USA : 850.000 fonctionnaires américains (non indispensables) ne sont plus payés à partir d'aujourd'hui aux États-Unis... c'est le Shut Down comme cadeau pour le premier anniversaire de l'investiture de Trump. Les démocrates étaient prêts à voter le budget, à condition que la Maison Blanche renonce à expulser les jeunes migrants illégaux. Trump a refusé... À partir de lundi, la moitié du personnel de la White House sera donc au chômage technique et non payé.

Lors du scandale Harvey Weinstein, j’avais commis un billet d’humeur qui n’a pas plu à certains… parce que j’y craignais une vague, une marée de délations et dénonciations calomnieuses, de mensonges qui pourraient avoir de terribles conséquences. Bien sûr, je ne parlais pas des réelles victimes, dont les bourreaux méritent d’être dénoncés en place publique ! Je pensais à ce pauvre type qu’une collègue déteste, à ce voisin un peu « spécial » qu’on méprise dans l’immeuble et qui regarde les filles d’un drôle d’œil… ou encore à ce ministre qui aurait effleuré la fesse d’une journaliste et à ce vieillard qui a touché la poitrine d’une jeunette, en la frôlant dans un ascenseur, accusés d’agressions sexuelles. Tous ces gens qui, une fois dénoncés sur #balancetonporc, se sont retrouvés jugés et condamnés par la vindicte populaire, sans l’avoir été le moins du monde par la Justice. Leurs carrières sont détruites, certains se sont suicidés, face à ce qui leur paraissait insurmontable et on ne saura jamais s’ils étaient coupables ou… innocents. Et c’est là le pire ! Du coup, on n’ose plus bouger une oreille, faire un compliment, lancer une œillade… Alors, dites-moi : comment fait-on pour draguer, maintenant ?

Cent femmes signent une carte blanche dans Le Monde… et sont vilipendées.

Catherine Deneuve, qui symbolise la féminité depuis plus d’un demi-siècle et s’est investie sans compter dans le combat pour les droits de femmes, a apposé sa signature dans Le Monde… et la voilà insultée, accusée de trahison à la cause féminine et bien pire ! Tout cela pour quelle « raison » ? Parce qu’elle a osé, aux côtés de cent autres femmes, revendiquer son « droit à être importunée », ajoutant que « le viol est un crime, mais que la drague insistante et maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste » … Du coup, parce qu’elle est sans doute la plus célèbre des signataires, on a fait de cette carte blanche celle de Deneuve, ce qui est à tout le moins un détournement d’information. Toujours est-il qu’il faut parcourir les réseaux sociaux pour découvrir la haine des partisans de #balancetonporc pour ceux et celles qui ne partagent pas leur avis. Que de mépris, d’insultes, d’accusations ! Cette centaine de femmes soulèvent de vraies questions, des interrogations importantes, face à la « puritanisation » galopante qui prend désormais la société en otage, tout cela parce que la parole s’est libérée. Je suis évidemment pour la parole libre et quand on parle d’agressions sexuelles je sais ce que je raconte, je les ai subies durant des années, enfant et jeune adolescent. Qu’on ne m’accuse donc pas de « parler de choses que j’ignore » … car je ne les connais que trop bien ! Voilà pourquoi je soutiens les signataires du Monde. Leur principal souci est (quand on lit réellement leur texte) de veiller à ce qu’on n’éduque pas les filles dans la position « fatale » de victime. Elles veulent qu’on les élève avec la conscience du danger, mais pas la fatalité du statut de victime éternelle, face aux méchants hommes. Elles disent aussi qu’il vaut mieux leur apprendre à se défendre et à parler, quand c’est nécessaire… Je ne peux que leur donner raison car, si je m’étais considéré comme une victime après des années d’abus, je ne serais plus de ce monde… tout simplement parce que j’en aurais crevé ! Victimisé, j’aurais été brisé… Elles ont donc raison de soulever ce problème et pas un mot dans leur texte ne tente de minimiser l’horreur du viol, de l’agression ou du harcèlement sexuel. Une fois de plus, ceux qui ont décidé de ne pas comprendre… n’ont pas compris, pas lu, pas terminé, pas décodé et ont préféré aller au plus simple : le déni et l’insulte.

Sommes-nous certain(e)s de tous nos comportements passés ?

Quand les signataires de la carte blanche évoquent le fait d’être importunées, ou encore la drague insistante et maladroite… parlent-elles d’autre chose que de la nature humaine, ou principalement masculine si vous préférez ? Que vous soyez homme ou femme, n’avez-vous jamais, mais alors vraiment jamais… regardé quelqu’un de manière insistante, laissé un petit doigt effleurer l’avant-bras de votre voisin de banc, qui vous attirait si fort que vous auriez tout donné pour qu’il demeure quelques secondes sur ce petit centimètre carré de sa peau ? Pas une seule fois vous n’avez fait une remarque un peu lourde à ce ou cette collègue, que vous rêviez d’inviter à aller prendre un verre ? Jamais la moindre petite pression de la hanche ou d’une autre partie de votre corps, contre cette même personne dans un ascenseur bondé ? Si vous venez de répondre par la négative à chaque question, c’est que vous avez un petit problème de franchise… car nous nous sommes tous rendus « coupables », au moins une fois, de l’un de ces comportements, qui n’ont pourtant rien d’agressions ni de harcèlement, mais qui aujourd’hui seraient considérés comme tels ! Parce que le cas Weinstein a tout changé et c’est une bonne chose, du moins c’est ce que j’ai cru d’emblée. Puis, j’ai réfléchi à ce problème de délation que j’évoquais plus haut… et ce que je craignais est bel et bien arrivé : si des accusations par milliers sont vraies, des milliers d’autres ne sont que vengeances, règlements de comptes malhonnêtes et parfois sont utilisées juste pour « faire tomber » quelqu’un qu’on n’aime pas, qui nous rend jaloux, nous pique une place qu’on pense nous revenir… Et quand je dis « nous » c’est une erreur, car il faut être un salaud pour utiliser ce genre de méthode et ni moi ni vous ne le sommes, je l’espère. Si je trouve formidable que ceux que j’ai baptisé depuis longtemps les « impardonnables » soient enfin dénoncés, je suis également effrayé par les terribles conséquences des fausses accusations. Elles provoquent des suicides, foutent en l’air la vie de familles entières, ruinent des carrières sans la moindre raison et c’est aussi inacceptable que ce que font les harceleurs, violeurs et autres agresseurs !

Alors, maintenant… comment fait-on pour draguer ?

Cette tempête a jeté un froid sur une chose sacrée : les rapports humains. Je veux dire les jeux de charme, de séduction, la drague quoi ! Homme-femme, homme-homme, femme-femme et autres… comment fait-on désormais, pour tenter de séduire l’autre, d’attirer son attention ? Ma plus belle histoire d’amour a débuté par un petit doigt (comme je le disais plus haut), que j’ai laissé traîner sur un banc public, jusqu’à frôler celui qui me faisait vibrer… et ça a vibré pendant treize ans ! Grâce à un mini choc électrique, ressenti au travers d’un auriculaire contre un avant-bras. Ce contact subtil, voulu, attendu, romantique et recherché de part et d’autre par un soir d’été… serait-il pris aujourd’hui pour une agression ? Serait-il du harcèlement et entre-t-il dans ce qu’on ne peut plus faire ? J’ai eu la chance de vivre dans un monde où les gens se draguaient, parfois avec gentillesse, parfois lourdement… mais dans lequel on osait s’approcher les uns les autres. Doit-on légiférer sur les codes de la séduction ? Ne sera-t-il plus permis de laisser traîner une main sur une épaule, quand on est certain que l’autre attend de voir si on va oser, si on va tenter ? Il est tout de même évident qu’une agression est une agression, qu’un harcèlement c’est un harcèlement et qu’une connerie est une connerie ! Pourquoi faudrait-il tout bouleverser, sous prétexte que quelques (parce que des milliers d’hommes sur la planète, ce sont « quelques ») sales types, des porcs si vous y tenez, ont franchi l’infranchissable, l’interdit, l’inacceptable ? Un viol restera toujours un viol et cela n’a pas changé à cause d’Harvey Weinstein ! Ce que cette sale affaire a permis de positif est que la parole des victimes soit libérée… mais tout cela va trop loin et je me demande comment on pourra envisager de séduire, dans une société où même regarder quelqu’un devient susceptible d’être une agression. Qu’en est-il des rencontres en discothèque, qu’on réussit parfois et qu’on rate à d’autres occasions, parce qu’on a un petit verre dans le nez et qu’on a été un boulet toute la soirée ? Devra-t-on passer au tribunal pour ce genre de chose ? Comment les couples se formeront ils au hasard des rencontres, des soirées, des musiques et des danses ? Peut-on encore oser un slow un peu appuyé, ou est-ce aussi devenu une attaque sur l’autre et son intégrité ? Je sais que tout ça a l’air exagéré à la première lecture, mais relisez et vous comprendrez ce que je veux dire. Est-ce vraiment le monde que nous voulons pour nos enfants, un monde où garçons et filles n’oseront plus tenter de se séduire sans demander d’abord les papiers ou une autorisation à je ne sais qui, voire discrètement parcourir une sorte de code de la « drague non agressive » ? Tout cela vire au ridicule et je ne parle pas du fond, qui est évidemment vital, mais juste de la forme !

Arrêtons de pourrir les réseaux sociaux de haine, dès qu’une opinion diverge de la nôtre… osons le dialogue et même le débat, sans quoi nous préparons une société où il ne fera pas bon vivre. Ce qui est interdit l’est depuis toujours et ce n’est pas #balancetonporc qui doit bouleverser la vie de milliards d’humains ! Ce ne sera pas moins interdit demain, mais cela devient effrayant face aux flots de haine et de colère que déversent des féministes retardataires, des repenties qui savaient, mais n’ont rien dit (ce qui n’empêche pas de faire de Meryl Streep – que j’admire du reste – une des responsables du mouvement Time is up ou de croire que Oprah Winfrey pourrait devenir Présidente des USA et prendre la tête du combat contre Weinstein, alors qu’elle fut toujours l’une de ses amies les plus proches et donc savait aussi) ! Il faut que cette tragi-comédie s’arrête avant qu’elle n’aille trop loin, car il y a dans ce scénario mal léché beaucoup plus d’hypocrisie et d’opportunisme que de détresse. Du coup, celles et ceux qui sont réellement en danger ou détruits, payeront le plus lourd tribut parce que leur voix ne sera plus audible au milieu de cet infernal brouhaha ! Et ne croyez surtout pas qu’il n’y ait que des femmes harcelées… beaucoup d’hommes vivent aussi cet enfer et osent encore moins en parler. Alors, moi je dis simplement ceci : parlons-en, mais sans cri et sans haine… cela n’a jamais rien apporté de bon et nous avons tou(te)s le droit d’avoir un regard et une opinion !

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Notre co-fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. Le 20 mars 2017, il a été élu Administrateur de l'AJPBE (Association des Journalistes Périodiques Belges et Étrangers). C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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