FRANCE - Dans le sud-ouest (Millas), le bilan de la collision entre un train et un bus scolaire s'est alourdi ce vendredi matin. Il est passé à cinq morts, tous âgés de maximum 14 ans. Plusieurs blessés sont encore en état d'urgence absolue... ce bilan pourrait donc encore s'alourdir.

L’oscarisée actrice australienne a déjà une sacrée filmographie à son actif : le talentueux Mr Ripley, le Seigneur des Anneaux, Aviator, Elisabeth : l’âge d’or, Robin des Bois, le Hobbit, Cendrillon, Ocean’s Eight… les références ne lui manquent pas. Elle joue aussi beaucoup sur scène et dirige avec son mari écrivain (Andrew Upton) la Sidney Theatre Company. Elle a déjà prouvé qu’elle pouvait tout jouer, depuis le drame jusqu’au fantasy, en passant par la comédie légère… Mais on dirait que cette comédienne aux tripes bien accrochées avait encore faim de renouveau et de prise de risques. C’est dans l’aventure Manifesto qu’elle a pu assumer cet appétit… et vous en sortirez affamé(e) de rapidement la retrouver, dans tout ce qu’elle tentera encore.

Les manifestes… ça dit encore quelque chose à quelqu’un ?

Est-ce qu’au 21ème siècle les manifestes signifient encore quelque chose ? La définition dans mon dico favori Larousse est bien trop longue pour la reprendre ici… mais voici comment le définit la très célèbre Wikipédia : « déclaration écrite et publique par laquelle un gouvernement, une personne, un parti ou un courant artistique expose un programme d’action ou une position, le plus souvent politique ou esthétique ». J’ajouterais que souvent les manifestes émanent d’artistes et ont lancé au fil de l’histoire de nombreux mouvements et écoles. Pour conclure, cela peut aussi être l’écrit d’un zozo-dingo-illuminé, par lequel il revendique son droit d’épouser un extraterrestre, de défendre la position du rose pâle dans la société moderne ou que sais-je encore de totalement farfelu. Mais notre siècle n’est manifestement plus très « manifeste »… aujourd’hui on « se manifeste » surtout sur Internet ou dans la rue, mais rarement en défendant ses idées par les mots. Cette exposition de l’artiste allemand Julian Rosenfeldt est surprenante et quasi dérangeante, mais surtout on y découvre 13 versions de Cate Blanchett, qui y déploie à l’envi son incroyable palette de talents ! On ressent une sorte de jouissance intense de la part de l’actrice dans ses multiples rôles.

Une Cate Blanchett polymorphe et polysexe.

Coming Chic - Cate Blanchett Manifesto

Coming Chic – Cate Blanchett Manifesto

Au 20ème siècle, les manifestes s’exprimaient avec véhémence. Ils étaient innovateurs pour certains, totalement utopiques pour d’autres et vantaient souvent la suprématie des uns sur les autres, des meilleurs sur les pires. Mais pouvons-nous encore comprendre ces textes truffés de mots alors vulgaires et violents pour beaucoup, tels que : bourgeoisie, capitalisme, travailleurs ou encore subconscient ? Adoptons-nous toujours leurs utopiques espoirs, fondés ou non : « et demain, le soleil se lèvera pour mon plus grand bonheur… » ? Quoiqu’il en soit, la salle Melpomène des Beaux-Arts à Paris en accueille beaucoup, tous déclamés par Cate Blanchett. Elle est partout, en tout cas sur 13 écrans, et elle joue toute seule une énorme partie de je ne sais quel nouveau jeu de mots. Clochard (et je n’ai pas dit clocharde), maîtresse d’école, chorégraphe, mère de famille totalement coincée… elle est tout et tous à la fois. Mais elle est également tour à tour Guy Debord, Tristan Tzara, Yvonne Rainier… Cette installation, qui déroute et surprend à la fois, est donc l’œuvre de Julian Rosenfeldt qui l’a baptisée simplement « Manifesto ». C’est un peu comme s’il avait passé au mixeur (pas tout à fait anarchique et aléatoire quand même) des pamphlets du siècle dernier, qu’ils soient célèbres ou inconnus, et les avait en quelque sorte reconstitués puis confiés à des personnages, qui jouent ces mots et les laissent envahir les lieux, presque comme ils « l’entendent »… C’est la friction de tous ces mots les uns avec les autres qui finalement déroute vraiment, en nous emmenant dans un réel tourbillon de sensations et de compréhensions. Les mises en scène sont dignes de grandes productions, léchées, parfaites, maquillages impeccables, lumières étudiées, costumes hyper travaillés, cadrages super équilibrés… On y voit souvent en arrière-plan de magnifiques exemples d’architecture berlinoise. Et soudain (toutes les 12 minutes en réalité)… les vidéos se synchronisent et 13 Cate Blanchett se trouvent alors face à la caméra, pour réciter. Cela donne une espèce de brouhaha presque apaisant, quasi une incantation incontrôlable.

On se sent dérouté, détourné, entourbilloné… c’est magique et envoûtant.

Coming Chic - Cate Blanchett Manifesto

Coming Chic – Cate Blanchett Manifesto

Au début on est surpris et pas forcément de manière agréable. C’est en tout cas la sensation que peut provoquer ce moment. Finalement, plutôt que de fuir, la bonne solution est de se poser devant chaque écran l’un après l’autre, dans le désordre et de leur donner une chance de vous captiver, de vous happer par les mots et le jeu de l’actrice australienne. Certains textes sont réellement dérangeants, d’autres poétiques ou encore presqu’enfantins. La beauté et la majesté des lieux ajoute encore à la variété des sensations que vous pourrez ressentir. Si vous vous baladez dans cette espèce de forêt d’écrans, vous pourrez flâner et attraper au vol un mot par-ci ou encore un autre par-là et leur donner le sens que vous voudrez… c’est une sorte de liberté enivrante. On n’est pas obligé d’adopter les idées, les règles qui sont établies par les textes, on note seulement la beauté des images et le sens qu’on donne aux mots qui nous atteignent, c’est assez magique. Parfois le personnage est en total décalage avec ce qu’il déclame ou réclame… et c’est alors que se dévoile tout le talent de l’actrice, à laquelle on décernerait bien un second Oscar sur le champ.

On est presque enivré par la diversité des émotions provoquées.

Les propos sont parfois déroutants par leur sens, mais aussi par le personnage qui les soutient… Une employée d’usine qui part au boulot sur une mobylette pourrie, dans des paysages industriels inquiétants, s’enthousiasme soudain : « nous ne sommes plus que des vagabonds rêveurs, errant au hasard dans la lumière blafarde de l’Histoire. Le vent frais de l’aurore souffle autour de nous »… Plus loin, c’est un clochard qui vomît des propos de poivrot en marmonnant entre ses dents… et, partout, c’est Cate Blanchett, surprenante. Cette installation, œuvre typiquement actuelle, a été conçue il y a deux ans déjà. Mais Julian Rosenfeldt imaginait-il alors le trouble profond que provoquerait en 2017 la vidéo dédiée à l’art contemporain, par exemple ? On y découvre le plateau d’une pseudo chaine d’info continue et l’actrice y dit : « All current art is fake ». La présentatrice est quasi en cire, elle a les dents trop blanches « all of man is fake »… Ce mot fake résonne étrangement aujourd’hui. En conclusion, ce qui est peut-être le plus troublant dans cette « exposition » est que les textes qu’on y découvre prennent un sens profond quand on les écoute réellement, alors que les contextes « historiques » qui les ont vu naître ont disparu…

Un événement à ne pas manquer si vous êtes de passage à Paris et si vous aimez ou voulez découvrir une Cate Blanchett plus talentueuse que jamais.

Manifesto de Julian Resenfeldt
Jusqu’au 20 avril 2017
Beaux-Arts (Paris)

Site des Beaux-Arts : www.beauxartsparis.com

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