Bon, ça peut faire un peu vulgaire, mais la proposition grivoise « une p’tite pipe, Monsieur ? » ne sera sans doute pas réalité dans la bouche (sans jeu de mots encore plus grivois) des serveuses d’un bar bien spécial, qui devait ouvrir prochainement à Genève. En effet, un entrepreneur helvète a eu l’idée (enfin, elle existe en Thaïlande depuis longtemps) farfelue ou choquante pour certains, d’ouvrir un établissement à la carte duquel il y aurait quelques cafés et autant de gâteries buccales, fellations… en bref, des pipes quoi ! Il avance, comme argument « scientifique », que les hommes seraient plus efficaces au cours de leur journée de travail, s’ils ont été « satisfaits » le matin… Pas sûr que cela fasse vraiment plaisir aux épouses, maris, maîtresses et autres amants, qui verraient là une « concurrence déloyale » aux plaisirs matinaux qu’ils ont peut-être, eux aussi, envie de procurer à leur compagnon…

En France par exemple, ce commerce un peu spécial n’eut de toute manière même pas vu le jour au stade de projet. En effet, la prostitution y est illégale, tout simplement (même si elle est largement pratiquée et tolérée dans les faits). Donc… impossible d’envisager un instant un établissement où il serait possible de déguster son petit café, tout en laissant une travailleuse du sexe s’évertuer sous la table à satisfaire le client d’une gâterie buccale.

Clic Infos - Pas de « café – pipe » pour les Genevois !

Clic Infos – Pas de « café – pipe » pour les Genevois !

Une question de légalité d’abord…

Mais dans d’autres pays membres de l’Union Européenne, la prostitution est bien légale. En Allemagne, Autriche, Grèce, Lettonie et aux Pays-Bas, elle l’est, mais est aussi encadrée et considérée comme un métier libéral offrant une protection sociale aux professionnel(le)s du sexe. En Espagne, la situation est plus floue, puisque le racolage y est interdit… mais pas les maisons closes. En Belgique, la prostitution est légale. Par contre, le racolage et le proxénétisme sont punissables. Disons que la prostitution « indépendante » y est totalement libre et considérée comme un métier du sexe, avec tous les avantages et inconvénients liés au statut d’indépendant (droits sociaux, pension, cotisations fiscales, impôts…). En Suède, Norvège, Irlande du nord (comme en France donc), c’est le fait d’être client d’un(e) prostitué(e) qui est pénalisé et non pas la prostitution elle-même. Enfin dans d’autres nations (Croatie, Lituanie, Malte et Roumanie), le « plus vieux métier du monde » est tout simplement interdit, voire (très) sévèrement réprimé. Cet état des lieux n’établit aucunement un jugement moral de Clic Infos, qui ne juge jamais. Chacun est entièrement libre de se forger une opinion intime sur la prostitution et sa consommation. Pour notre part, tant qu’aucun mineur n’est concerné et que cela se passe donc entre adultes consentants et capables de décision, nous appliquons sincèrement le vieil adage qui dit assez sagement : « chacun fait son lit comme il se couche ».

Il pensait respecter la loi et gagner pas mal d’argent, sûrement…

Clic Infos - Pas de « café – pipe » pour les Genevois !

Clic Infos – Pas de « café – pipe » pour les Genevois !

La formule « café – pipe » a été conçue (ou importée) par le patron de l’entreprise de services érotiques Facegirl, se basant sur les lois suisses, qu’il pensait respecter. Mais revenons un instant sur le concept complet, pour que chacun sache de quoi il s’agit vraiment. Le café serait ouvert de 6 à 20 heures et le client viendrait y prendre un café (à la carte) tout en se faisant prodiguer une fellation par une prostituée (choisie sur tablette, dans un « catalogue »). La prestation et le café y reviendraient à environ 60€… Celui qui se fait appeler Bradley Charvet affirme : « le café matinal est un moment privilégié et rapide. Des études ont démontré que les hommes étaient plus performants au travail après avoir été satisfaits durant la matinée. En cinq minutes, tout est plié ». Bien, bien, bien… on ignore de quelles études scientifiques il parle, mais surtout je me demande pourquoi ouvrir jusqu’à 20 heures, si ce n’est pour faire de l’argent en dehors de sa belle théorie de la satisfaction matinale ? C’est une autre affaire, justement… Hormis toute considération morale, en Suisse la prostitution est autorisée, dans un cadre réalisé pour cela et répondant à des normes sanitaires strictes. Le lieu doit être signalé à la police, qui peut dès lors veiller au grain. S’il est « coercitif » ou « brutal », le proxénétisme est interdit en Suisse, mais il est globalement autorisé tant qu’il est « acceptable ». C’est donc sur cette loi qu’a voulu surfer Bradley Charvet… et pourtant, il est tombé sur un os.

Remplacer les prostituées par des robots… entourloupe légale ou pas ?

Si la prostitution est donc permise en Suisse, comme nous venons de l’évoquer… elle ne peut être exercée dans les lieux publics (ce que demeure un café ayant pignon sur rue et ouvert librement aux consommateurs). L’entrepreneur a donc pensé à contourner cette loi, en remplaçant les travailleuses du sexe par des robots. Il en existe qui « fonctionnent très bien » (nous y consacrerons prochainement un sujet, mais l’étude des offres et des possibilités techniques prend du temps. Un domaine dans lequel certaines choses prêtent à sourire, tandis que d’autres sont franchement inquiétantes et les budgets toujours conséquents) … mais il s’est avéré que remplacer les serveuses par des machines ne « marche pas » légalement dans ce cas précis. En effet, même s’il ne s’agit plus alors de prostitution (puis qu’aucun humain n’est concerné par la réalisation de la prestation) … il n’en demeure pas moins que le café proposerait des services sexuels tarifés… obligeant donc le propriétaire à faire de son établissement un espace privé et surtout clos. Bref… pas de « café – pipe » pour le pauvre Bradley ni pour les genevois ! Certains le regretteront sûrement et d’autres applaudiront sans doute. Il faut reconnaître en tout cas, que c’était là une tentative inédite (en Europe) et qui aurait certainement trouvé une clientèle régulière et très rentable. Pour le reste, encore une fois, chacun pensera ce qu’il voudra. Mais quelque chose me dit que certains doivent être déçus, parmi des clients potentiels qui se voyaient déjà devenir plus performants au boulot… avec une bonne excuse !

Il ne reste plus qu’à attendre que l’idée fasse des petits, puisqu’il y a fort à parier qu’après cet échec, Facegirl et son entreprenant patron feront de nouvelles tentatives pour lancer des idées lucratives, sur un marché qui ne faiblit jamais : celui du sexe.

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