Au lendemain des dévastations de Saint Barthélemy et Saint-Martin par l’ouragan Irma (force 5), les deux paradis des Antilles françaises se trouvent plongés dans le chaos et la désolation. Des milliers de gens sont sans abri, la population se sent exclue du monde, les infrastructures et habitations sont ravagées, les ports aussi et voilà que des pillages viennent semer encore plus de peur. L’eau potable manque cruellement, les installations médicales sont très endommagées et l’ensemble ressemble à un pays sur lequel une terrible guerre éclair se serait abattue. Le gouvernement français met de nombreux moyens de secours en œuvre, mais les conditions climatiques n’arrangent pas l’arrivée des renforts humains et matériels. L’inquiétude s’installe et la colère gronde, surtout que José approche et pourrait frapper à nouveau les paysages d’apocalypse et augmenter encore les dégâts. Des questions se posent aussi…

Quelle est la situation à Saint Barth et Saint-Martin ?

Situation terrible aux Antilles françaises

Le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a officialisé un bilan toujours provisoire, de neuf morts et sept disparus. Celui-ci pourrait s’alourdir au fur et à mesure des recherches dans les décombres et il semble qu’il n’y aurait pas de décès à déplorer à Saint Barthélemy… cette information nous ayant aussi été confirmée par plusieurs contacts que nous poursuivons avec des habitants de l’île. Une forte solidarité s’y met en place et chacun tente d’aider son voisin. Un restaurant, qui ne veut pas qu’on cite son nom, a même décidé de préparer le plus de repas possibles, pour les distribuer gratuitement. Mais la solidarité locale ne palliera pas longtemps au retard des secours. Il faut noter aussi que d’autres victimes ont été dénombrées à Porto Rico et dans les Iles vierges américaines. A l’heure où nous bouclons, les liaisons maritimes sont coupées entre la Guadeloupe, qui sert de base de regroupement à toutes les forces de secours et au matériel (dont de l’eau) envoyées depuis la Métropole et les îles. Saint Barthélemy et Saint-Martin sont à nouveau placées en alerte orange aux cyclones, puisqu’un nouvel ouragan (José) approche. D’après la préfecture de Guadeloupe, les rotations aériennes sont maintenues et tentent d’apporter prioritairement des vivres, de l’eau potable et des forces de l’ordre sur les deux îles. Car les scènes de pillage se multiplient, principalement à Saint-Martin, dans la partie française. L’aéroport international a été rouvert, mais uniquement pour les transports militaires acheminant du matériel de secours et des moyens humains : gendarmes, médecins, infirmiers. Côté hollandais toujours, l’armée patrouille depuis hier soir déjà… et certains se demandent pourquoi les forces françaises n’ont pas été aussi réactives.

Des interrogations pointent et les débats risquent d’être très bientôt amers.

Situation terrible aux Antilles françaises

Vous le savez, sur Clic Infos nous n’avons pas souvent le même ton que nos confrères, généralement dans un sens plus sympathique et dynamique. Mais en l’occurrence, il nous semble que le temps n’est pas au langage sympa et que poser des bonnes questions n’est pas une mauvaise chose. Nous n’avons nul besoin (et vous non plus) de refaire l’histoire ou de détailler en cent paragraphes la situation dramatique de Saint Barth et Saint-Martin. Il semble qu’on s’approche d’un taux de destruction d’environ 50% de l’île franco-hollandaise plutôt que des 95% annoncés précédemment, mais l’une comme l’autre ont subi d’énormes dégâts. On évoque déjà le chiffre d’au moins 200 millions d’euros… Alors certes, la reconstruction devra démarrer aussi vite que possible, la vie des Antilles françaises étant majoritairement basée sur le tourisme. Mais il faudra sans doute répondre d’abord à de nombreuses interrogations concernant les constructions et les erreurs plus que probablement commises par le passé. Il faudra aussi revenir sur la question des évacuations préventives et de leur faisabilité, ainsi que de leur utilité et de leur coût. Se demander si respecter la tradition sera plus important que de construire selon des normes anti ouragans élevées… parler de l’enfouissement des lignes téléphoniques, réseau Internet, distribution d’eau, en ne prenant pas les budgets comme excuse pour rebâtir n’importe comment. Il est probable également que la douloureuse question des constructions sur les côtes se posera et avec elle celle de l’avenir de certains hôtels. Le manque de forces de l’ordre locales semble flagrant et nombre d’habitants demandent déjà qu’on augmente les contingents de manière permanente, afin de se sentir mieux protégés. Saint-Martin, par exemple, est connue pour son haut taux de délinquance et la population demande plus de protection et de lutte pérenne contre ce phénomène, alors que Saint Barth est clairement moins concernée… Bref, les questions dérangeantes ne manqueront pas dans les prochaines semaines et les éviter serait hypocrite. Les responsables politiques ne pourront plus se contenter de déclarations pleines de bons sentiments et de « solidarité ». Au contraire, ils devront proposer du concret et le mettre en œuvre, au risque de voir la colère grandir parmi les habitants de ces petits bouts paradisiaques de France.

En attendant (toujours) les secours… c’est José qui approche, avec toutes ses menaces.

Situation terrible aux Antilles françaises

Mais pour l’heure il semble que, même si la Ministre des Outre-mer est déjà sur place, les Saint-Martinois et Saint Barth ne trouvent pas vraiment que les choses se passent bien. Outre les peurs, la tristesse face à tout ce que beaucoup ont perdu ou encore les inquiétudes légitimes pour l’avenir, les habitants trouvent que les secours tardent, s’inquiètent du manque d’eau et des délais dans l’arrivée de cargaisons de secours… certains disent même se sentir comme « dans un pays sous-développé » qui « ne fait rien pour les aider ». Peut-être que cette réaction sera un peu excessive aux yeux de beaucoup, mais il faut admettre que certaines images qui nous parviennent l’évoquent réellement. Est-il normal, comme dans une république bananière, de voir des pillages violents et destructeurs ou encore des délinquants qui ont chargé une camionnette de matériel électroménager volé (très visible) … croiser tranquillement un véhicule de police, sans même se faire contrôler ? Bien sûr, les autorités disent (et c’est sans doute vrai) que les forces de l’ordre sont submergées… mais on peut comprendre la réaction outrée (et surtout inquiète) des habitants. Le pire pour eux est sans doute d’entendre des médias qui se veulent politiquement corrects, ménager les pilleurs en parlant d’une « population désorientée et perdue » ! Car peut-on vraiment parler de gens désorientés ou perdus, en évoquant de simples (et nombreux) voyous, qui ne volent pas de la nourriture ni de l’eau (ce qui serait nettement plus compréhensible à défaut d’excusable), mais bien des vêtements de luxe, des lave-linges de grandes marques ou encore des téléviseurs à très grands écrans ? Parfois il faut appeler un chat… un chat ! Et il y a fort à parier que la dame qui filmait paniquée le pillage en règle d’un magasin en face de chez elle et qui se demandait combien de temps cela durerait, préfèrerait qu’on appelle ces jeunes gens des voyous, des délinquants, des voleurs… plutôt que de les confondre avec les citoyens vraiment désorientés. Ils savent ce qu’ils font et sévissent partout dans le monde, quand vient un temps de destruction !

Il faut que les voyous se mettent aussi à l’abri dans les heures qui viennent car, même si on espérait encore ce matin que José épargne les deux îles déjà presque détruites par Irma, il pourrait bien les toucher violemment dès demain. Il faudra en tout cas que tous les citoyens soient protégés le mieux possible, quand ce nouvel ouragan s’abattra sur eux. Si les premiers secours arrivent avant cette nouvelle épreuve…

Nous suivrons évidemment la situation demain, comme depuis trois jours. Vous êtes nombreux à nous lire là-bas (quand vous le pouvez) et toute notre équipe ne peut que penser fort à vous et souhaiter que vous puissiez vous mettre à l’abri. Si plus tard, après le chaos, nous pouvons amener une aide quelconque, nous le ferons le mieux possible. Entretemps, moralement au moins… vous n’êtes pas seuls !

Toute l’équipe de Clic Infos.

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