replongé dans l'horreur du terrorisme. Une fusillade en plein marché de Noël de Strasbourg a fait 3 morts et 13 blessés mardi soir 11 décembre. Le tireur est identifié et fiché S, actuellement recherché activement. Il semble blessé et aurait dû être arrêté le matin-même. Les gendarmes se sont présentés à son domicile, mais il était absent. Ils l'ont cherché durant toute la journée... on sait désormais quand il a réapparu, dramatiquement. Les Gilets Jaunes ne semblent pas décidés à suspendre leur mouvement suite à cet attentat, malgré les nombreux appels.

Il y a quelques jours, nous vous parlions des alliances de la prestigieuse joaillerie française Van Cleef & Arpels… Nous étions là dans la modernité des bijoux d’exception et c’est un voyage historique auquel nous vous invitons cette fois, à travers une magnifique exposition au Grand Palais. Qui parmi nous n’a pas déjà rêvé devant les éblouissantes et mystérieuses images des Maharadjahs ? En tout cas c’était mon cas et les bijoux qu’ils portaient me fascinaient par leur beauté extravagante, leur luxe immodéré, leur taille impressionnante. Émeraudes, diamants, rubis carrés ou taillés en poire, or éclatant, perles… c’est la démesure qui fait le genre. Incroyable valeur artistique, merveilleux travail de joaillerie pure, prouesses de grands créateurs et d’artisans anciens ou traditionnels, découvrez au Grand Palais les merveilles de la Collection Al-Thani, jusqu’au 5 juin.

250 pièces exceptionnelles retracent l’histoire du bijou indien.

Coming Chic - Collection Al-Thani

Coming Chic – Collection Al-Thani

Cette exposition présente l’univers étonnant et mystérieux des joyaux indiens, mais aussi de leur histoire à travers les temps, depuis la période moghole (du 16ème au 19ème siècle). Ce sont 250 pièces incroyables de la collection Al Thani qui ont pu être rassemblées, grâce à de nombreux prêts d’institutions et de propriétaires privés. Cet ensemble unique permet de parcourir des siècles d’évolution du bijou, des tendances historiques et du travail de pierres d’exception en Inde. Des diamants légendaires, parmi les plus célèbres au monde, sont exposés aux côtés d’objets et de bijoux réellement historiques. Le premier âge d’or du bijou indien fut le 17ème siècle, où les ateliers jouissaient de la protection et du financement des empereurs Moghols. Ce furent ensuite le chaos et la colonisation britannique au 18ème et il fallut attendre l’avènement des Darbâr (somptueuses cérémonies et réceptions, organisées sous l’égide du Raj britannique) pour que les monarques indiens puissent à nouveau montrer leurs somptueuses parures joaillères.

Matières opulentes, mais également grande finesse.

Coming Chic - Collection Al-Thani

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L’exposition replace la bijouterie indienne dans le contexte d’opulence et de complexité de la culture de cour princière indienne. Les pierres et métaux précieux faisaient partie intégrante d’une tradition très sophistiquée de l’ornement et de la parure. Il ne fallait surtout pas passer inaperçu… Vous pourrez y admirer (il n’y a pas d’autre mot) des pièces du Trésor Royal d’un luxe renversant, comme l’ensemble exceptionnel de gemmes de la dynastie impériale. Vous pourrez y découvrir le diamant d’Agra, l’œil de l’Idole ou encore l’Arcot II, tous extraits des légendaires mines de Golconde. Il y a aussi des émeraudes et Spinelles (pierres fines rouges, qu’on confond souvent avec les rubis), parfois gravées des noms et titres des souverains dont elles étaient la propriété. Au fil de l’exposition vous percevrez le raffinement artistique de l’Inde moghole, mais aussi le dialogue qui s’instaura avec l’Europe dès la Renaissance et qui se transforma en échanges des styles et de techniques. Le jade et le cristal de roche étaient très appréciés à la cour moghole et une section de l’expo leur est consacrée. Elle offre au regard des pièces qui ont un intérêt majeur, telle la coupe de l’empereur Jahangir, gravée de vers persans et des titres du monarque. Elle est considérée comme le plus ancien jade moghol daté avec certitude. Vous verrez aussi la dague de Shah Jahan, dont la lame est garnie du titre de l’empereur, ciselé. Les jades indiens étaient tellement réputés que même l’empereur chinois Qianlong en témoigne dans un poème, qu’il fit graver sur une délicate coupe à opium ornée d’une tête d’ibex (sorte de bouquetin).

Il y a les bijoux… mais aussi de nombreux autres objets précieux.

Coming Chic - Collection Al-Thani

Coming Chic – Collection Al-Thani

La joaillerie indienne usait aussi d’autres matières que celles de grand luxe offertes par la terre. Les émaux polychromes, par exemple, sont d’un grand raffinement et une technique très particulière de sertissage des pierres à l’or (le kundan) permet d’éviter tout recours aux griffes et montures qu’on trouve dans la bijouterie occidentale. Outre les bijoux de parure (on pourrait presque dire de parade), une sélection d’objets venant de diverses régions d’Inde sont exposées au Grand Palais. Entre autres, vous pourrez admirer une écritoire en or massif, entièrement sertie de pierres précieuses, dont on se prend à rêver au destin qu’elle a connu au cœur de la cour, où elle a peut-être porté des décrets impériaux. Si on en trouve de nombreuses représentations peintes, il ne reste que très peu d’exemplaires dans le monde et c’est un vrai trésor. Même les épis de couronnement en tête de tigre du célèbre trône de Tipu Sultan sont exposés. Quelques autres pièces d’exception sont réunies à Paris, parmi lesquelles on notera un superbe ensemble d’objets émaillés verts datant du 18ème siècle, tout droit sortis des ateliers d’Hyderabad et qui étaient destinés aux rituels des audiences à la cour impériale. Le fameux Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg a confié à l’exposition un repose-pieds serti de pierres précieuses, autrefois propriété du trésor impérial moghol, dérobé lors de la mise à sac de Delhi en 1739, par les troupes de Nadir Shah.

Le grand apparat n’est pas oublié, les broches de turbans non plus…

Coming Chic - Collection Al-Thani

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On ne peut évidemment parler de parures indiennes sans penser aux sabres ou encore aux turbans. Une section de l’exposition est donc consacrée aux regalia (objets symboliques de la royauté) et à la parure. Vous pourrez découvrir un incroyable ensemble d’ornements de turbans, couvrant une période allant du 17ème au 20ème siècle. Il y a aussi de somptueux colliers de diamants, ainsi que des pièces de joaillerie de très haut vol, comme une épée d’apparat du Nizam (titre souverain attribué à des vassaux de l’Empire moghol) de Hyderabad ou encore un étonnant dais de perles de Baroda. L’Europe met aussi son nez dans l’Histoire, avec une sélection de bijoux réalisés par ses plus célèbres joaillers pour les cours princières de l’Inde, ou encore d’autres inspirés par la tradition indienne. Vous y trouverez une magnifique aigrette émaillée en forme de paon (créée par Mellerio, dit Meller) achetée par le Maharadjah Jagatjit Singh de Karapurthala… le très connu collier de diamants et le ras-du-cou en rubis, réalisé par Cartier pour le Maharadjah Bhupinder Singh de Patiala… et enfin « l’œil du Tigre », exceptionnel diamant de couleur cognac, monté en ornement de turban, toujours par Cartier, pour le Maharadjah Ranjitsinhji de Nawanagar qui était fin connaisseur de pierres précieuses et ami proche de Jacques Cartier. Cette sublime section présente d’autres créations somptueuses de Cartier, mais aussi d’autres créateurs, intégrant des gemmes très anciennes et chargées d’histoire. En un mot comme en cent, il est impossible de parcourir ici l’ensemble de la collection présentée et je ne peux que vous conseiller d’aller au Grand Palais pour découvrir cet événement, exceptionnel pour ceux qui aiment les bijoux, les pierres précieuses et les grand ouvrages de joaillerie.

Exposition du 29 mars au 5 juin 2017
Grand Palais, Salon d’Honneur – Paris

Site officiel : www.grandpalais.fr

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