(Belgique - Mondial Russie 2018) - Un groupe de neuf Diables Rouges est monté sur le terrain d'entraînement du centre national de Tubize, au deuxième jour de préparation à la Coupe du Monde de football en Russie (14 juin-15 juillet). La tempête de la non sélection de Radja Nainggolan semble se calmer un peu, même si des supporters des Diables menacent de faire dix minutes de silence lors du match amical Belgique - Portugal à Bruxelles, le 2 juin... à suivre. Clic Infos y sera sans doute.

Voilà comment hier, au JT de 13 heures face à Jean-Pierre Pernaut sur TF1, on pouvait résumer l’intervention du Président français. Bien sûr, tout en écrivant cet édito je zappe sur les chaînes d’infos et je commence à entendre les réactions des uns et des autres… en toute logique la majorité applaudit et j’entends une responsable de LR (Les Républicains) parler d’un président « en apesanteur et décalé des réalités ». Qu’on l’apprécie ou pas, s’il y a bien une impression que ne m’a pas donné le chef de l’état durant cette heure d’entretien, c’est d’être déconnecté des réalités. Je dirais même que, comme souvent, il les maîtrise sur le bout des doigts. Maintenant, il est normal qu’en fonction de ses convictions chacun y réagisse différemment.

On peut ne pas l’aimer, l’admirer, le détester, le critiquer, le soutenir ou même le conspuer… tout cela est normal quand on parle d’un Président élu, c’est même de bonne guerre en démocratie. Par contre, je dois bien admettre qu’après avoir écouté Emmanuel Macron répondre durant plus d’une heure aux questions d’un Jean-Pierre Pernaut professionnel comme toujours, je ne peux pas dire que j’aie ressenti d’antipathie ni d’hypocrisie. Comme il a aimé le rappeler, il ne faisait pas vraiment raconteur de « carabistouilles » … son crédo est même plutôt : « je fais ce que je dis, on n’a peut-être plus l’habitude ». Et il est vrai que nombre de ses prédécesseurs ont fait beaucoup de promesses jamais tenues qui, si elles l’avaient été, n’auraient sans doute pas laissé la France dans l’état où elle est aujourd’hui… Comme il l’a rappelé : « on ne peut se payer que ce qu’on produit. La France vit depuis bien trop longtemps au-dessus de ses moyens ». Qui peut lui donner tort, quand on voit l’énormité de la dette française ? Le pays vit à crédit depuis le Général de Gaulle et il est difficile de le nier… Je ne vais pas décortiquer ici tous les détails techniques de cette intervention, vous en trouverez les interprétations dans vos médias habituels, selon vos tendances à chacun. Je n’évoque qu’une impression générale, face à un chef d’état en place depuis un an et qui en a encore quatre devant lui pour tenter de laisser une trace positive dans l’Histoire et surtout une France en meilleur état qu’il ne l’a trouvée. Réussira-t-il ? Personne n’a encore la réponse et sûrement pas moi. Par contre, j’ai trouvé qu’Emmanuel Macron semblait droit dans ses bottes comme on dit, que son regard était franc et qu’il ne s’est pas emmêlé les pinceaux dans des dossiers mal maîtrisés. Comme toujours, et on peut lui laisser cela, il connaît les choses sur le bout de doigts et cela lui permet de répondre avec aisance.

J’ai noté quelques lignes forces au cours de l’entretien et je vous les livre brutes… « Il faut arrêter de vouloir recevoir sans jamais rien donner » et c’est finalement ce qu’il dit depuis sa campagne, dans le sens où il estime que le travail doit payer. C’est d’ailleurs en partie pour ça qu’on le traite de « président des riches ». Il a aussi assumé l’aide qu’il a demandée aux retraités, en rappelant qu’il a besoin d’eux pour aller dans le sens de sa politique. Il les a même remerciés de l’effort consenti, ce que d’aucuns ont tout de suite qualifié de « scandale ». Je dirais que c’est en tout cas le premier Président de la cinquième république à remercier qui que ce soit… Ça ne leur rendra pas le sourire, mais au moins ils se sentirons peut-être pour une fois considérés. Que ce soit concernant le chômage, la SNCF, les hôpitaux, la désertification des campagnes et la disparition des services publics ruraux… j’ai un peu l’impression qu’on lui met sur le dos tout ce qui ne va pas depuis cinquante ans et qu’on voudrait qu’il ait réglé en un an. Il faut tout de même être un peu réalistes !

D’ailleurs, quand Jean-Pierre Pernaut lui a demandé, concernant les promesses : « peut-on encore aller plus loin », il a assez sagement répondu : « faisons d’abord ce que nous avons dit ». Il semble que ce soit vraiment le mantra d’Emmanuel Macron : il fait ce qu’il a dit et ne veut prendre personne en traître. En tout cas, une fois de plus, qu’on soit d’accord avec sa politique ou pas, le président semble bien avoir une réelle vision de la France qu’il veut pour demain et, dans le cadre de la cinquième république, c’est bien le chef de l’état qui fixe le cap et le cadre. On peut aussi noter une différence avec ses prédécesseurs, dans le sens où il utilise peu son premier ministre comme bouclier, ce que d’autres ont adoré faire en situations difficiles, pour se protéger de l’ire populaire. Macron semble aimer aller au feu lui-même… peut-être est-ce une qualité qu’on peut lui laisser. Ses opposants aiment le traiter de « président des riches » … Légèrement blessé, il a rappelé qu’il voulait avant tout que le travail paie mieux, qu’une plus juste répartition redistribue ses fruits quand les choses vont bien et qu’en cas de situation difficile, les efforts soient également partagés. Il a d’ailleurs fait une annonce importante (et ce fut la seule de cette intervention) en précisant qu’à partir du premier janvier 2019, il n’y aurait plus aucune charge fiscale sur les primes d’intéressement versées à leur personnel par les entreprises de moins de 250 employés. C’est une annonce économique forte, puisqu’elle concerne plus de dix millions de travailleurs. « C’est la vie ça, c’est une société » a ajouté le président. En tout cas, cette mesure devrait concrètement rendre un peu de pouvoir d’achat aux travailleurs (qui sont nombreux concernés par les primes chaque année) sans piocher dans les caisses de l’état. Ses opposants auront quelques difficultés à dire le contraire…

À la fin de l’entretien, j’ai noté quelques mots importants : « les difficultés ne m’arrêtent pas, je les avais préméditées au sens propre »« beaucoup de choses ont été faites en un an, mais il y a encore cinquante années de progrès à construire » … ou encore : « le monde s’accélère et notre pays doit pouvoir choisir son destin, pour vivre mieux » … En résumé, j’ai vu un Macron qui faisait du Macron. Il n’aura sans doute pas renversé l’opinion de ses opposants car ce n’est pas en une heure que c’est jouable, certains indécis pourront l’avoir trouvé convaincant et lui laisseront sans doute « une chance de faire ses preuves », puisqu’il a encore affirmé qu’il ne cèderait pas sur ses grandes convictions (statut des cheminots, universités, ZAD de Notre Dame des Landes) … Son calme aura sans doute redonné un coup de fouet au moral de ses soutiens, autant qu’une empathie qu’il n’avait pas encore montrée et qui semblait sincère.  En un an, le président a changé le visage de la politique française, personne ne peut le nier… il lui en reste maintenant quatre pour prouver que sa vision de l’avenir était la bonne. Entretemps ses opposants s’amuseront dans les heures qui sépareront le point final de cet édito et sa parution vendredi matin, pour hurler au loup, lui trouver de nouveaux noms d’oiseaux ou jeter le Président dans du goudron et des plumes, tandis que les partisans de la République en Marche diront : « c’est le vieux monde quoi » ! Dans quelques années, nous saurons qui du nouveau ou de l’ancien avait raison…

Marc Weidemann
Rédacteur en chef.

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Notre co-fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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