(Édito) Tour de France à Bruxelles : un million de fois Merc(kx)i pour ce moment !

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Merci au Tour de France 2019, d’avoir débuté en grandes pompes au cœur de la capitale de l’Europe. Bruxelles s’était mise sur son trente et un, des rues ont été parfaitement refaites, des marquages au sol repeints… des quartiers tout entiers (dont le mien) totalement bouclés et tranquilles, permettant aux oreilles des riverains d’enfin se reposer des bruits qui envahissent la ville tous les jours, à l’exception notoire du mois de juillet ! Moi qui ne m’intéresse pas le moins du monde au vélo et n’ai jamais compris qu’on puisse passer trois semaines par an devant sa télé à regarder des gars rouler à vélo par tous les temps… Eh bien, j’ai décidé de sortir le bout du nez et d’aller me mêler un peu à la foule, histoire de ne pas mourir idiot. Je n’ai pas de regret…

Certains n’ont pas raté la Caravane…

La dernière fois que j’avais vu passer les coureurs du Tour de France à Bruxelles, j’étais haut comme trois pommes et j’assistais à ça depuis les épaules de mon beau-père. Cela fait donc un certain temps… Depuis, jamais je n’avais repensé à aller regarder ces sportifs pédaler dans ma ville, les rares fois où ils y ont été de passage. Alors, comme mon quartier avait été entièrement ceinturé dès jeudi et qu’il n’y avait aucun moyen d’y circuler, hier je me suis décidé à aller voir passer le Tour de mes propres yeux… juste devant ma porte ! Je dois bien admettre que j’ai entamé ma promenade avec ce qu’on appelle des pieds de plomb. Pas trop envie de me trouver au milieu de la foule, de jouer des coudes (même si une carte de presse aide bien dans ces cas-là) … de risquer de me faire marcher sur les orteils ou de me prendre un coup de hampe de drapeau dans le nez. Et puis, au fil de ma balade le long de mon boulevard surplombant les beaux tunnels entre Montgomery et Meiser, entièrement nettoyés et presque flambant neufs, j’ai remarqué qu’une foule bon enfant commençait à former un long cordon jusqu’au Rond-Point du Général. Son piédestal est déjà envahi par un groupe de jeunes qui attendaient le passage des coureurs dans une joyeuse impatience. Je me trouvai une petite place à l’angle de l’avenue de Tervuren (en direction du Cinquantenaire) et me dis que ça devrait faire des images sympas, au plus près des coureurs. Pendant un quart d’heure, j’ai admiré toute la passion qui semblait animer une famille qui avait manifestement tapé dans l’œil d’un distributeur de maillots à pois de la caravane publicitaire. J’ai demandé à une dame devant moi si elle pouvait faire une petite place contre la barrière Nadar à un petit garçon polonais accompagné de son papa et d’un petit frère perché sur ses épaules… ça m’a rappelé quelque chose. À gauche, des jeunes parents et leurs deux garçons d’une dizaine d’années cherchaient avec fébrilité l’ordre et les horaires de départ des équipes… Bref, tout le monde semblait heureux d’être là et les gens parlaient entre eux, partageant une passion commune. C’était plutôt agréable à observer

Il est rare de voir le Tour devant chez soi…

Puis soudain, une sirène de police, deux motards et… zou… ils sont passés ! Je n’ai rien vu, pas même la couleur de leur maillot. Mais, heureusement j’avais enclenché le mode vidéo. Chaque passage dure trois secondes à peine et un peu plus tard, une dame m’expliquera que la veille elle et son mari ont attendu plus de trois heures… pour voir passer l’entièreté du peloton en… 9 secondes chrono ! Au moins dans un contre la montre, chaque équipe passe seule devant le public à cinq ou six minutes d’intervalle. Cela permet tout de même d’assister à un spectacle d’environ deux heures et faire le pied de grue pendant des plombes semble du coup nettement mieux récompensé. Je pense que si j’avais assisté à l’étape de la veille, j’aurais été très déçu. Dimanche, bien au contraire, cela m’a semblé sympa et l’ambiance dans le public était vraiment bon enfant. Papoter avec mes voisins de foule et du quartier était aussi très agréable… En tout, un million de spectateurs passionnés ont assisté le long des rues de Bruxelles à ces deux belles journées ensoleillées. Ce Grand Départ rendait hommage à notre cannibale… notre héros tous sports et catégories confondus : Eddy Merckx ! Nos confrères étrangers ont été babas de la ferveur du public, de l’émotion que suscite la moindre apparition de ce champion intergalactique qui fait partie, qu’on soit passionné par la petite reine ou non, de l’ADN noir-jaune-rouge… Il faut dire qu’il ne s’est pas économisé et n’a pas boudé son plaisir de voir célébré le cinquantième anniversaire de sa première victoire dans la Grand Boucle de si belle manière. On connaît la modestie de l’immense champion et c’est sans doute ce qui lui a le plus pesé au cours de ces derniers jours : les mondanités. Il va pouvoir maintenant se reposer, après une dernière apparition à Binche pour dire au-revoir et bon vent au Tour qui rejoindra cet après-midi la France.

J’ai donc constaté de visu que le cyclisme est un sport extrêmement populaire, que ses fans ne sont pas les « ploucs » qu’on imagine, qu’il y a de l’amour et de la passion au cœur du public et que voir des professionnels de ce niveau débouler à 60 km/h juste à quelques mètres, est réellement impressionnant. Rien que dans le bruit qui siffle en passant comme le vent, on ressent toute la puissance que développent ces athlètes. Ah oui, un détail m’a frappé : depuis des lustres je vois aux JT des immenses drapeaux jaune et noir arborant le lion des Flandres… je n’en ai vu aucun, alors qu’on était pourtant à… Bruxelles. Bizarre, non ?

Marc Weidemann

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About Author

Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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