Ce samedi soir, le premier ministre belge Charles Michel a acté la départ de la NVA du gouvernement. Le parti de Bart de Wever quitte donc la "suédoise" sur le Pacte de l'ONU pour une immigration responsable et fait chuter le gouvernement en place depuis quatre ans. Charles Michel ira à Marrakech signer le pacte au nom de la Belgique et d'une "alliance responsable orange-bleue" a déclaré le Premier dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des Ministres restreint de samedi soir. Il mènera des consultations politiques à son retour du Maroc.

J’ai une question sous forme de titre de film : « Et la tendresse, bordel » ? Parce que franchement, on pourrait trouver que les campagnes anti-harcèlement ressemblent depuis quelques jours à du… harcèlement ! Comme nous le craignions dans un article lors de la révélation de l’affaire Weinstein, les vagues de dénonciations n’arrêtent plus. On pourrait dire d’emblée que c’est une très bonne chose, qu’il était temps de libérer la parole et qu’enfin les coupables de comportements indéfendables devraient être punis. C’est certain mais, à force de remuer la boue, nous sommes à présent confrontés à un véritable tsunami « d’affaires », déferlant sur le net, dans la presse, sur les réseaux sociaux… et il n’y a sans doute pas que du bien à en dire.

Dans l’excès de haine, rien n’est plus vraiment audible…

Clic Infos - Harcèlement

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Nous rappelions, au moment où Harvey Weinstein a été dénoncé, que le fameux hashtag (mot-dièse) #balancetonporc pourrait bien devenir extrême, que la dénonciation de faits avérés était indispensable, mais qu’avec la liberté totale des réseaux sociaux, on risquait aussi d’assister à un déferlement de haine et de dénonciations calomnieuses… Et il faut bien constater que, si le second exemple est difficile à estimer (il y en a fatalement dans le paquet), la haine s’est bel et bien libérée. On assiste, assez estomaqués pour certains, à une véritable marée d’accusations et de dénonciations, qui nous font réagir au premier chef en nous exclamant : « Quoi ? Mais ce n’est pas possible qu’il y en ait autant » ! Pourtant, le harcèlement n’est pas nouveau et, nous le disions au lendemain du scandale, il n’y a pas que dans le monde du cinéma que ça se passe… mais l’ignorions-nous vraiment ? Ne sommes-nous pas alors tous coupables d’avoir fermé les yeux, d’avoir assisté au moins à une situation où nous sommes restés cois face à un homme qui, dans le métro par exemple, faisait une remarque à une femme sur sa beauté ? Et pire, ne l’avons-nous jamais été nous-même, cet harceleur du quotidien, sans pour autant nous sentir monstrueux ou coupable ? Regardez la photo ci-dessus… qu’y voyez-vous ? Pour ma part, je vois un homme qui regarde un femme… voilà tout. L’observe-t-il depuis trois secondes ou depuis trois minutes ? Peut-on écrire, sans risque de nous tromper, que ce monsieur harcèle ladite femme ou l’a fait ? Je n’en suis pas sûr et si quelqu’un prend cette affiche au pied de la lettre, il pourrait se mettre à insulter voire agresser physiquement ce passager. C’est un bon résumé de la situation du monde depuis quelques jours : on ne sait plus si on peut oser regarder quelqu’un ! Ça vous semble sans importance ? C’est au contraire une question primordiale et elle conditionnera dans les prochaines années, les codes comportementaux d’une société où tout deviendra harcèlement… Est-ce ce que nous voulons ?

Que devient la relation à l’autre et oserons-nous encore aborder quelqu’un ?

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Même si cette question en dérangera certains ou paraîtra ridicule à d’autres, elle n’est pas sans importance, bien au contraire ! Elle conditionne tout ce que sera demain la relation homme-femme et pas que… parce que depuis le scandale Weinstein, on ne parle que du harcèlement d’hommes envers les femmes. Mais des hommes harcèlent aussi des hommes, des femmes… des hommes et des femmes, des femmes ! Sans oublier le harcèlement envers les enfants et autres mineurs. D’ailleurs, nous en avons eu quelques exemples ces derniers jours… Un comédien affirme que Kevin Spacy a voulu abuser de lui quand il avait 14 ans, après une soirée. Cela a déclenché de nouvelles confidences et le comédien a décidé de profiter d’un message de mea-culpa, pour faire aussi son coming-out ! Bien entendu, il a déclenché une vague d’indignation et a encore permis à bon nombre d’imbéciles (ou d’homophobes notoires) d’amalgamer homosexualité et pédophilie. Comme quoi… il faut toujours utiliser les mots avec prudence, pour éviter ce genre de confusions, dangereuses en plus d’être mensongères. Ceci n’empêche évidemment pas le phénomène du harcèlement ou de l’abus sur mineur d’être bien réel. Au travers d’une pièce de théâtre Le Cri, certains savent pertinemment que ce phénomène me touche de très près, puisque j’ai vécu cela durant sept ans, étant très jeune. Je ne vais donc évidemment pas le minimiser ! Mais, quand je lis certaines dénonciations sur les réseaux sociaux, je ne peux m’empêcher de mettre encore et toujours en garde contre la calomnie. Tout le monde sait qu’il suffit d’accuser quelqu’un de pédophilie ou même de tentative d’abus sur un(e) mineur(e), pour qu’il soit voué aux gémonies et lynché en place publique. Je veux dire par là que sa réputation est finie, car sur Internet c’est rapide comme l’éclair… et irrattrapable, quand on se rend compte ensuite que l’accusation était fausse. Aucune excuse ne peut réparer une vie foutue en l’air ou plus grave encore, un suicide… et il n’en manque pas. En fin de compte, si on lit les réseaux ces derniers jours, on se dit qu’il ne sera désormais plus possible d’aborder qui que ce soit, homme ou femme… de dire à voix haute à quelqu’un : « tiens, regarde comme cet enfant et sa maman sont beaux » … et pire que tout : on n’ose presque plus prendre dans ses bras un enfant de sa propre famille en présence d’étrangers, de peur que ce geste de tendresse soit mal interprété. Plus question de dire à une jeune femme qu’elle est belle, à un jeune homme qu’il a un charme fou… ni de demander à quelqu’un son numéro de téléphone. Que devient le jeu de séduction ? Que peut-on faire et ne pas faire ? Comment entamer une conversation avec quelqu’un du sexe opposé (ou pas) ? Comment les jeunes « dragueront ils » demain et de quel droit leur enlèverait-on cette superbe découverte de la vie d’adulte qu’est l’approche de l’autre ? Si on accepte de regarder les choses par le petit bout de la lorgnette, ces questions sont loin d’être anodines ou tronquées… et c’est franchement triste !

Il y a aussi les mots qui deviennent menaces…

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Au milieu de tout ce charivari, j’ai lu et écouté des choses de tous horizons, de tous pays, d’hommes, de femmes, de jeunes… et ce qui m’a le plus frappé est une série d’affiches. Elles ont été placardées ces derniers jours dans certains quartiers de Bruxelles et m’ont fait frémir, car elles illustrent parfaitement les craintes que j’évoquais ci-dessus. On y voit, entre autres, le dessin d’une femme armée d’une grande paire de ciseaux et qui dit : « si tu me dis encore une fois que je suis charmante, je t’arrache les couilles » ! Eh bien, figurez-vous qu’il m’arrive régulièrement de dire à un ou une inconnue qu’elle est belle ou qu’il est beau, parfois en présence d’un compagnon, d’une compagne. Évidemment, il y a la manière de le dire… mais je vous assure que ça n’a jamais provoqué que sourires et remerciements et parfois même des conversations très agréables. Et ce n’était pas de la drague… juste la simplicité de dire à quelqu’un de beau (à mes yeux) … qu’il était beau ! Et cela deviendrait donc interdit ? Moi, je n’arrive pas à imaginer un monde sans mot doux, sans compliments, sans rencontre par hasard, sans conversations avec des inconnus, qui aboutissent parfois (rarement certes, mais ça arrive) à de magnifiques histoires d’amour. J’en entends réagir : « non mais franchement, il vit dans quel monde lui, celui des Bisounours » ? Mais non ! J’ai juste envie de vivre dans un monde où toute approche de l’autre ne sera pas considéré comme une agression, dans une société où le dialogue existera encore, sans qu’on doive à l’avance expliquer qu’on ne fait pas une démarche négative… Je veux que nos enfants continuent à se dire que le grand amour peut se croiser dans un bus, sur un bel échange de regard ou de sourire… Est-ce vraiment trop demander ?

Parce que si la libération bien compréhensible de la parole des victimes, ne l’est pas avec prudence… nul ne peut ignorer que la haine ne pourra que bâtir de nouvelles relations sociales et pas toujours dans le sens qu’on imagine. Il est évident que nous avons besoin d’une société basée sur le respect mutuel, sur la dignité de la femme, de l’homme et de l’enfant… qui n’accepte pas qu’on colle la main aux fesses à n’importe qui, n’importe quand… au sein de laquelle on n’a pas peur d’entrer seul dans une pièce avec quelqu’un, sans crainte de se trouver dans une situation inconfortable voire dangereuse… Mais enfin, est-ce que tout cela doit vraiment être précisé ? C’est tout de même évident, non ? Alors je dis qu’il faut recommencer à éduquer, à apprendre aux adultes d’aujourd’hui et de demain, qu’il faut appliquer des règles de savoir-vivre-ensemble, respectant les uns comme les autres… C’est si évident, qu’on dira encore que je suis naïf mais, si c’est pour vivre dans un monde de peur constante, d’angoisse et de ciseaux menaçants… eh bien, je vous le dis : qu’on me coupe les couilles tout de suite !

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About Author

Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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