Ce samedi soir, le premier ministre belge Charles Michel a acté la départ de la NVA du gouvernement. Le parti de Bart de Wever quitte donc la "suédoise" sur le Pacte de l'ONU pour une immigration responsable et fait chuter le gouvernement en place depuis quatre ans. Charles Michel ira à Marrakech signer le pacte au nom de la Belgique et d'une "alliance responsable orange-bleue" a déclaré le Premier dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des Ministres restreint de samedi soir. Il mènera des consultations politiques à son retour du Maroc.

Régulièrement, nous vous présentons des restaurants que nous avons appréciés pour la qualité de leur table, mais aussi pour le service ou encore la gentillesse de leurs équipes. En cette fin d’année et alors que vous allez peut-être retrouver des amis ou de la famille au restaurant dans les premiers jours de l’année nouvelle, nous avons voulu réunir en un article les cinq tables qui ont réellement marqué nos douze derniers mois. Avec un peu de chance, cela vous permettra de faire plus aisément un choix pour votre prochain dîner entre amis, en famille ou même en amoureux… Cette année, ils sont quasi tous dans la Capitale, mais en 2018 nous visiterons davantage de belles et bonnes tables en province. En attendant, voici le Top 5 de nos coups de cœur… parmi tous nos autres coups de cœur de2017. Bon appétit et bonne année !

Un classique, gastronomique et jouissif : le Passage (Uccle)

Nous avons voulu commencer ce top 5 (qui n’est pas un classement) par une table de prestige, orchestrée par un chef qui n’a plus rien à prouver et qui garde intacte sa passion de la cuisine gastronomique et élégante. À tout seigneur tout honneur donc… Il y a de véritables moments de grâce gustative, dont l’esprit se régale autant que les papilles. Ce fut le cas dans ce restaurant, magnifique à tous égards, de la salle à l’assiette en passant par le personnel. Certains l’oublient, mais c’est aussi une équipe qui fait d’un dîner un moment d’exception et on ne cite que rarement les membres d’un personnel impeccable. Avant donc de parler du Chef Rocky Renaud et de son éblouissante cuisine, nous voulions encore féliciter Maxime, Fabrice, Océane et notre sommelier, dont les sourires et la compétence ont contribué à faire de ce dîner un moment précieux. Pour le reste, on est ici dans une Maison où le chef d’orchestre chatouille les étoiles, les vraies. Et on se fiche que le Michelin lui ait enlevé celle qu’il lui accordait depuis des années… une faute incompréhensible, que nous allons vite oublier. En mise en bouche, nous avons dégusté un très subtil carpaccio de cabillaud au jus de betterave rouge, huile de noisettes, copeaux de pecorino et pointes de roquettes… moelleuse et croustillante entrée en matière. Le chef nous a fait l’honneur d’inaugurer une nouvelle entrée : quenelle de brochet et sa sauce Nantua divine ! C’est fin et corsé, aérien et légèrement mousseux…

La terrine de foie gras de canard maison m’a laissé un incroyable souvenir aussi. Le dressage était superbement graphique, le foie irréprochable et la portion généreuse. Généralement les chutneys ne m’attirent pas trop, car très sucrés… celui aux poires et safran du Chef Renaud est inoubliable. Les ris de veau ne plaisent pas à tous, mais personnellement j’adore ça et je me suis évidemment laissé tenter. Les escalopines croustillantes de Ris de veau aux Morilles sont légèrement croustillantes et l’intérieur tendre à souhait, fondant en bouche. Pas une goutte d’eau ne s’échappait des morilles parfaitement cuites et leur jus corsé était divin. Une touche de vin jaune et un soupçon de Cherry rendaient la réduction savoureuse et soutenaient la saveur impeccable de pomme dauphines dorées. Serge avait opté pour le Blanc de Turbotin et Crevettes Grises de nos Côtes, Wok de légumes frais et mousseline au Riesling. Poisson cuit à la perfection, souligné par la subtilité des noisettes « Fleur de Cazette », tout droit venues de Bourgogne. L’ensemble était accompagné d’un exquis cromesquis de crevettes grises belges, pané au paprika et tandoori masala. Rien à dire concernant la purée fine et goûteuses ni sur le parfait miel de tomates, qui apportait une petite note acidulée à l’ensemble ! Si vous cherchez l’endroit idéal pour faire une demande, déclarer votre amour ou encore le confirmer… en bref pour dîner en tête à tête et en tutoyant les étoiles, le Passage est le chemin le plus direct vers une soirée d’exception !

Le bistronomique épatant et créatif : Chez Émile (Ixelles)

Ici, c’est Kevin le clown maison et s’il est présent quand vous pousserez la porte de ce bistro à manger, vous ne pourrez le rater ! Ici, la bistronomie de qualité se conjugue avec sourire, convivialité gentillesse et service impeccable. On est dans une brasserie : il y a du bois, une clientèle de tous âges et composée d’habitués, de bruxellois et d’hommes d’affaires étrangers qui reviennent à chaque séjour. Le bistronomique est dans l’assiette et ça… Anaïs et moi en avons pleinement profité. Nous avions mis l’équipe à l’honneur, parce qu’elle le mérite largement et Jules, en chef de salle et de charme, était parfait. Côté assiette… mon invitée avait choisi les Saint-Jacques, parmesan, seiche et citron. Une assiette jolie et généreuse à la fois. Les morceaux de meringue à l’encre de seiche étaient savoureux et le côté iodé bien présent, sans que le sucre ne tue le tout… très bien vu. Trois belles noix de Saint-Jacques superbement cuites et moelleuses, mais la trouvaille était ailleurs. Une très légère mousse de parmesan et une marmelade de citron se mariaient à la perfection, sans toutefois prendre le dessus sur l’ensemble. Une jolie découverte ! Moi, j’avais choisi les Billes de foie gras, spéculoos, cacao et nougatine. Le foie était fondant, roulé dans la poudre de cacao amer et un émietté de spéculoos bien pensé. Un fond brun venait effacer un peu le sucre et rééquilibrer le tout, alors que l’amande effilée légèrement caramélisée donnait la touche de croustillant que j’attendais.

Pour Anaïs, Canard Confit, soufflé de pommes de terre. C’était exceptionnel ! Sous la couche dorée de chapelure maison, se révélait tout simplement un nuage, qui avait dû être découpé dans le ciel quelques instants auparavant ! C’est en fait un espuma de purée de pommes de terre, assaisonné « façon purée ». Dessous se cachait un canard fondant et parfaitement confit (de la cuisse évidemment). L’ensemble était aérien, gourmand et légèrement croustillant sur le dessus… voilà ce que j’appelle taper un ace ! La carotte orange braisée ajoutait un sourire à cette décoiffante assiette. Quant à moi, je m’apprêtais à faire une autre découverte et pas des moindres. Je n’avais jamais osé goûter à la viande maturée… Ben non, moi vous me dites maturé et je pense moisissures, bactéries, beurk. Mais on m’avait dit aussi que cette merveille, au même titre que les frites de la maison, était une sorte de légende et qu’il serait impardonnable de ne pas m’y frotter. Qu’à cela ne tienne… je me suis lancé et j’avoue que je suis tombé raide amoureux de mon bœuf, maturé durant 49 jours ! En quelques mots, la saveur est à mi-chemin entre le carpaccio de bœuf et un bon jambon cru San Daniele, avec un petit truc en plus et un nez de fruits sec. 200 grammes d’une tuerie, coupée dans l’entrecôte et comme le disait Kevin : c’est très addictif ! L’assiette est simple et la viande nue, à part un coup de pinceau d’huile d’olive de qualité qui lui donne une gourmande brillance. Sincèrement, j’ai mangé quelques excellentes frites pour le plaisir, puis je me suis contenté de pain frais et de cette merveille. Vous aimez les ambiances de brasseries joyeuses et où ça parle fort, dans la bonne humeur générale ? C’est Chez Emile qu’il faut faire étape, en espérant que Kevin sera là et que vous aurez aussi la chance d’être servis par Jules !

L’asiatique élégant et tout en finesse : l’Orchidée Blanche (Ixelles)

Dans le très vivant quartier universitaire d’Ixelles, les restaurants ne manquent pas et parmi eux on compte celui que Gault et Millau a élu en 2015 « Meilleur restaurant Asiatique de Belgique – Luxembourg ». La façade est très discrète, pas clinquante. Une fois la porte passée, j’ai été ébahi de me retrouver dans une petite salle très harmonieusement décorée, Zen et toute en matières nobles… avec une seule tête de Bouddha sculptée et magnifique. Côté table… le temps de m’asseoir et les surprises ont commencé, toutes bonnes. Que ce soit dans la salle avec ses jolies tables, dans le service et la classe du personnel en tenue traditionnelle ou dans l’assiette, tout ici rappelle l’élégance de Kathia Nguyen la propriétaire de cet exquise maison. On est loin des décorations criardes rouges et dorées qu’on trouve souvent dans les restaurants asiatiques et tout ici n’est que douceur et volupté. Grand amateur de cuisine asiatique (j’ai rarement aussi bien mangé qu’en Chine, au Japon ou encore à Taïwan), je crains souvent une « européanisation » qui s’éloigne des saveurs originales. Je serai heureusement surpris dès le potage Wan-Tan (raviolis) que j’ai choisi. Farid de son côté a opté pour des rouleaux de printemps. Ils sont dodus et regorgent de belles demi crevettes fraîches, d’émincé de porc savoureux et fin, de salade et de menthe fraîche. La feuille de riz qui les enrobe est mince et parfaite, sans le moindre trou. On eut dit des ballottines déposées sur une feuille de bananier, accompagnés d’un peu de persil frais et… d’une orchidée. Ils invitent à les attraper avec les doigts et à les déguster en les trempant dans la sauce aigre-douce et légèrement pimentée. Je suis aussi complètement gaga de dim-sum… À Pékin, il m’arrivait d’en avaler une bonne vingtaine au petit-déjeuner et je n’exagère pas ! J’ai donc choisi une assiette mixte de six petites bouchées fumantes, présentées sur un lit de soja à peine cuit et croquant. Elles sont parfumées de quelques herbes fraîches, d’oignons croustillants et habillées d’une pâte brillante. Les farces sont un mélange de viande de porc finement ciselée, mais aussi de scampis et leur saveur est délicate. Un élégant bol de sauce les accompagne, avec un mélange de Hoi Sin (sauce brune et épaisse, très sucrée), de cacahuètes et quelques autres éléments. L’ensemble est un régal… Mon invité a choisi des nouilles sautées, version légumes variés et scampis, très généreusement servies. Les couleurs sont vives, les légumes légèrement croquants et les scampis (en quantité) cuits à la perfection. Une sauce épicée est proposée en accompagnement et a semblé le ravir. Ses nouilles étaient si parfumées que je les sentais également et en ai volé une bouchée… je ne regrette pas mon larcin !

Le canard laqué accompagné de petites crêpes est vraiment un de mes pêchers mignons. Je l’avoue bien volontiers et sur la carte il m’a tout de suite fait de l’œil. Trop souvent il est servi trop cuit et sec. De Paris à Londres en passant par Munich, j’ai souvent été déçu. Ce ne fut pas le cas ici ! J’ai entamé avec enthousiasme ce plat que je connais bien. La peau était croustillante à souhait, la chair quasi rosée (je ne m’explique pas ce miracle, mais il était bien réel). C’était copieux et, comme je ne suis pas un ogre, je me suis contenté de déguster le canard très tendre, sans même m’encombrer des crêpes, que j’ai toutefois goûtées et qui étaient impeccables. Les oignons jeunes finement ciselés ont tout de même comblé mes papilles, pour certaines bouchées. La viande était si réussie et généreuse que je m’en suis délecté avec gourmandise ! L’Orchidée Blanche m’a fait voyager vers une région du monde très chère à mon cœur et que j’ai pu rejoindre l’espace d’une soirée, grâce à des plats classiques et parfaitement exécutés. L’endroit peut clairement revendiquer le titre que Gault et Millau lui a attribué en 2015 : meilleur restaurant asiatique de Belgique – Luxembourg. C’est entièrement mérité !

La table gastronomique d’un jeune chef, en équipe avec son épouse : le Rêve Richelle (Waterloo)

En 25 ans de passion et de travail acharné, Claire et Benoît ont fait de cette élégante villa de Waterloo une maison agréable où on se sentirait presque chez soi, si ce n’est qu’on y est servi avec humour, rigueur et gentillesse. S’il faut quelques minutes pour s’adapter à l’énergie incroyable de Claire, on se rend vite compte qu’elle connaît son métier et sa carte sur le bout du bout des doigts. Dès qu’elle sourit, même si c’est le soir, le soleil entre dans la salle. Décoration épurée, tables espacées, élégant nappage, chaises signées Stark… on sent que tout a été pensé avec amour. Ici comme partout, il y a la carte bien sûr… mais le vrai plaisir est de se laisser embarquer par le chef au cœur de son menu dégustation. Muriel et Nathan, qui m’accompagnent ce soir-là, ne mettent pas longtemps à me suivre sur cette voie… Dès les amuse-bouche on sait où on est. J’ai surtout retenu une surprise, qui mériterait d’être estampillée et vendue en ballotins : une merveille de Praline au Guacamole (nos amis français diront bonbon) … C’est une délicate coque au beurre de cacao, parfaitement réalisée et croquante, qui renferme une mousse de guacamole d’une légèreté et d’une fraicheur qui nous a tous les trois fait sursauter de surprise, et je n’exagère pas ! Ça nous a littéralement décollés de notre chaise et on dirait qu’un mini nuage nous a explosé en bouche. Trois étoiles, je vous dis ! Dans la première entrée, on sent l’apprentissage et la délicatesse que le chef a pu acquérir en Asie. La feuille de bananier par exemple, mais pas que… La Saint-Jacques en marinade est délicatement tranchée, sa saveur subtile et parfumée, tandis que les vermicelles de patate douce ont un goût différent de celles de riz, traditionnellement proposées. C’est légèrement plus sucré et la toute fine julienne de carotte, le soja, la coriandre et la menthe fraiche, ainsi que les grains de grenade viennent relever tout ça avec vigueur. C’est très équilibré et une petite sauce secrète en pipette vient faire éclater l’ensemble en bouche, pour y demeurer un certain temps. C’est une vielle dame qui en a enseigné les secrets au chef, à Singapour. Les Scampis, haricots lingots, chutney d’épinards et sauce satay sont un voyage de senteurs ! Les scampis sont juste snackés et nacrés, fermes sous la dent. Le chutney révèle bien son identité « épinards » mais avec un petit plus, dû à l’assaisonnement subtil (pignons de pin torréfiés, raisins secs, vinaigre, olives et câpres, le tout finement haché et incorporé délicatement). La sauce satay est sucrée juste comme il faut et révèle bien la cacahuète, c’est la petite signature exotique. Le coulis de haricots lingots vient apporter de la douceur à la saveur générale, Ensuite, un très agréable sorbet de pommes vertes au Manzana est venu nous rafraîchir fort à point, pour nous emmener vers le plat principal.

Le poisson (du Skreï), accompagné d’un Noilly-persil et écrasé de choux de Bruxelles est élégant et parfaitement cuit. Les grains de sarrasin qui l’habillent sur le côté, apportent un croustillant bienvenu, qui soutient la tendreté du poisson. L’écrasé de choux de Bruxelles est goûteux, sans l’emporter, et il conserve une mâche bien agréable. Le jus de persil au Noilly Prat est une très belle réussite et il vient marquer l’assiette d’une saveur à la fois fraîche et corsée. Les jeunes graines de soja sont un légume assez proche des fèves, en moins pâteux. L’ensemble reçoit un petit coup de peps inattendu grâce aux « cheveux du diable » qui coiffent le poisson et apportent une jolie petite touche de rouge. Il s’agit de poivron séché et fumé au bois de hêtre, ciselé très finement. Non seulement c’est joli, mais ça donne un dernier petit coup de fouet à une assiette qui enchante par ses saveurs variées et sa légèreté. En dessert, ce sera orange sanguine, épices du souk et mousse de chocolat blanc. Une belle clôture pour un dîner de haut vol, tout en simplicité trompeuse, comme le reste du repas. Le talent du chef Benoît Decelle nous a réellement fait voyager ! Nous sommes bien dans un restaurant de cuisine française, mais il se permet des détours par de jolis chemins de chèvres, pour nous emmener au gré de ses fantaisies. Il respecte à la lettre les marqueurs classiques, tout en apportant une touche très personnelle à sa cuisine. C’est raffiné, inventif et un jour il se pourrait bien qu’une belle étoile vienne couronner le travail du couple passionné qu’il forme avec Claire. Le Rêve Richelle est un endroit romantique et le jardin est magnifique en saison ! N’hésitez pas à aller découvrir cette superbe table, qui ne fera qu’évoluer encore et encore. Un vrai coup de cœur…

Le royaume des Moules-Frites et c’est mérité : Chez Léon ! (Bruxelles)

S’il est un restaurant de légende à Bruxelles, dont le cœur bat à l’unisson avec celui de la capitale de l’Europe et qui existe depuis la fin du 19ème siècle… c’est bien chez Léon ! Ouh là… je vous entends déjà : « c’est un truc à touristes », « une usine à moules », « ce n’est pas là que vous allez manger gastro ». Ah ça… je confirme, ce n’est pas du gastro, mais c’est vraiment bon et très gai ! J’avoue y être allé avec les même idées préconçues, véhiculées par des gens qui répètent à l’envi les bêtises qu’ils entendent, sans même se souvenir où ni de qui. J’étais donc prêt à affronter un resto touristique, de cuisine de masse et sans grande qualité. Pourtant, ce fut tout le contraire et la soirée m’a aussi rendu des souvenirs d’enfance délicieux, m’a fait découvrir une vraie brasserie, profondément liée à sa ville. J’y ai non seulement très bien dîné, mais y ai aussi passé une soirée entre rires, étonnement, conversations animées, rencontres catalanes et accent bruxellois ! Une soirée que vous devez absolument vous offrir, pour (re)découvrir le royaume des Moules-Frites et des croquettes aux crevettes grises… N’en déplaise à certain, Chez Léon est vraiment un de mes cinq coups de cœur de l’année et j’assume pleinement ! Bien entendu, je n’allais pas commencer par autre chose que des croquettes de crevettes grises… on est de Bruxelles ou on ne l’est pas ! On a toujours peur de se retrouver face à deux misérables « boudins » panés à outrance et dégoulinant d’un intérieur quasi liquide, où se battent dix crevettes, parfois grises. Si l’assiette n’a en effet ici rien de gastronomique dans sa présentation, ce qui y est servi est digne d’une cuisine de grand-mère. C’est ferme, parfaitement chaud, croustillant, l’appareil se tient parfaitement bien et le moins qu’on puisse dire est qu’on a de la crevette… bel et bien grise. La quantité n’est pas chiche, malgré les prix du marché qui poussent certains restaurateurs à en diminuer la quantité ou à augmenter leurs prix. Le persil frit est évidemment généreux et le quartier de citron ne manque pas à l’appel. Dieu sait qu’il est indispensable à l’équilibre des saveurs de cette entrée typiquement belge, qu’on trouve principalement et traditionnellement à la carte des tables bruxelloises ou de la côte. Mes idées préconçues ont pris une méchante claque et mon amour de la cuisine une voluptueuse caresse… c’est top ! Miguel, de son côté a choisi les moules gratinées à l’ail. Juste de très bonnes moules, du bon beurre, du persil et de l’ail « et pis c’est tout » ! J’ai évidemment goûté et c’était délicieux. Les moules goûteuses et iodées à la chair tendre, le persil présent mais sans tout envahir y compris la bouche et l’ail ne jouait pas les arlésiennes. À éviter si vous prévoyez de finir la soirée en distribuant des bisous à tout le monde, car vous risquez d’être assez repoussé. La quantité est généreuse pour une entrée (une vingtaine de moules) et le beurre fondu aussi… alors on sauce et on redemande du pain. Ce n’est pas très diététique, mais si bon. Bref, encore un bon point.

Ensuite, en aucun cas je ne pouvais commander autre chose que des moules ! Chez Léon est quand même réputé pour ça et aussi loin que je me souvienne, elles y ont toujours été délicieuses, même si je n’étais plus venu depuis une vingtaine d’années… Et, étant donné que les mauvaises langues s’en sont donné à cœur joie depuis, je voulais vérifier par moi-même. Eh bien comme pour le reste, je n’ai été que parfaitement heureux de ce qu’on m’a servi. Quand on prend des moules à la crème à l’ail, c’est qu’on attend quelque chose de goûteux, généreux et surtout velouté. Ben oui… cette fois on ne sauce plus, on y va carrément à la cuiller ! 800 grammes de belles moules de Zélande, charnues et marines, servies dans une casserole traditionnelle, en quantité parfaite, surtout quand on a pris une entrée. On les mange avec les doigts, utilisant une coquille vide pour pincer les autres… c’est tellement plus savoureux comme ça ! La sauce est parfaite, crémeuse à souhait, aillée mais pas tueuse, c’est tout ce que j’espérais. Cela mérite un 9,9/10, juste parce qu’en théorie la perfection n’existe pas. Les frites sont impeccables aussi, évidemment maison et cuites deux fois, pour obtenir cette belle couleur dorée et une frite croustillante… fondante à cœur. Ce plat est copieux et irréprochable. En tout cas, si vous aimez les restaurants traditionnels et populaires, il faut absolument faire un soir l’expérience d’aller dîner Chez Léon. Non seulement vous y mangerez bien et copieusement, mais vous y vivrez aussi une soirée hors du commun, c’est certain… le monde entier s’y donne rendez-vous chaque soir !

Voilà de quoi passer cinq soirées sur mon conseil en début d’année et, faites-moi confiance, vous ne serez déçu(e) par aucune de ces tables, dont chacune possède sa propre identité. La qualité des produits et l’amour du métier par contre, sont communes à tous ces professionnels passionnés, que nous avons visités et dont nous avons admiré la cuisine, pour l’un ou l’autre raison. Qu’on parle de restaurant gastronomique, de bistronomie ou encore de brasserie… vous trouverez dans chacune de ces maisons une ambiance particulière et surtout des produits frais travaillés de toutes les manières possibles, mais avec toujours la même passion. C’est ce que nous espérons partager avec vous chaque fois que nous vous présentons un restaurant : la passion !

Bonne année gastronomique à toutes et tous…

 

 

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About Author

Notre fondateur et rédacteur en chef, c'est une longue carrière journalistique : télévision (RTBF), radio: RTBF (Bruxelles Capitale, la Une) BEL RTL... mais aussi dans la presse écrite belge et étrangère. Il avait fondé Fashionfact dans les années 1990, un des pionniers du Lifestyle sur la Toile. Il fut aussi parmi les premiers à présenter les infos quotidiennes et de nombreuses émissions culturelles sur des chaînes télé-internet. C'est un grand intervieweur attentif et humain, qualités qu'on retrouve dans ses articles et émissions enregistrées, comme l'Hôte de Marc. C'est un fin et passionné gastronome... Par ailleurs, il est auteur et metteur en scène de théâtre, ayant marqué Avignon durant trois ans de succès.

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