La Bulgarie est un membre actif de l’Union et succède à l’Estonie. Le prochain pays à la présider pour six mois sera l’Autriche, fin juin. Elle n’est pas très connue du public en Belgique ou en France, mais nous enregistrerons dans quelques jours un Hôte de Marc exceptionnel avec son Ambassadeur, Son Excellence Maya Dobreva. Vous découvrirez une diplomate passionnée et dynamique. Elle aura l’occasion de nous présenter son pays plus longuement et avec son regard de femme. La Bulgarie n’est pas le pays le plus riche de l’Union, il est même celui qui l’est le moins. Il lui faudra donc tenter de défendre ses projets et idées force durant ces courts six mois, à l’aide de créativité et de sérieux. Certains s’inquiètent du fait que la droite de la droite participe au gouvernement du pays, mais on est loin de l’extrémisme de la politique actuelle de la Pologne ou de quelques autres ex pays de l’est, par exemple. Voici donc les grandes lignes qu’on connaît du programme de la présidence bulgare, en attendant de rencontrer sa plus haute représentante en Belgique et au Luxembourg.

Une grande première pour la Bulgarie.

C’est en effet la toute première fois que ce pays prend la présidence tournante de l’Union Européenne (dont elle est membre depuis 2007). Sa population est d’un peu plus de sept millions de citoyens, c’est une république parlementaire et démocratique, avec un haut indice de développement humain. Elle est aussi membre de l’OTAN et de l’Organisation Mondiale du Commerce. Sa monnaie nationale est le Lev (0,51 €). Si elle est le plus pauvre des membres de l’U.E, elle n’en est pas moins active et dynamique, tentant de contrebalancer son manque de richesse sonnante et trébuchante par sa créativité. En accédant pour six mois à la présidence tournante de l’Union, les responsables de ce pays du sud-est du continent semblent bien décidés à s’attaquer à des dossiers importants voire brûlants, tels que celui de la politique migratoire communautaire. « La Bulgarie prend la présidence européenne à un moment clé pour l’Union… que le slogan L’union fait la force nous conduise » a publié avant-hier le Premier Ministre Boïko Borissov sur son compte Facebook. La Bulgarie partage la devise nationale belge et compte bien démontrer qu’elle en cultive aussi la valeur. Un grand concert s’est déroulé lundi dans la Capitale Sofia, au Palais de la Culture. Chaque état membre y était représenté par un auteur de musique classique… une première démonstration du sens de sa devise, pour bien entamer cette période de grande responsabilité. Les choses sérieuses débuteront réellement les 11 et 12 janvier, lorsque le Collège des Commissaires Européens sera réuni dans la ville pour l’inauguration officielle de la présidence bulgare. Nous avons choisi de rediffuser dans la vidéo ci-dessus l’allocation de Son Excellence Maya Dobreva, lors d’un déjeuner de présentation réunissant quelques journalistes belges à Liège, en décembre dernier. Vous pourrez l’entendre vous présenter son pays et ce grand événement qu’est pour lui sa présidence.

Détente des relations avec Erdogan, évolution du Règlement de Dublin… d’autres dossiers sensibles.

Parfois (et la Belgique l’a souvent prouvé) un petit pays arrive à faire entendre sa voix auprès des grands, simplement parce qu’il n’a pas le même angle de vision des choses et situations. Gageons que la Bulgarie fera tout son possible pour faire entendre ses différences durant six mois et prouver qu’elle peut apporter sa pierre à certains édifices politiques qu’on pourrait croire tout dessinés. À l’intérieur de ses frontières, l’Union est plutôt appréciée et 62% des bulgares ont confiance en elle. Bénéficiant de fonds européens, le pays estime très important de mener une politique de cohésion, même si le budget de l’Union pourrait bien se trouver quelque peu amaigri après 2020 et donc le début de la période post Brexit. Comme elle est située le long de la péninsule balkanique, aux frontières extérieures de l’Union Européenne et à celle de la Turquie, la Bulgarie se sent très concernée par le problème des migrants. Elle se déclare favorable au respect des accords passés avec la Turquie dans ce domaine en mars 2016, avis qui n’est pas partagé par tous les pays membres. Face à la complexité de la mise en œuvre de ces accords et aux diverses positions des membres de l’U.E., la présidence bulgare est décidée à tenter d’améliorer les relations entre Bruxelles et Ankara. On sait qu’entre l’Union et le régime du Président Recep Tayyip Erdogan elles sont plus que tendues depuis le coup d’état manqué et les purges qui s’en sont suivies, ainsi que le renforcement violent de la mainmise du chef de l’État sur les institutions de son pays. Une mission qui risque de ne pas être simple, mais qui ne manque pas d’ambition. La Bulgarie aimerait aussi adhérer à l’Espace Schengen et elle veut également travailler sur un déblocage de la réforme du Règlement de Dublin, totalement embourbé. Pour rappel, ce règlement laisse la responsabilité et la charge des migrants au premier pays de leur entrée dans l’Union et insiste particulièrement sur la protection des frontières extérieures de celle-ci. Mais en dehors de ces dossiers fort délicats, la présidence bulgare aura aussi la responsabilité de lancer une nouvelle phase des négociations entre l’Europe et le Royaume-Uni, plus particulièrement concernant la période de transition et les relations commerciales qui seront de mise ensuite entre les deux parties.

La Bulgarie mettra sûrement un point d’honneur à utiliser son expérience régionale pour tenter d’améliorer la stratégie européenne d’aide aux pays de l’ex-Yougoslavie et à l’Albanie. Un grand sommet Union Européenne – Balkans est prévu à Sofia en mai 2018, ce qui est une première depuis quinze ans. « Une européanisation des Balkans est nécessaire pour prévenir une balkanisation de l’Europe » a déclaré le premier Ministre Borissov. La seule inquiétude des européens est que le parti conservateur de Monsieur Borrisov s’est trouvé obligé de gouverner avec les Patriotes Unis (troisièmes des élections législatives de mars dernier), qui regroupent plusieurs formations nationalistes, certains disent d’extrême droite, comme le VRMO ou encore Ataka. Parmi les buts déclarés du VRMO, on trouve en effet la création d’une « Grande Bulgarie », qui récupèrerait certains morceaux de territoire de Macédoine ou de Grèce. Cela a en effet de quoi inquiéter, mais tout le monde compte sur la capacité de Monsieur Borissov à tenir à l’œil ses encombrants partenaires et à les laisser le moins possible intervenir dans la politique européenne. L’Autriche reprenant le flambeau dans six mois, on comprend que l’ombre de l’extrême droite et des nationalismes plane sur les responsables de l’Union, qui n’a pas envie de voir se renouveler l’aventure indépendantiste de la Catalogne. Tout le monde souhaite donc que la Bulgarie ait une présidence raisonnée et raisonnable, qui lui permette de tirer un bilan positif à l’issue de ses six mois à la Tête de l’Union.

Découvrez toutes les informations concernant la présidence bulgare sur le site officiel : www.eu2018bg.bg

Share.

About Author

Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

Comments are closed.