Neymar par-ci, Neymar par-là… depuis deux jours, on n’entend que ce nom. Beaucoup ont l’air de nager dans le bonheur suite à l’arrivée du prodige brésilien du ballon rond à Paris, tandis que d’autres se plaignent, grondent, sont révoltés, écœurés et j’en passe. Mes amis disent souvent que je regarde d’office le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide… ce n’est pas faux. J’aime l’équilibre, je fuis les confits et je déteste les affrontements. Je préfère toujours accepter qu’il y ait deux faces à une pièce ou encore deux côtés à un miroir. Cela rend le regard plus riche, j’en suis convaincu. Cette tempête Neymar m’a donc interpellé : d’un côté des fans qui semblent au paradis et de l’autre, des révoltés face aux chiffres hallucinants de ce transfert le plus cher de l’histoire… 222 millions d’euros quand même ! Alors, est-il possible de regarder pacifiquement et raisonnablement les deux faces de la pièce ?

222 millions… il est vrai que c’est un chiffre hallucinant !

On a entendu et lu dans les médias tous les comparatifs possibles : cela fait 3 avions Rafales, X maisons à Knokke le Zoute, X hamburgers, pass métro, salaires moyens, Twingos… jusqu’au calcul démontrant que l’arrivée du brésilien au Paris Saint Germain rapporterait à l’État Français sur cinq ans, le double de la baisse de 5€ par mois des aides au logement, décidée il y a quelques jours. Il est vrai que présentée comme cela (et uniquement comme cela), la somme est choquante. Les montants des transferts (et du reste, comme les droits de diffusion télé) sont devenus dingues dans le monde du ballon rond et c’est incontestablement excessif. Mais un jour, une soi-disant instance de « fair-play financier » régulera-elle réellement les excès dans ce domaine, ou est-elle déjà trop inféodée au microcosme financier et professionnel ? Bien sûr, quand on se dit qu’un seul homme va gagner (pour courir, une balle au pied) l’équivalent de milliers de salaires mensuels moyens par jour… il y a de quoi se sentir écœuré(e). Mais du coup, d’autres questions viennent à l’esprit, face à ce déferlement de colère : « ce garçon est-il coupable de la situation » ? « Ne pense-t-il vraiment qu’à l’argent » ? Et là… je ne suis pas certain qu’on puisse être aussi catégorique dans le jugement. On se souvient qu’en 2015, Kevin De Bruyne était devenu le joueur belge le plus cher, lors de son transfert vers Manchester City pour la somme déjà incroyable de 46,5 millions d’euros… Ensuite, Paul Pogba a été à son tour recruté par Manchester United cette fois, pour 105 millions d’euros, plus 5 de prime. Si ces chiffres donnaient déjà le tournis, c’est plus du double que le PSG vient de débourser et cela devient réellement vertigineux… Si les joueurs ne crachent pas sur l’argent (inutile d’être angélistes), on ne peut les accuser d’être à l’origine de ces enchères « débilisantes » ! Donc, rangeons les blâmes du genre : « ils sont nés avec cuiller d’argent en bouche », « ils ne pensent qu’au pognon », « il a encore réussi à faire grimper son prix ». D’ailleurs, Neymar vient d’une famille vraiment plus que modeste et ne doit finalement son ascension qu’à son talent… et à son père, manifestement très bon manager et négociateur.

Le bonheur de jouer… il faut aussi les croire, quand ils le réaffirment.

De mon côté, et toujours à cause de mon regard sur le verre à moitié plein, je veux croire Neymar Junior, quand il dit qu’il est venu au PSG pour relever de nouveaux défis et être heureux en jouant au foot ! Ah oui, j’entends encore ceux qui disent : « mais, l’argent… ». Stop, laissons un instant la finance de côté, pour en revenir au sport. Pourquoi ne pas croire que le bonheur de ces joueurs est de briller sur un terrain et de faire rêver des millions de fans ? Concernant le jeune brésilien, il semble bel et bien qu’il procure du rêve aux quelques 169 millions de personnes qui le suivent sur les réseaux sociaux… une paille ! Alors, parlons un peu de rêve justement (et je n’ai pas choisi la devise du PSG « rêvons plus grand »), car c’est bien ce que j’ai vu dans les yeux de tous ceux (et celles) qui se ruaient hier sur son maillot à 150 € (oui, moi aussi je trouve ce prix excessif) … En les écoutant et en voyant les larmes dans leurs yeux, on ne pouvait accuser ces fans de jouer la comédie… du bonheur ! Donc je me demande, si l’on veut tout « monnayer » : à combien on évaluerait le rêve de dizaines de millions de fans ? Ou les nombreux emplois qu’assure l’arrivée d’un cador dans un club ? Combien rapportera-t-il à ce club, en droits, sponsors, retombées ? Combien seront-ils, finalement, à tirer profit de son arrivée ? A ces questions je n’ai pas de réponse chiffrée, mais « morale » oui : ils seront très, mais vraiment très nombreux ! Alors, si on fait comme moi en regardant la moitié pleine du verre… eh bien, on se dit que vide et plein s’équilibrent assez bien, en fin de compte. Il faut donc peut-être simplement relativiser les choses, les chiffres, les rêves et les réalités.

La raison peut-elle revenir dans le monde du football ?

Coming Chic - Neymar

Coming Chic – Neymar

Alors au fond, je me demande simplement si on ne pourrait pas se dire que tout s’équilibre en quelque sorte, entre intérêts financiers et passion du sport. Il faut s’habituer à des chiffres extravagants dans ce domaine et il y a fort à parier que les montant vont encore grimper à l’occasion de prochains transferts de stars… et beaucoup conjecturent déjà sur la somme pour laquelle le PSG revendra Neymar… un jour ! Je crois qu’on n’arrêta plus la spirale infernale… Pour ma part, je pense surtout aux milliers de supporters qui espéraient voir ce soir leur idole jouer, pour la première fois sous les couleurs de Paris… mais dont la Fédération Espagnole a déjà coupé l’herbe sous le pied. Elle n’a pas envoyé les documents nécessaires à l’officialisation du transfert hier avant minuit et, si elle pousse le bouchon, elle a le droit de retarder les choses 30 jours. Le fair-play retrouvera-t-il un peu droit de cité d’ici-là, ou ne s’agit-il que de se venger du club parisien et de le priver de recettes pendant au moins quelques semaines ? En fin de compte, cette tempête médiatique, financière et de « musculation » ne sert strictement personne. Et je ne parle pas ici d’intérêts financiers, mais bien du sport et de la liberté finalement, pour Neymar Junior, d’exercer tout simplement son métier, pour lequel beaucoup se plaignent qu’il est… trop payé ! Un comble, parce que là et selon ma logique très basique sans doute, il est payé vraiment très, très cher… pour ne rien faire !

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