Diablement CLIC - La France est donc Championne du monde, après une finale certes agréable mais qui, comme l'a déclaré Didier Deschamps lui-même, n'était pas un "très grand match". La victoire est cependant incontestable, bravo donc aux Bleus ! Les Diables Rouges finissent beaux troisièmes, avec une médaille de bronze méritée au cou. Le retour en Belgique fut triomphal... à juste titre. Pour cause probablement politique, Modric finit Ballon d'Or du tournoi (et pas Eden Hazard), tandis que Thibault Courtois remporte le titre de meilleur gardien. N'oublions pas que la Belgique finit le Mondial avec la meilleure attaque (16 buts) ! rendez-vous à l'Euro 2020 !

Attention : le texte de cet article a été rédigé vendredi, avant la mise en accusation d’Harvey Weinstein et sa remise en liberté sous caution.

Cela fait des mois qu’on parle de l’affaire Weinstein partout, que le producteur a plongé dans la honte la plus absolue et les affres de l’enfer du rejet (mérité, c’est évident), que les femmes ont enfin réussi à (re)prendre la parole et à dénoncer les salauds… que quelques hommes aussi ont sauté dans le train, dénonçant l’un ou l’autre acteur gay ayant pratiqué le même sport répugnant qu’Harvey W. et que le mouvement « Me too » s’est transformé en phénomène de société (grâce à Internet en grande partie, il faut le reconnaître). Bien… c’est noté ! Et voilà donc que l’ex producteur décide de se livrer à la police de New York, pour deux affaires : un viol présumé datant de 2010 et une fellation forcée qui daterait de 2004. Évidemment les plus actives militantes anti Weinstein, dont quelques actrices emblématiques qui ont porté le combat, se sont vite réjouies que la Justice passe enfin… Oui, mais attention les filles, la messe n’est pas dite et le Grand Méchant Loup ne dormira pas en prison avant longtemps. Soyez attentives, mais pas seulement à être vengées… restez-le aussi afin que les bornes ne soient pas dépassées. Ce n’est sans doute pas le discours hyper agressif et assez hystérique de l’actrice italienne Asia Argento lors de la soirée de clôture du Festival de Cannes, qui aidera la cause. Il faut maintenant équilibrer les choses pour être efficaces… et justes.

Weinstein se livre à la police de New-York, sous condition…

Depuis hier tous les médias ne parlent que de ça et dans le monde entier, presque plus que de l’annonce par Trump de son plus énorme échec depuis son arrivée à la Maison Blanche, à savoir l’annulation (que nous avions prédite) du fameux sommet avec Kim Jong-un : Weinstein s’est livré à la police de New-York ! Il est clair que cela devrait faire avancer le schmilblik, mais il ne faut pas trop se réjouir ni trop vite. En effet, on peut dire que le producteur banni a un peu (beaucoup) dicté ses conditions et n’aurait accepté de se rendre dans le cadre de deux premiers dossiers, que s’il était assuré de sa libération après une mise en examen, contre une caution d’un million de dollars, la remise de son passeport et le port d’un bracelet électronique. Dès le départ, on a tout de même un peu l’impression que ce sera un inculpé VIP, qui ne sera pas traité comme Monsieur ou Madame Tout-le-monde, ne risque pas de faire demain de la préventive aux bons soins du personnel de la prison de Rikers. Et puis surtout, lorsqu’on voit l’enthousiasme de certaines victimes supposées d’Harvey Weinstein, leurs avocats seraient assez bien inspirés de calmer un peu leur joie débordante et très médiatique. Le vieux loup n’a sans doute pas dit son dernier mot et n’est pas encore mort. On peut parfaitement comprendre qu’elles soient satisfaites de voir la machine judiciaire enfin se mettre en marche, ce qui nous donnera (à nous médias) un peu de grain à moudre, mais du vrai, plutôt que de laisser les plus bizarres d’entre nous ressasser sans arrêt les mêmes news réchauffées ou tirer des plans sur la comète, voire inventer tout et n’importe quoi, au risque d’entretenir le feu de joie des fake news… Qu’elles soient heureuses de voir les choses enfin prendre un tour judiciaire est très compréhensible. Mais il faut aussi accepter l’idée que les faits ne seront en aucun cas faciles à prouver de manière irréfutable, que les avocats n’ont pas commencé à broyer les témoins, qu’il n’est pas encore reconnu coupable ni condamné. Ce sont évidemment des constatations désagréables, mais qui ramènent les choses à leur réel niveau d’aujourd’hui. Ce sera donc désormais la responsabilité des leaders les plus emblématiques de Mee too, de veiller à ce que trop d’excès ne déferlent pas dans les médias et surtout sur les réseaux sociaux, souvent attisés par leur plus fervents et très excessifs soutiens, au risque de couler les procédures officielles… et ça, ce serait vraiment rageant !

L’agressivité qui ne tire pas avec précision n’apportera rien à « Me too » …

J’en reviens, à titre d’exemple, au discours plutôt déroutant de l’actrice – chanteuse – DJ – mannequin – scénariste – réalisatrice (pfiou… tout ça en fait une multitâche, mais pas une star) italienne âgée de 42 ans Asia Argento, « craché » avec emphase, « passion » et surtout une grande agressivité à Cannes, le week-end dernier. Était-il vraiment nécessaire (et est-ce que cela sert la cause défendue), devant tout le gratin du cinéma et les caméras du monde entier, de pointer un gros doigt accusateur vers l’ensemble des hommes présents (qui ont dû en avaler leur nœud-pap), en criant ou presque : « Harvey Weinstein ne sera plus jamais le bienvenu à Cannes (jusque-là, on est parfaitement d’accord) et nous savons que vous êtes nombreux ce soir à être aussi des prédateurs. Nous savons qui vous êtes et votre heure viendra » ? Les mots ne sont pas exactement les mêmes car c’était bien plus long, mais ils reflètent le sens exact des propos de l’actrice. Il n’est pas sûr que ce comportement serve réellement les victimes car ce discours accusateur a créé un très profond malaise, même auprès des femmes présentes, dont la présidente du Jury la sublime Kate Blanchett (qu’on ne peut pas soupçonner d’antiféminisme). On peut d’ailleurs le comprendre, parce que l’adage populaire qui dit que l’excès nuit en tout, trouve ici un bien bel exemple. Si mademoiselle Argento, accusant les prédateurs d’être nombreux dans la salle, avait eu le courage de les appeler par leurs noms en disant : « Messieurs vous, vous, vous, vous et enfin vous… nous vous dénonçons ce soir en pleine lumière et vous ne serez plus les bienvenus à Cannes » … tout le monde aurait applaudit des deux mains et des deux pieds son courage. Chacun aurait alors pu se défendre et accuser la comédienne de mensonges ou présenter des excuses contrites et affirmer que, comme Weinstein, il se précipiteraient dès le lendemain en cure de désintoxication sexuelle… Le malaise général est donc compréhensible dans le chef autant des femmes que des hommes présents, qui avaient l’air (tous et toutes) abasourdis face à ce discours violemment militant à l’occasion de la remise des prix du Festival de Cannes, censé être d’abord une grande fête du cinéma, qui en a d’ailleurs bien besoin. Finalement le but n’est pas atteint, puisque si les quelques monstres à moitié dénoncés par Asia Argento se sont dit « ouf » … tous les autres hommes se sont sentis accusés d’être des prédateurs sexuels ! C’est un peu fort de café et un vrai exemple de ce que l’excès peut avoir de négatif sur une cause, aussi juste soit-elle. En effet, dès le lendemain la presse est tombée à titres raccourcis sur l’actrice italienne dont ils sont certes relayé le discours, mais non sans sarcasme à propos de sa véhémence, voire même de sérieuses critiques sur la forme.

Attention aux excès, surtout sur les réseaux sociaux, qu’on ne maîtrise jamais bien longtemps.

Mais, mademoiselle Argento affirmant être l’une des victimes de Weinstein et ayant quasi lancé le mouvement qui a entraîné la chute vertigineuse du Roi d’Hollywood, on peut pardonner au moins en partie son émotion excessive. Mais, sera-t-il possible de le faire avec les innombrables dénonciateurs calomnieux qui se cachent derrière leur clavier ? Parce là… on peut dire que le mouvement « Me too » a, par la force des choses et surtout du Net, entraîné un autre phénomène qu’on pourrait baptiser « Him too » et beaucoup moins « Her too ». Oui, aujourd’hui et depuis que le scandale a éclaté, si vous voulez zigouiller votre voisin, patron ou encore le collègue que vous détestez, juste parce qu’il est meilleur que vous… eh bien, il suffit de publier un message de dénonciation sur les réseaux et il sera relayé à perpétuité et dans le monde entier. C’est fort clair, la vie de votre victime sera foutue, on ne peut plus foutue et avec violence. On n’ose imaginer celles qu’il subira ensuite, dans sa famille, au boulot, dans sa vie sociale… Bref, s’il n’est pas poussé au suicide (ce qui est arrivé assez souvent depuis le début du phénomène Me too), son existence complète n’en sera pas moins détruite… et vous pourrez jubiler, bien planqué derrière votre écran d’ordinateur. Ne croyez surtout pas que j’exagère ! Nous savons que nos lecteurs sont des gens sympas et cools… mais dites-vous que ce dont nous parlons ici se passe bel et bien (en masse) dans la vraie vie et en détruit des quantités, depuis qu’une simple accusation de harcèlement voire même d’un regard de travers, peut avoir l’effet d’un ouragan sur la vie de gens innocents. Évidemment, le mouvement a le réel mérite de permettre (ou d’espérer à tout le moins) que la Justice passe et foute aussi en l’air et pour toujours celle des vrais prédateurs, jusqu’ici protégés par l’omerta. D’ailleurs, le silence ne règne pas que dans le monde du cinéma… Quels que soient les domaines professionnels dont on parle, on se rend maintenant compte que les comportements suspects voire coupables ne manquent pas : théâtre, mode, médias… et je ne parle ici que de ceux que je connais. J’imagine que dans les milieux industriels, de la poste, du bâtiment, de la viticulture, de la distribution et dans tous les autres, les yeux se sont ouverts et les bouches aussi. Il est donc sain de dénoncer les réels prédateurs et d’en débarrasser les femmes (et les hommes parfois), mais nous devons veiller à ne pas laisser les extrémistes de tous poils (dénonciateurs, délateurs, féministes… et on parle bien des plus extrémistes, pas des autres) prendre le pouvoir, profitant d’un légitime mouvement. Voilà pourquoi je pense, depuis le début de l’affaire Weinstein et le premier article que nous avons commis sur le sujet que, si les femmes veulent être réellement les gagnantes (et pour longtemps) de ce combat méritant et difficile, elles doivent être les premières attentives. Il faut établir des règles et (tenter de) les faire respecter… pour le bien de tous, à commencer par celui des victimes et pour que les coupables soient non seulement dénoncés, mais condamnés et le plus lourdement possible !

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Notre co-fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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