Ce samedi soir, le premier ministre belge Charles Michel a acté la départ de la NVA du gouvernement. Le parti de Bart de Wever quitte donc la "suédoise" sur le Pacte de l'ONU pour une immigration responsable et fait chuter le gouvernement en place depuis quatre ans. Charles Michel ira à Marrakech signer le pacte au nom de la Belgique et d'une "alliance responsable orange-bleue" a déclaré le Premier dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des Ministres restreint de samedi soir. Il mènera des consultations politiques à son retour du Maroc.

Il fallait bien que cela arrive un jour, comme cela arrivera à tous ceux et celles de cette génération dorée du cinéma français… dont Jeanne Moreau fut la dernière à nous quitter, très récemment. La nuit dernière, c’est donc Mireille Darc qui a disparu à l’âge de 79 ans, Alain Delon paraît-il, à ses côtés. Ces deux-là ne se sont jamais vraiment quittés et s’ils ont vécu quinze ans ensemble, ils sont toujours restés amis intimes. Comme l’actrice le disait : « Alain, c’est ma famille » … Affectueusement surnommée la Grande Sauterelle, elle laisse une longue traînée d’amour dans le cœur des français et des cinéphiles du monde entier. Actrice au jeu fin et ciselé, loin de sa seule silhouette exceptionnelle et des rôles de gourgandines, comédienne magnifique au théâtre, réalisatrice, photographe… Mireille Darc était une artiste complète… beaucoup diront tout simplement qu’elle était l’image de la Femme libre. Portrait, forcément incomplet d’une artiste très complète…

Une enfance pas toujours rose.

Clic Infos - Elle est désormais Mireille Darc-en-ciel…

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Elle s’appelait Mireille Aigroz et avait des origines helvétiques dans le joli canton de Vaud, à Combremont-le-Petit plus précisément. Mais c’est à Toulon qu’elle est née le 15 mai 1938 et qu’elle passera une partie de son enfance. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, ses parents décident de la mettre à l’abri en Suisse. Son père (qui n’est pas son père biologique) et sa mère décident même d’y envoyer leurs trois enfants (Mireille et ses deux frères aînés), les confiant à leurs tantes paternelles. Après le conflit, ils reviennent à Toulon où leurs parents sont épicière et jardinier. La vie de la famille est simple, voire même plus que cela parfois… Après le collège, la jeune fille arrête ses études pour se consacrer à l’art qui l’attire alors : la danse. Le Conservatoire toulonnais est gratuit et Mireille y entre donc… pour en sortir en 1957 avec un prix d’excellence sous le bras, mais aussi une lettre de recommandation !

Elle « monte à Paris ». D’abord rien n’est simple…

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C’est alors qu’elle se choisit un nom de scène : Mireille Darc (qu’elle adoptera plus tard officiellement), en référence à la Pucelle d’Orléans, mais aussi à l’Arc… la rivière de son enfance. Quand elle arrive dans la capitale (en 1959), elle doit gagner sa vie pour s’offrir ses cours de théâtre avec Maurice Escande, qui a tout appris à Jacques Charon, Michel Bouquet, Serge Reggiani entre autres. Il a joué dans plus de 70 films, dont les premiers avant la guerre de 1914-18 (NDLR) ! Pour ce faire, elle promène régulièrement le chienchien d’une comtesse, fait ce qu’on n’appelle pas encore du baby-sitting, participe à des défilés de mode aux Magasins du Printemps, pose même pour un peintre et… dans des romans photos. Ses efforts finissent par payer et elle tient un (très) petit rôle au théâtre, un peu par chance. Elle remplace en effet une comédienne, tombée malade… Mais c’est le début de son rêve qui se réalise…

La télévision est déjà dénicheuse de talents… pour le cinéma.

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C’est en effet le petit écran qui la révèlera en 1960, dans la Grande Bretèche de Claude Barma et l’année suivante avec un tout premier rôle principal, dans Hauteclaire signé Jean Prat. Mais son premier rôle vraiment marquant, elle le décroche dans le célèbre film Pouic-Pouic de Jean Girault, en 1963. Elle y interprète la fille des Monestier… les immenses Louis de Funès et Jacqueline Maillant ! C’est le début du vrai début. Les choses s’accélèrent pour la jeune actrice et les deux années suivantes elle tourne dans Des Pissenlits par la racine (avec Michel Serrault et Louis de Funès, encore), puis dans Galia de Georges Lautner. Elle y est une femme libre, jeune et belle, qui change d’amants comme de chemisiers… c’est le commencement d’un mythe. Avec Georges Lautner, elle tournera pas moins de treize films, dont Les Barbouzes (aux côtés de Lino Ventura) ou encore Ne nous fâchons pas.

Les années 70 pointent le bout du nez… et seront marquantes.

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Dans les années 1970, elle travaille encore avec Lautner : Il était une fois un flic, La valise… et le devenu culte Le Grand Blond avec une chaussure noire, mais aussi le retour dudit grand blond, d’Yves Robert et avec Pierre Richard. Qui oublié l’incroyable robe noire au décolleté plus que plongeant… dans le dos de Mireille ? Elle l’aurait choisie elle-même chez Guy Laroche mais, n’ayant pas assez de poitrine, elle a pensé que ce serait un fiasco… elle a donc décidé de la retourner (enfin, il y a fort à parier qu’on a tout de même fait de sacrées retouches, mais le résultat était… subjuguant – NDLR) ! D’ailleurs, l’actrice raconte elle-même que lorsqu’elle arriva sur le plateau, tout le monde se tut… Elle explique aussi l’avoir cachée à Pierre Richard, qui l’a découverte uniquement au moment du tournage. Son étonnement n’est donc pas feint dans le film. Mireille Darc devient alors un véritable sex symbol, au cœur des années de la liberté sexuelle. Elle devient « la » star des années 70 du cinéma français. Sans parler de leur passion, elle tourne alors avec Alain Delon : Madly, Jeff, Borsalino and Co, Les seins de glace, l’Homme pressé et Mort d’un pourri.

Années 80 et le drame.

Sa carrière est brutalement interrompue en 1983, par un terrible accident de voiture en Italie, dans le fameux tunnel d’Aoste. Le choc la blesse très grièvement et sa colonne vertébrale est fracturée. C’est Alain Delon lui-même qui annonce alors qu’elle devra rester immobilisée durant trois mois au moins, à l’hôpital de Genève. Ensuite, elle et lui se séparent, après une quinzaine d’années de vie commune. Ils resteront pourtant toujours très proches. Elle n’apparaît plus au grand écran après 1986. Par contre, en 1989, elle passe derrière la caméra et réalise son premier et unique film de fiction : La Barbare, avec Murray Head.

Les années télévision… puis le retrait.

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Mais elle fait un retour remarqué à la télévision et l’a toujours assumé, disant qu’une actrice prend autant son métier au sérieux pour un film réalisé pour le petit écran que pour le cinéma. Dans les Cœurs Brûlés ou Les Yeux d’Hélène, elle incarne une bourgeoise redoutable. Elle tourne ensuite Terre Indigo, le Bleu de l’océan et Franck Riva en 2003, où elle retrouve… Alain Delon. Mais elle laisse alors la fiction derrière elle et se tourne vers le reportage de société. Elle en tournera beaucoup pour France Télévisions, entre 1992 et 2015. Dès 2005, elle devient la marraine d’une cause qui lui tient vraiment à cœur… et c’est le cas de le dire : la Chaîne de l’Espoir, qui apporte des soins, souvent chirurgicaux et principalement cardiaques, aux enfants de pays défavorisés. En 2006 et à partir de 2008 de manière pérenne, elle devient la marraine de l’opération Plus de Vie, destinée à améliorer le quotidien des personnes âgées hospitalisées. Si elle ne tourne plus, ni pour le cinéma ni pour la télévision, elle fait un retour remarqué au théâtre, à la demande et aux côtés d’Alain Delon. Elle dira qu’elle n’a pu résister à l’appel de son éternel ami-partenaire ni à celui du texte. Sur la route de Madison raconte un amour impossible… et sera un très gros succès au Théâtre Marigny. En décembre 2015, elle réalise un documentaire qui fera beaucoup parler et montrera toute l’humanité de Mireille Darc. Elles sont des dizaines de milliers de sans-abri est diffusé sur France 2 et le succès est énorme, tant auprès des critiques que du public. L’artiste se révèlera enfin photographe de talent, captant à merveille toute la sensualité, mais aussi les fragilités et les forces de la Femme. Son travail, souvent en noir et blanc, est convaincant et… convainc !

Sa vie personnelle n’a pas été un long fleuve tranquille.

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On ne peut pas dire que son enfance fut idyllique… elle a toujours su que son père n’était pas son père biologique et qu’il l’avait baptisée « la bâtarde », ce qui ne doit pas être facile à porter. Plus tard, avec le succès est aussi arrivé le bonheur et le grand Amour de sa vie : Alain Delon. Ils vivront quinze ans ensemble et seront l’un des couples les plus célèbres du cinéma français. Elle n’aimait d’ailleurs pas du tout qu’on la réduise à ce statut de « compagne d’Alain Delon ». Elle se découvre alors une anomalie cardiaque et comprend qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfants, au risque de mettre sa vie en péril… et le couple se sépare. Delon rêvait d’avoir encore des enfants. C’est alors une incroyable amitié et une totale confiance qui s’installe entre eux et elle ne se démentira jamais. En 1989, elle perd son compagnon Pierre Barret, qui a été directeur de l’Express et fut ensuite Président d’Europe 1. Sept ans plus tard elle rencontre son futur époux Pascal Desprez, un architecte parisien très en vue. Mais sa santé n’est pas bonne… et Mireille Darc est victime de deux hémorragies cérébrales en 2016. Elle souffrait d’un souffle au cœur depuis l’enfance et avait discrètement été opérée à cœur ouvert en 2014. Une attaque cérébrale l’avait frappée fin novembre 2016… Depuis lors, sa santé déclinait et elle s’est éteinte hier, lundi 28 août 2017.

Elle laisse donc le souvenir d’une femme profondément humaine, ayant vécu une incroyable vie, digne d’un roman. Pourtant, depuis quelques années elle avait pris du recul, trouvé la sérénité et disait-elle, compris le sens de la vie. On peut donc se consoler en pensant qu’elle est partie satisfaite de son passage sur terre et, si Alain Delon était bien auprès d’elle… heureuse, d’une certaine manière.

 

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